Identification

Roman

La dernière nuit de Claude Eatherly, Marc Durin-Valois

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 08 Septembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, La rentrée littéraire, Plon

La dernière nuit de Claude Eatherly, août 2012, 344 p. 21 € . Ecrivain(s): Marc Durin-Valois Edition: Plon

Une étrange fascination. Quand la reporter-photographe Rose Martha Calther rencontre Claude Eatherly, dans l’antichambre d’un tribunal, au Texas, en 1949, elle ne se doute pas encore qu’elle nouera une relation des plus ambigües avec lui pendant près d’une trentaine d’années.

L’homme a été arrêté pour conduite en état d’ébriété. Il sera vite relâché. Pour la jeune et jolie photographe, ce Claude Eatherly, même s’il est très séduisant, n’est finalement qu’un autre de ces faits divers auxquels elle est cantonnée depuis le début de sa carrière. Sauf que…

A la sortie du tribunal, un homme vient lui raconter l’histoire de Claude Eatherly. Il travaille actuellement comme gérant de station-service, mais, pendant la seconde guerre, il a participé à la mission Hiroshima. Plus précisément, il a ouvert la voie à l’Enola Gay, qui avait lâché la première bombe atomique de l’histoire.

Eatherley a survolé le site en éclaireur pour s’assurer que les conditions étaient réunies pour procéder au largage de la bombe. Ou pas. C’était donc à lui qu’incombait la décision de larguer la bombe. Et il ne s’en remet pas.

« Il avait la conviction d’avoir endossé la responsabilité morale du premier massacre atomique de l’histoire ».

Les lisières, Olivier Adam

Ecrit par Alexandre Muller , le Vendredi, 07 Septembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Flammarion, La rentrée littéraire

Les lisières, 22 Août 2012, 464 p. 21 € . Ecrivain(s): Olivier Adam Edition: Flammarion

 

Paul est un être périphérique, incapable de se placer au centre de son existence, toujours à ses lisières. Ecrivain, sujet à une Maladie sans nom, sorte de mélange de dépression et d'alcoolisme, il traverse une période particulièrement difficile. Sa femme vient de le quitter, ses deux enfants (Manon et Clément) sont restés vivre avec elle et sa mère est à l’hôpital. Il doit retourner à V. à la périphérie de Paris, dans cette petite banlieue où il a passé la majeure partie de son enfance. Une banlieue ni bourgeoise, ni pauvre, où il a laissé ses mauvais souvenirs de jeunesse. Des souvenirs ? Pas tant que cela, puisque Paul n’a gardé de son enfance que très peu d’images. V. lui inspire une amertume, un malaise. A V. il ne se sent pas chez lui, alors qu’y sont ses seules racines. Mais V. n’a pas vraiment d’identité, alors comment se sentir de venir d’ici ?

A l’hôpital sa mère ne le reconnaît qu’un coup sur deux. Son père et son frère s’obstinent à nier une évidence. Se sont les médicaments qui lui font perdre la mémoire, ce n’est rien. Et toujours, les rapports conflictuels avec ce père qui ne cesse de lui reprocher ce qu’il est et son frère qui le prend de haut. Tout les oppose, le fils modèle, le père sévère et lui.

L'Ile des oubliés, Victoria Hislop

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 06 Septembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Les Escales

L’Ile des oubliés, trad. anglais par Alice Delarbre (The Island), mai 2012, 432 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Victoria Hislop Edition: Les Escales

 

Spinalonga, une île oubliée au large de Plaka, en Crète. Spinalonga, l’île des lépreux, emportant dans ses ruines les mystères du passé. Là où l’on pourrait attendre un récit historique sur ce lieu maudit où l’on parqua les lépreux à partir du début du XXe siècle, on rencontre une saga, certes sur une trame de fond véridique, mais une saga à la saveur très vite fade, malgré les nombreux atouts de l’intrigue.

Le récit s’amorce avec le retour d’Alexis sur la terre natale de sa mère Sophia, partie vivre en Angleterre. Fotini, l’amie d’enfance de cette dernière, révélera à Alexis les ombres et les secrets de son passé familial. Notons que ce personnage, témoin privilégié certes, a tout d’un narrateur omniscient, ce qui contrevient quelque peu au choix initial. Bref, on remonte dans le passé, à l’époque d’un bonheur sans faille. Eleni, l’arrière-grand-mère d’Alexis, contracte la lèpre et se voit contrainte d’abandonner son mari Giorgis et ses deux filles, Maria et Anna. A Spinalonga, les visions d’un infernal Purgatoire s’évanouissent face à un microcosme organisé et plein d’espoir. Le village ressemble à tous les villages grecs traditionnels et, parmi les victimes de la maladie, beaucoup n’en ont aucune manifestation physique visible. Eleni s’adapte à cette nouvelle vie, ponctuée par les visites de son mari qui conduit les visiteurs sur l’île, à bord de sa barque et par les amitiés qui se lient.

Léon et Louise, Alex Capus

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 04 Septembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Actes Sud, La rentrée littéraire

Léon et Louise, 5 septembre 2012. 313 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Alex Capus Edition: Actes Sud

 

Cliché. Dans le champ lexical de la critique littéraire, ce terme est des plus péjoratifs. Il implique le manque de créativité, la répétition d’images éculées. Et pourtant. Ce joli livre d’Alex Capus, nostalgique et attachant, évoque de bout en bout l’idée et le mot de « clichés ». Pratiquement au sens propre : photographies. Pour être plus précis, cartes postales anciennes, sans image, en une sorte de collection affichée sur 313 pages. Et ce parti pris de chapelet de clichés donne un charme particulier à ce roman.

Les clichés commencent par le propos même du livre : un jeune homme et une jeune femme se rencontrent au printemps 1918. Ils ont 17-18 ans, s’aiment, se perdent, se retrouvent, se reperdent, se retrouvent sur quelques décennies. Le « tourbillon de la vie », d’une guerre mondiale à une autre et après. Ce livre est hanté par les films de François Truffaut, une sorte de « Baisers volés » et de « Domicile conjugal » saupoudrés de « Jules et Jim ». On se prend sans cesse à fredonner la chanson de Jeanne Moreau au cours de la lecture, on se prend aussi à donner aux deux héros les traits de Jean-Pierre Léaud et ceux de Claude Jade ou de Marie-France Pisier.

Inséparables, Alessandro Piperno

Ecrit par Alexandre Muller , le Lundi, 03 Septembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, La rentrée littéraire, Italie, Editions Liana Levi

Inséparables, 30 août 2012, trad. italien Fanchita Gonzalez-Batlle, 394 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Alessandro Piperno Edition: Editions Liana Levi

 

Lire Piperno ? On peut imaginer être sur une terrasse à Rome face à un ami volubile qui raconte une histoire prenante, disgressant du regard sur les fesses rebondies de passantes romaines, sans pour autant dériver de son propre raisonnement.

Lire Piperno ? Cela ressemble à un rêve où enfermé dans une voiture tombée à l’eau on observe la montée des eaux dans l’habitacle. C’est un rêve, rien ne peut nous arriver, mais cela reste très oppressant.

Lire Piperno est une expérience, que l’on apprécie ou pas, parfois éprouvante, mais qui incontestablement ne laisse pas indifférent.

Alors Alessandro qu’as-tu à nous en dire de tes inséparables ? Sans doute préciserais-tu au préalable que ton nouveau roman possède un frère jumeau. L’ainé s’appelle Persécution. Il est paru en Septembre 2011 aux éditions Liana Levi. Il a obtenu le prix du meilleur livre étranger et des commentaires de presse dithyrambiques. Accordons-lui un ou deux paragraphes.