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Roman

Deadwood, Pete Dexter

Ecrit par Yann Suty , le Jeudi, 19 Janvier 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Folio (Gallimard)

Deadwood, Folio Policier, 610 p. 1986, traduit de l’anglais (USA) par Martine Leroy-Battistelli, 9,10 € . Ecrivain(s): Pete Dexter Edition: Folio (Gallimard)

« Cet endroit se prête aux idées noires […]. Ici, rien n’est normal, même le temps. Nulle part, il n’y a d’orages pareils. Le jour de notre arrivée, on a vu deux hommes portant une tête humaine en pleine rue. […] Un Mexicain avec celle d’un Indien, et une crapule qui louchait et qui s’appelait Boone May, avec la tête du hors-la-loi Frank Towles. Tout homme intelligent est donc obligé de réfléchir aux choses de la mort… »

Avec Deadwood, aventurez-vous dans l’Ouest américain, le vrai. Celui des cow-boys, plutôt que des indiens, mais loin des clichés hollywoodiens. Le western auquel nous convie Pete Dexter n’a rien de très glamour. Ou bien, il est ultra réaliste, c’est selon.

Tous les personnages, à l’exception d’un seul (et peut-être le plus fou de tous), ont existé et on été présents à Deadwood dans les années 1870. On retrouve des noms rendus mythiques par le cinéma : Wild Bill Hicock, Calamity Jane. Mais sous un jour beaucoup moins flatteur. Ce ne sont que des pochards, des dégueulasses qui ne se lavent qu’une fois de temps en temps, et qui n’ont pas franchement le profil de héros sauvant la veuve et l’orphelin. Au contraire.

Ce qu'il advint du sauvage blanc, François Garde

Ecrit par Alexandre Muller , le Mardi, 17 Janvier 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Gallimard

Ce qu’il advint du sauvage blanc, 21,50 €, 327 p. Janvier 2012. . Ecrivain(s): François Garde Edition: Gallimard

Extrait des bulletins et mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris, du 20 Avril 1911 :


« Quoi qu'il en soit, malgré son éloignement de toute civilisation moderne pendant dix-sept ans, et malgré qu'il eût vécu de la seule MENTALITE NÉOLITHIQUE de quatorze à trente et un ans, dès qu'il fut de retour dans son pays de Vendée, Pelletier reprit vite le niveau intellectuel des marins de son âge, n'ayant été qu'à l'école primaire jusqu'à dix ans. Et rien ne dit que son intelligence, nullement atrophiée, n'aurait pas pris un plus grand développement, si sa Patrie, au lieu de le reléguer dans une geôle, ouverte au milieu des flots, l'avait, par exemple, installé en plein Paris, aux Ministères de la Marine ou des Colonies : ce qu'il méritait bien autant qu'un autre ! »

Ce qu'il advint du sauvage blanc est un récit librement inspiré par l'histoire d'un matelot vendéen. Au milieu du XIXème siècle abandonné sur une plage d'Australie, Narcisse Pelletier vécut 17 ans parmi les natifs avant d'être récupéré par un navire anglais, le John Bell, et de rentrer en France où il devint gardien de phare.

Les averses d'automne, Tuna Kiremitçi

Ecrit par Sophie Adriansen , le Mardi, 17 Janvier 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Galaade éditions

Les averses d’automne, traduit du turc par Jean Descat, octobre 2011, 224 p. 17 € . Ecrivain(s): Tuna Kiremitçi Edition: Galaade éditions

Pelin, jeune turque envoyée étudier en Suisse par son père, répond à une petite annonce trouvée au hasard dans un journal : Rosella Galante, Juive née à Berlin, qui a fui pendant la guerre l’Allemagne pour Istanbul, cherche quelqu’un avec qui converser en turc.

Le turc est la langue de ses souvenirs, d’un amour perdu, d’une part entière de son existence.

Au fil des rendez-vous au domicile de Rosella, une étrange amitié se noue entre les deux femmes. Car la discussion n’est évidemment pas à sens unique, et il est très vite établi qu’elles parleront chaque fois à tour de rôle.

« Vous découvrirez avec consternation que vous vivez désormais dans un monde qui appartient aux autres. Du temps de votre jeunesse, il ne restera plus un seul homme, une seule femme, pas même un chat, un chien ou un enfant… Et je vous assure, mademoiselle, qu’il est beaucoup plus difficile de vivre dans un temps étranger que dans une ville étrangère. Même si vous êtes dans un pays lointain, vous gardez l’espoir de rentrer un jour au bercail. Mais tant qu’on n’aura pas inventé la machine à remonter le temps, il n’y aura aucun moyen de fuir le temps présent et d’échapper à la nostalgie du passé… » (pages 149-150).

Croc Attack, Assaf Gavron

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 15 Janvier 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Payot Rivages, Israël

Croc Attack, traduit de l’hébreu par Sylvie Cohen et Marta Titelbaum, 2011, 377 p. 23 € . Ecrivain(s): Assaf Gavron Edition: Payot Rivages

Eitan Enoch, dit Croc, vit et travaille à Tel-Aviv. Sautant dans le 9 bis comme tous les matins, il réchappe à un attentat… et bientôt à deux autres. Devenu le miraculé, symbole de la résistance à la violence terroriste, Eitan devient le « Croc des Attentats ». Mais Croc n’est pas le seul « héros » du livre. Son histoire alterne avec celle de son alter-ego palestinien. A Jérusalem, Fahmi nous parle depuis son lit d’hôpital où il lutte pour survivre à ses blessures. Il n’est pas une victime comme Croc mais un terroriste.

Croc se fait alors interviewer par une star de la télé, donne son avis à la radio, joue le jeu sans le vouloir de la propagande officielle. Il se trouve à présent propulsé au rang d’expert et peut prêcher la bonne parole à tous ceux qui veulent l’entendre. « Et puis tout est rentré dans l’ordre, comme il se doit quand on est vivant ». Mais le crac du temps capitalisé de Time’s Arrow, le héraut de la vie à cent à l’heure, s’avère bien plus bouleversé qu’il ne veut bien le croire, et cela se traduit par le fait qu’il se croit investi d’une mission : dans le minibus qui a explosé, un homme lui a parlé, et Croc se retrouve avec le portable de cet inconnu mort. Il n’a de cesse de retrouver qui il était et les raisons de sa présence inhabituelle à Tel-Aviv. Une enquête rocambolesque, une aventure amoureuse s’en suivent où toutes les valeurs, les habitudes, les sentiments de Croc seront chamboulés.

Noces de verre, Philippe Routier

Ecrit par Paul Martell , le Dimanche, 15 Janvier 2012. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Stock

Noces de verre, janvier 2012, 224 p. 18 € . Ecrivain(s): Philippe Routier Edition: Stock

La banalité du mal.

La formule d’Hanna Arendt pourrait s’appliquer au livre de Philippe Routier, Noces de verre, qui nous propose un voyage très éprouvant pour les nerfs.

Le père de Khadija, Tareq, est épicier à Puteaux. Après la mort de sa femme, il décide de retourner au pays, à Essaouira au Maroc. Khadija a 19 ans, elle travaille dans un magasin Relay et, pour elle, ce départ est le début d’une « cruelle solitude » qui durera de longs mois. Solitude que semble briser, un an plus tard, sa rencontre avec Virgile dans une laverie automatique.

Virgile suit des études pour devenir prothésiste dentaire et il est passionné de tuning. Ce n’est pas exactement le coup de foudre entre les deux gens, mais ils vont être amenés à se fréquenter et à se plaire l’un l’autre.


« Khadija voyait en son compagnon un garçon un peu fruste au charme puissant, plein de tonus, qui aimait potasser ses cours et qui saurait se bâtir un solide avenir. Elle avait besoin de s’appuyer sur un jeune homme de cette trempe pour entamer une nouvelle vie. Cette nécessité affaiblissait son discernement et lui ôtait toute méfiance. »