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Roman

Pike, Benjamin Whitmer

Ecrit par Alexandre Muller , le Jeudi, 13 Septembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Gallmeister, La rentrée littéraire

Pike, trad. Jacques Mailhos, 13 septembre 2012, 264 p. 22,90 € . Ecrivain(s): Benjamin Whitmer Edition: Gallmeister

 

Lorsque Gallmeister vous annonce sur un bandeau du « noir dans toute sa splendeur », il ne faut pas s’attendre à être trompé sur la marchandise. Cette « jeune » maison d’édition (créée en 2006) spécialisée en littérature américaine compte dans son catalogue une collection poche, « Totem », et trois collections grands formats « Nature Writing », « Americana », « Noire ». Pike, le premier roman Benjamin Whitmer est catalogué, on s’en douterait, dans la troisième, aux côtés de Edward Abbey, Craig Johnson, William G.Tapply, Jim Tenuto et Trevanian.

Un premier roman a parfois tendance à refroidir le lectorat. On se souviendra pourtant que les éditions Gallmeister ont eu le génie de publier le très, très fameux Sukkwan Island, œuvre numéro 1 d’un dénommé David Vann. Roman qui non content d’avoir été un véritable succès éditorial fut récompensé en 2010 par le prix Médicis étranger. Notons que David Van a mis dix années à réussir à publier son livre aux États-Unis, tiré à 800 exemplaires et qu’il aura fallu attendre la générosité des lecteurs français pour qu’il soit enfin reconnu dans son pays d’origine. Ceci dit, mon propos ne cherche aucunement à comparer Pike et Sukkwan Island. Quoique.

L'amour sans le faire, Serge Joncour

, le Mercredi, 12 Septembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Flammarion, La rentrée littéraire

L’Amour sans le faire, 22 août 2012, 320 p. 19 € . Ecrivain(s): Serge Joncour Edition: Flammarion

 

« Ne pas avoir d’enfant, c’était se condamner à rester l’enfant de ses parents ».

Franck, fils d’agriculteurs, n’est pas revenu chez ses parents depuis dix ans. Lorsqu’il téléphone pour annoncer son arrivée, c’est un petit garçon qui décroche, et qui dit s’appeler Alexandre, comme le frère de Franck décédé accidentellement. De Paris, Franck prend le train sans bien savoir ce qu’il va trouver à la ferme.

En parallèle, Louise, mère célibataire, s’apprête à retrouver son fils pour une semaine de vacances. En fin d’après-midi, elle prend la route.

« A la campagne on le sait, celui qui a goûté à la ville, il est foutu, celui qui a goûté à la ville, il ne reviendra pas » (page 29).

« A Paris on est apprécié à la mesure de l’intérêt qu’on représente, d’où l’urgence de s’en donner » (page 30).

Le coursier de Valenciennes, Clélia Anfray

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 12 Septembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Gallimard, La rentrée littéraire

Le coursier de Valenciennes, août 2012, 148 p. 14,90 € . Ecrivain(s): Clélia Anfray Edition: Gallimard

 

C’est une histoire originale que cette courte tranche de vie de Simon, juif rescapé des camps nazis, qui, six ans après la guerre, quitte l’Auvergne et traverse une partie de la France pour « monter » à Valenciennes remplir une mission qu’il considère comme sacrée : retrouver la famille de Pierre, un camarade mort en déportation, pour lui remettre un paquet au contenu mystérieux que lui a confié son ami avant d’être envoyé à l’abattoir d’Auschwitz.

Il est accueilli dans une maison bourgeoise de l’Athènes du Nord par Suzanne et par Renée, la belle-sœur et la fille de Pierre, et fait la connaissance, le lendemain, dans un autre quartier valenciennois, du fils de son compagnon de déportation.

L’une des marques fortes de ce roman est l’omniprésence de la ville wallonne, imposée par la grande précision de la description et l’usage systématique de la toponymie réelle pour situer les lieux où se succèdent les événements qui marquent son séjour, à Valenciennes intra muros d’abord puis de Valenciennes à la frontière belge. Tout Valenciennois y sera chez soi et ressentira vivement les sensations qu’éprouve le personnage, y adhérera, s’en amusera, ou s’en offusquera.

La mort est une nuit sans lune, Renaud Santa Maria

, le Mardi, 11 Septembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, La rentrée littéraire, Stéphane Million éditeur

La Mort est une nuit sans Lune, Stéphane Million Editeur, 23 août 2012, 15 € . Ecrivain(s): Renaud Santa Maria Edition: Stéphane Million éditeur

Après nous avoir étonné et passionné avec son premier livre Le cœur en berne (Recueil de nouvelles) et ses différentes publications dans la très bonne revue Bordel éditée par Stéphane Million. Renaud Santa Maria fait sa rentrée cette année avec son premier roman.

Attention auteur !

Premier roman, première réussite.

Quel amour de la langue, quelle beauté dans le choix des mots, avec en plus une pointe d’humour parfois légèrement décalée.

Au travers des pages, nous traversons la vie d’un homme, Augustin. De l’enfance à l’âge des souffrances. La dépression, l’envie de mort et l’amitié sont présentes tout au long de cette vie. Une forme de bonheur aussi lorsqu’il rencontre enfin Clara qui, un temps du moins, lui fera oublier qu’il n’est pas de ce monde.

C’est après avoir quitté Reims, sa ville natale, pour Paris, qu’il provoquera la rencontre de la femme de sa vie.

Les Belles endormies, Yasunari Kawabata

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mardi, 11 Septembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Le Livre de Poche, Japon

Les Belles endormies, Le dit d’Eguchi, 125 pages, 4 € . Ecrivain(s): Yasunari Kawabata Edition: Le Livre de Poche

 

Les belles endormies est un roman magistral de Kawabata. Il s’agit ici de ces jeunes filles qu’on drogue afin qu’elles puissent être plongées dans un profond sommeil. Elles sont ensuite placées, nues, dans un lit qu’elles partageront avec un vieillard dont elles ignorent tout de l’existence. A leur réveil, le vieil homme ne sera plus là pour les effrayer.

C’est un roman écrit en 1961. Il met en exergue la problématique de la décrépitude liée à l’âge. Mais en même temps, Kawabata s’applique à décrire cette déchéance dans des scènes empreintes de perversion et d’érotisme sans tomber pour autant dans la laideur ou dans le voyeurisme. Et si je puis dire, c’est là que réside son absolu talent. Kawabata suggère, Kawabata laisse parler son personnage. Son écriture recueille les réflexions tortueuses et les souvenirs du vieillard. Kawabata s’attarde pour cela sur les détails sans tomber dans le glauque. Chaque détail relevé est retravaillé. Il est orné par des adjectifs et adverbes afin d’exacerber le tragique de l’existence. Le travail du détail, de la description à partir d’un motif, d’un objet ou d’une sensation, rapproche l’écriture de cet illustre auteur japonais à celle d’une poésie ou encore à la technique d’un peintre impressionniste.