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Roman

Mémoires du serpent, Michel Host

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 10 Avril 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Hermann

Mémoires du serpent, 2010, 170 pages, 22 € . Ecrivain(s): Michel Host Edition: Hermann


Dans ces Mémoires du Serpent, on y entre et on y plonge même, avec un plaisir quasi enfantin, et il s’agit bien de cela, d’une fable fantaisiste et ludique, mais néanmoins pleine de fond et de sens. Ces Mémoires du Serpent ne sont rien de moins que la véritable histoire de la Genèse, narrée par celui qui en fut le maître d’œuvre, connu sous le nom de Satan et bien d’autres noms encore plus ou moins désobligeants, et à côté de laquelle la version de la Bible fait figure de mauvaise et lugubre plaisanterie.

« Pourquoi ne m’ont-ils pas reconnu, moi leur créateur, si visible, à leurs pieds parmi les herbes, dans les trous de la terre, ou sous leurs yeux dans les branches des arbres ? Mon nom est Heywa. Je suis l’envers et l’endroit, je suis la vie riante et belle, la vie sombre et laide, je suis le commencement et la fin, le serpent coloré qui aime à dérouler ses anneaux dans les ténèbres et dans la lumière ».

Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus, Eric-Emmanuel Schmitt

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 10 Avril 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Albin Michel

Les dix enfants que madame Ming n’a pas eus, 2012, 126 p. 12 € . Ecrivain(s): Eric-Emmanuel Schmitt Edition: Albin Michel

Année 2012. Ville de Yunhai, dans la province de Guangdong en République populaire de Chine. À l’étage inférieur du respecté « Grand Hôtel » règne Mme Ming. Son pouvoir s’étend, sans partage, sur les commodités masculines. Véritable « royaume » où « chaque mortel abandonne l’illusion de la puissance », soumis à cette contrainte de la matière. Et, l’incroyable se produit. Aussi inattendue qu’insolite, une rencontre entre la dame pipi et un homme d’affaires français voit le jour. « Nous naissons frères par la nature et devenons distincts par l’éducation. Elle avait raison… Même si je la parcourais, la Chine m’échappait. À chacun de mes voyages, son sol s’étendait, son histoire s’évaporait, je perdais mes jalons sans en gagner de nouveaux ; malgré mes progrès en cantonais, en dépit de mes lectures, quoique je multipliasse les contrats commerciaux avec ses habitants, la Chine reculait à mesure que j’avançais, tel l’horizon ».

Une photo qui glisse de la poche, l’histoire commence. À son interlocuteur abasourdi, Mme Ming raconte qu’elle a dix enfants. « Se figurait-elle que j’allais la croire ? M’estimait-elle stupide ? Chacun savait – même un touriste dépourvu de cervelle – que, pour dompter la démographie, l’Etat chinois depuis des décennies interdisait aux couples de mettre plus qu’un enfant au monde ».

Clandestin, Philip Caputo

Ecrit par Stéphane Vinckel , le Samedi, 07 Avril 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Le Cherche-Midi

Clandestin (Crossers), trad. USA par Fabrice Pointeau, 22 € . Ecrivain(s): Philip Caputo Edition: Le Cherche-Midi


Des tours du World Trade Center à la Frontière du Mexique et de l’Arizona, du début du vingtième siècle avec le destin des Frères Erskine à la fin d’un monde avec un avion pénétrant dans la tour nord. De 1903 à 2003, un siècle des Etats-Unis à travers le destin de Ben Erskine et de ses descendants, en particulier, Gil Castle qui fuit New-York, et Ground Zero qui le happe comme un trou noir, après la mort de sa femme dans un des deux avions déchirant la tour nord du World Trade Center.

Quand plusieurs mois se sont écoulés et que la douleur ne l’a pas quitté, et que même le suicide devient un échec, Gil Castle répond à l’invitation de sa tante, lancée quelques jours après le 11 septembre, et décide de partir s’installer en Arizona, la « zone aride ». Il quitte son poste de conseiller en portefeuilles et part : Go west (1) est l’espoir depuis toujours. Sénèque en poche et Emerson en tête, il part pour une vie de recueillement dans le vieux ouest.

Ça débute comme ça :

Pourfendeur des nuages, Russell Banks

Ecrit par Alexandre Muller , le Samedi, 07 Avril 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Babel (Actes Sud)

Pourfendeur des nuages, traduction Pierre Furlan, 867 p. 13,50 € . Ecrivain(s): Russel Banks Edition: Babel (Actes Sud)


Si une époque a sa propre morale doit-on lui céder ses idéaux ?

Quelles limites morales imposent une cause défendue ?

A la veille de la Guerre de Sécession les états d’Amérique mènent deux politiques bien distinctes. Au Sud règne la slavocratie, tandis qu’au Nord l’esclavagisme est aboli. Deux politiques, deux morales.

La lutte contre l’esclavagisme compte parmi ses rangs des philosophes, des pacifistes, des politiques, des hommes de foi, et en marge, des radicaux prônant la lutte armée. Les radicaux sont souvent traités de terroristes dans un camp comme dans l’autre. Les terroristes sont facilement taxés de folie illuminée.

John Brown, le célèbre abolitionniste était-il fou ? Quelques années après la guerre civile, alors que les historiens entament leur travail, l’étudiante Mlle Mayo part à la rencontre du seul survivant du clan Brown pour répondre à cette question et tenter d’éclairer la face radicale de la lutte contre l’esclavage.

Cuisine tatare et descendance, Alina Bronsky

Ecrit par Theo Ananissoh , le Vendredi, 06 Avril 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Actes Sud

Cuisine tatare et descendance, trad. allemand par Isabelle Liber, mars 2012, 331 p., 23 € . Ecrivain(s): Alina Bronsky Edition: Actes Sud


Ce roman affirme un talent de conteuse dont on craint par avance de ne pas bien rendre compte. Trois points au préalable par souci de clarté. Un : les années quatre-vingt dans l’Union soviétique finissante, dans une ville située à vingt-sept heures de train de Moscou. Les personnages principaux sont tatars. Deux : Rosalinda Akmetovna a la cinquantaine au début du roman, lorsque naît sa petite-fille Aminat ; celle-ci, à la fin du récit, aura trente ans ; ce qui fait donc pour Rosalinda quelque quatre-vingts ans. Rosalinda, c’est elle le roman. C’est elle qui raconte, c’est elle l’axe autour duquel tout tourne. Trois : ces mots de Bertolt Brecht : « D’abord la bouffe, ensuite la morale ». Ç’aurait pu être une épigraphe pour Cuisine tatare et descendance.


« Peur ??? De moi ??? Qui pourrait bien avoir peur de moi ? Personne n’a à avoir peur. Je ne veux que le bien de tous. Mets ton assiette dans l’évier, espèce de tyran ! »