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Roman

Blood Hollow, William Kent Krueger

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 14 Septembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Le Cherche-Midi, La rentrée littéraire

Blood Hollow, 13 septembre 2012 trad. anglais (USA) Sophie Aslanides, 480 p. 20 € . Ecrivain(s): William Kent Krueger Edition: Le Cherche-Midi

 

Troisième volet de ce qui semble être une trilogie, après Aurora, Minnesota et Les neiges de la mort, les amateurs d’enquête policière ne pourront qu’adorer Blood Hollow, mais même ceux qui ne sont pas particulièrement attirés par le genre, auront du mal à ne pas se laisser happer par ce roman dense, riche et captivant. L’événement qui a secoué la petite et tranquille ville d’Aurora dans le Minnesota, va prendre rapidement l’allure d’un séisme. L’enquête est minutieusement menée par Corcoran « Cork » O’Connor, conjointement avec sa femme. Cork est un ex-flic de Chicago et l’ex-shérif de la petite ville. Mi-Irlandais, mi-Anishinaabeg, c’est un personnage très attachant, épris de vérité et de justice, reconverti un peu malgré lui dans la vente d’hamburgers, au bord du lac d’Iron Lake. Une sorte de retraite suite à un conflit dramatique. Sa femme Jo est l’avocate qui va prendre en charge la défense du présumé coupable. Coupable de meurtre, celui de la jeune Charlotte Kane, fille d’une des familles les plus riches de la ville. Le suspect est un ex-petit ami, Solemn Winter Moon, un Ojibwe vivant sur la réserve, déjà connu des services de la police pour diverses infractions et son impulsivité notoire. Cork et Jo O’Connor le connaissent bien et sont tous deux quasi persuadés de son innocence, malgré les preuves qui l’accablent.

Rue des voleurs, Mathias Enard

Ecrit par Etienne Orsini , le Jeudi, 13 Septembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Actes Sud, La rentrée littéraire

Rue des voleurs, août 2012, 252 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Mathias Enard Edition: Actes Sud

 

Avoir 20 ans à Tanger, en 2011 alors que le Printemps arabe éclot plus ou moins bruyamment dans les pays voisins et que la crise économique sape l’Europe du sud…

Chassé par ses parents pour avoir séduit sa cousine, le jeune Lakhdar, après de longs mois d’errance et de misère, parvient à refaire surface en entrant – grâce à son ami Bassam – au service du « Groupe musulman pour la Diffusion de la Pensée coranique ». Plus enclin à zyeuter les jolies touristes européennes qu’à prier, il jouit toutefois au sein de ce groupuscule d’une tranquillité appréciable. Son poste de libraire s’accorde à son penchant pour la littérature, même si les ouvrages qu’il vend n’ont que peu de rapport avec les polars qu’il aime tant. A cette période, il fait la connaissance de Judit, une Catalane qui étudie l’arabe, et s’en éprend. Dès lors, les événements s’enchaînent : un soir, avec Bassam et les autres membres du groupe, il est entraîné à son corps défendant dans une bastonnade visant le libraire « impie » d’à côté. Quelques jours plus tard éclate l’attentat de la Place Argan à Marrakech. Bizarrement, la clique de la Pensée coranique s’est volatilisée la veille, le laissant seul dans une maison qui peu de temps après est incendiée.

Pike, Benjamin Whitmer

Ecrit par Alexandre Muller , le Jeudi, 13 Septembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Gallmeister, La rentrée littéraire

Pike, trad. Jacques Mailhos, 13 septembre 2012, 264 p. 22,90 € . Ecrivain(s): Benjamin Whitmer Edition: Gallmeister

 

Lorsque Gallmeister vous annonce sur un bandeau du « noir dans toute sa splendeur », il ne faut pas s’attendre à être trompé sur la marchandise. Cette « jeune » maison d’édition (créée en 2006) spécialisée en littérature américaine compte dans son catalogue une collection poche, « Totem », et trois collections grands formats « Nature Writing », « Americana », « Noire ». Pike, le premier roman Benjamin Whitmer est catalogué, on s’en douterait, dans la troisième, aux côtés de Edward Abbey, Craig Johnson, William G.Tapply, Jim Tenuto et Trevanian.

Un premier roman a parfois tendance à refroidir le lectorat. On se souviendra pourtant que les éditions Gallmeister ont eu le génie de publier le très, très fameux Sukkwan Island, œuvre numéro 1 d’un dénommé David Vann. Roman qui non content d’avoir été un véritable succès éditorial fut récompensé en 2010 par le prix Médicis étranger. Notons que David Van a mis dix années à réussir à publier son livre aux États-Unis, tiré à 800 exemplaires et qu’il aura fallu attendre la générosité des lecteurs français pour qu’il soit enfin reconnu dans son pays d’origine. Ceci dit, mon propos ne cherche aucunement à comparer Pike et Sukkwan Island. Quoique.

L'amour sans le faire, Serge Joncour

, le Mercredi, 12 Septembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Flammarion, La rentrée littéraire

L’Amour sans le faire, 22 août 2012, 320 p. 19 € . Ecrivain(s): Serge Joncour Edition: Flammarion

 

« Ne pas avoir d’enfant, c’était se condamner à rester l’enfant de ses parents ».

Franck, fils d’agriculteurs, n’est pas revenu chez ses parents depuis dix ans. Lorsqu’il téléphone pour annoncer son arrivée, c’est un petit garçon qui décroche, et qui dit s’appeler Alexandre, comme le frère de Franck décédé accidentellement. De Paris, Franck prend le train sans bien savoir ce qu’il va trouver à la ferme.

En parallèle, Louise, mère célibataire, s’apprête à retrouver son fils pour une semaine de vacances. En fin d’après-midi, elle prend la route.

« A la campagne on le sait, celui qui a goûté à la ville, il est foutu, celui qui a goûté à la ville, il ne reviendra pas » (page 29).

« A Paris on est apprécié à la mesure de l’intérêt qu’on représente, d’où l’urgence de s’en donner » (page 30).

Le coursier de Valenciennes, Clélia Anfray

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 12 Septembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Gallimard, La rentrée littéraire

Le coursier de Valenciennes, août 2012, 148 p. 14,90 € . Ecrivain(s): Clélia Anfray Edition: Gallimard

 

C’est une histoire originale que cette courte tranche de vie de Simon, juif rescapé des camps nazis, qui, six ans après la guerre, quitte l’Auvergne et traverse une partie de la France pour « monter » à Valenciennes remplir une mission qu’il considère comme sacrée : retrouver la famille de Pierre, un camarade mort en déportation, pour lui remettre un paquet au contenu mystérieux que lui a confié son ami avant d’être envoyé à l’abattoir d’Auschwitz.

Il est accueilli dans une maison bourgeoise de l’Athènes du Nord par Suzanne et par Renée, la belle-sœur et la fille de Pierre, et fait la connaissance, le lendemain, dans un autre quartier valenciennois, du fils de son compagnon de déportation.

L’une des marques fortes de ce roman est l’omniprésence de la ville wallonne, imposée par la grande précision de la description et l’usage systématique de la toponymie réelle pour situer les lieux où se succèdent les événements qui marquent son séjour, à Valenciennes intra muros d’abord puis de Valenciennes à la frontière belge. Tout Valenciennois y sera chez soi et ressentira vivement les sensations qu’éprouve le personnage, y adhérera, s’en amusera, ou s’en offusquera.