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Et leurs baisers au loin les suivent, Corinne Royer

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Samedi, 21 Mai 2016. , dans La Une Livres, Actes Sud, Les Livres, Critiques, Roman

Et leurs baisers au loin les suivent, janvier 2016, 272 pages, 20 € . Ecrivain(s): Corinne Royer Edition: Actes Sud

 

Et si en lisant le dernier roman de Corinne Royer, Et leurs baisers au loin les suivent, nous étions emportés dans une équipée de fête foraine. Car, ça tourne dans ce roman, ça baguenaude, ça vire et ça bouscule, ça mange du pimenté, du sucré, ça boit parfois au-delà du raisonnable, ça nous submerge, ça souffle le chaud et le froid, ça dévaste, ça enflamme, ça effraie et ça attendrit dans un même temps. On sourit, on pleure. En bref, ça déménage dans les manèges de la mémoire.

Alors, on se laisse porter, emporter dans cette histoire d’errance et d’ancrage, de terre et d’alluvions, de soleil et d’orage, de bruit et de fureur, de transmission et d’héritage.

Nous y rencontrons la principale protagoniste, Cassandre, personnage bien réel et mythologique. Maintenant vieille, elle reste une femme d’une grande beauté. Elle prédit les malheurs mais sa lucidité se heurte à l’ignorance. Personne ne croit à ses prédictions. Mais c’est aussi une Mère Courage qui réussira finalement à changer la marche du destin et à apporter une paix fragile mais tenace. C’est elle qui arpente la fête foraine.

Signoret ou la traversée des apparences, Chantal Pelletier

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Mercredi, 11 Mai 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Biographie, Editions des Busclats

Signoret ou la traversée des apparences, septembre 2015, 128 pages, 12 € . Ecrivain(s): Chantal Pelletier Edition: Editions des Busclats

 

Au départ du livre Signoret ou la traversée des apparences, paru en 2015 aux éditions des Busclats, Chantal Pelletier nous avertit d’emblée : « Simone Signoret ne me passionnait pas… », en fait, ce livre est une commande d’une productrice de la télévision.

Répondant à cette demande, peu à peu l’auteur va se prendre au jeu avec des sentiments contradictoires, perplexité, agacement puis « une rêverie » a surgi en elle pour « cette femme puissante », figure féminine française du XXème siècle. Elle aurait même souhaité la rencontrer, en faire une amie.

Cette femme, finalement, l’entraîne dans son sillage. Lecteur, ne vous y trompez pas, Chantal Pelletier ne rédige pas une biographie, non pas du tout. L’écrivain se prend d’affection pour le personnage qu’elle donne d’elle à l’image et surtout pour la personne de cette « femme puissante ». C’est en tant que femme engagée qu’elle va la suivre. Et nous allons cheminer avec elle dans un portrait à facettes. Elle va nous dévoiler son parcours glorieux, chaotique, déchiré, déchirant, exaltant, celui d’une femme au parcours d’une femme « au cœur battant qui a bravé beaucoup de tabous, a osé ce que personne n’avait osé avant elle et que personne n’osa après elle ».

Traces de la Shoah et traque des origines dans le roman Austerlitz de W.G. Sebald

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Jeudi, 10 Décembre 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques

Tentative d’analyse personnelle du roman

Au moment où le roman Austerlitz revient sur le devant de la scène par une adaptation osée, étrange, inclassable et hautement personnelle, qu’en propose Stan Neumann, qui ouvrira le 19 mars à Paris la 37e édition du Cinéma du Réel, festival international de films documentaires, il me paraît intéressant de remettre à l’honneur ce roman tout à fait original de W.G. Sebald.

Une question qui intrigue

Pourquoi W.G. Sebald a-t-il été fasciné par le destin singulier de ceux qui, persécutés par l’Allemagne nazie, ont dû émigrer, lui qui n’a connu cette période que dans l’après-coup ? En effet, dans son livre Les émigrants, prélude à Austerlitz, il met en scène trois héros juifs qui ne découvrent leur judaïté que tardivement. Toutefois, nous nous concentrerons sur le roman Austerlitz, qui reprend toutes les questions qui préoccupent cet auteur. Nous verrons encore que l’écrivain essaie de comprendre le sens d’une tragédie tout en traquant une part cachée de lui-même. W.G. Sebald est en effet hanté par les fantômes de la Shoah et par le silence des Allemands de sa génération, après la guerre, autour de cet événement qui a bouleversé tout le vingtième siècle.

Comme une image, Tiffany Tavernier

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Samedi, 05 Décembre 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Editions des Busclats

Comme une image, mars 2015, 119 pages, 12 € . Ecrivain(s): Tiffany Tavernier Edition: Editions des Busclats

 

« Quelque part, c’était à n’y rien comprendre… Comment passer à côté d’un tel amour ? ». C’est pour tenter d’y voir clair dans le labyrinthe des amours, familiaux, conjugaux que la narratrice, Tiffany Tavernier, retrace dans son récit, joliment intitulé Comme une image, deux temps de son existence. Le premier révèle un pan de son enfance, c’est Alice au pays des merveilles, le deuxième une étape de crise de son âge adulte, c’est Tiffany au pays de la détresse. Chaque partie est mise en évidence par une typographie différente. L’enfance est en italique, retour dans un passé révolu. L’âge adulte est transcrit en écriture droite. L’avancée vers le futur d’une femme qui décide de poursuivre sa marche envers et contre tous les obstacles ?

C’est le récit d’une femme, jeune mère et mariée à un homme qui lui annonce brutalement son intention de l’abandonner pour vivre un nouvel amour. Elle quitte la maison conjugale située dans le nord de la France, avec sa petite fille et quelques cartons pleins à ras bord, pour se réfugier chez des amis en banlieue parisienne. C’est l’histoire de cette déambulation dans l’espace et dans le temps que Tiffany Tavernier nous offre en partage.

Petit hommage aux éditions des Busclats

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Samedi, 05 Décembre 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

 

Frédéric Fredj, ami de longue date de La Cause Littéraire, anime bénévolement depuis 1998 Les Mille-feuilles, association qui a comme visée d’être un soutien infaillible à la littérature et aux maisons d’éditions indépendantes. Il organise des soirées mensuelles d’échanges avec des écrivains contemporains dans un restaurant de la rive gauche.

C’est lors d’une de ces soirées que j’ai rencontré les deux créatrices et responsables des éditions des Busclats, Marie-Claude Char et Michèle Gazier, consacrée à Annie Ernaux lors de la sortie de son livre L’atelier noir. Je les ai retrouvées avec plaisir pour la présentation de leurs trois dernières publications. Chantiers de Marie-Hélène Lafon, Comme une image de Tiffany Tavernier et Signoret ou la traversés des apparences de Chantal Pelletier. Elles ont parlé de leur travail avant de laisser la parole aux trois femmes écrivains du jour.