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Roman

Les mille automnes de Jacob de Zoet, David Mitchell

Ecrit par Stéphane Vinckel , le Lundi, 06 Février 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, L'Olivier (Seuil)

Les mille automnes de Jacob de Zoet, trad. de l'anglais par Manuel Berri, janvier 2012, 704 p. 24 € . Ecrivain(s): David Mitchell Edition: L'Olivier (Seuil)

Après quatre romans qui lui ont valu l’étiquette irritante d’auteur postmoderne (ou pis, post-postmoderne), David Mitchell se tourne vers une saga plus linéaire, placé à l’aube du dix-huitième siècle, au Japon.

Jacob de Zoet est un jeune clerc qui a rejoint la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales. Ses compétences et son sérieux devraient redresser les comptes de la Compagnie et lui assurer de rentrer au pays plus riche et plus apte à marier sa promise, embrassée une fois avant le départ... Ses compétences et son romantisme seront sa perte. Sur Dejima, près de Nagasaki, il découvre que cette île artificielle à l'autre bout du monde est gangrénée par la corruption, la roublardise et la suspicion.

Il fait la connaissance de deux personnages auxquels son destin va être lié. Orito Aibagawa, jeune sage-femme érudite et Uzaemon, un traducteur – car la langue est un barrage filtrant, une frontière supplémentaire : les étrangers ne sont pas autorisés à apprendre le japonais. On verra que Da-Zû-To (De Zoet) parviendra à franchir cette montagne là aussi.

Jacob de Zoet va tomber amoureux d'Orito mais le poids de la loi et des traditions écrase cet amour dans l’oeuf. Pis, Orito est enlevée et envoyée dans le temple Shiranui, digne de Sade, où les femmes deviennent des esclaves sexuelles.

Les voleurs de Manhattan, Adam Langer

Ecrit par Alexandre Muller , le Dimanche, 05 Février 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Gallmeister

Les voleurs de Manhattan, Éd. Gallmeister, Février 2012, 244 p. 22,90 € . Ecrivain(s): Adam Langer Edition: Gallmeister

Qu’est-ce que c’est que ce livre ? Un roman d’aventure, une série noire, un postiche éditorial, une photographie de la superficialité, une fantaisie jasper-ffordienne ?

Premier point, il s’agit véritablement d’un page turner, autrement dit un ouvrage tellement excitant qu’on ne peut pas décrocher, grâce à une écriture qui taille plein gaz, sème des détails recroisés plus tard, et ne s’empêtre pas dans des chapitres de 50 pages.

Allons-y pour un résumé parmi d’autres.

Le narrateur, auteur de nouvelles systématiquement refusées par les éditeurs, est serveur dans un bar avec Faye une artiste aux cheveux roux qui travaille sur ses propres contrefaçons de tableaux célèbres, dégradés, déchirés ou percés, autrement dit des contrefaçons détournées.

Ian Minot sort avec Anya Petrescu qui a écrit un livre sur sa jeunesse à Bioucarest, en passe de devenir un phénomène littéraire après son passage sur une émission télévisée animée par la très en vue Miri Lippman. Sur son plateau on croise d’empressants éditeurs new-yorkais prêt à signer de gros chèques d’avaloirs.

Le Canyon, Benjamin Percy

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 04 Février 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Albin Michel

Le Canyon (The Wilding), 352 p. 22,90 € (2012) Traduit de l’américain par Renaud Morin . Ecrivain(s): Benjamin Percy Edition: Albin Michel


Une dernière fois avant la destruction. La réserve naturelle d’Echo Canyon va bientôt être rasée et céder la place à un vaste complexe immobilier, mêlant casino, golf et pavillons. Quelques jours avant que le paysage soit défiguré à jamais, Justin va y passer un week-end camping et chasse, en compagnie de son père, Paul, et de son fils d’une dizaine d’années, Graham.

« Un moment entre hommes ne peut nous faire que du bien. »

Mais le week-end ne s’annonce pas des plus tranquilles. Les hommes sont à cran. Depuis des années, la tension règne entre Justin et son père. Son père le considère toujours comme un gamin, il ne le trouve pas assez dur, pas assez homme, il veut toujours lui commander quoi faire à l’image de l’ours qu’il l’avait obligé à abattre alors qu’il n’avait que douze ans. Et maintenant adulte, le fils n’ose pas s’imposer et s’affirmer face à ce père qui prend toute la place. Lui qui n’a jamais été ce genre à emmener son fils à Disneyland quand il était enfant, mais plutôt à charger des fusils et de matériel de camping dans son pick-up pour l’emmener camper. Ce n’est que de cette manière qu’il pouvait devenir un homme, un vrai…

Les microbes de Dieu, Mélanie Talcott

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 04 Février 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Les Microbes de Dieu, Editions L’ombre du regard, septembre 2011, 520 p. 18,40 € . Ecrivain(s): Mélanie Talcott

C’est comme dans la vraie vie, les livres ; il y a des choses qui commencent tout en haut du ciel, et puis, ça devient plus compliqué !

« Je m’appelle Sasha Miller, j’ai bientôt 42 ans ; non, non, je ne déprime pas à cause de la ménopause »… Elle était photographe de guerre – Minolta en bandoulière – et le premier chapitre du livre est juste parfait – ton, écriture, rythme, images et sons : « les corps se jetèrent à terre, instinct de chair épouvantée ; les linceuls salis de boue ; éparpillés comme des marguerites coupées. Et le cri répété de bouche en corps – sniper, sniper ! ». A mi-chemin entre un bon Fassbinder sur la guerre du Liban, et le « Sarajevo » de BHL, le film s’annonce vraiment d’un excellent cru.

Mais Sasha s’effondre, consulte, et l’histoire change de cap.

Elle en passionnera certains – adeptes un peu tardifs d’un « Da Vinci Code » tout de même  réchauffé, aimant circuler dans les ruelles sombres et enchevêtrées de sectes ou autres associations – phalanstères en marge des institutions, se régalant de complots à l’ombre des ors du Vatican… goût « littéraire » qu’on peut du reste comprendre, à tout le moins, constater. Ici, au moins – ce qui n’est pas toujours le cas ailleurs – l’écriture est solide, construite, belle, souvent, et la documentation charpentée.

L'armoire des robes oubliées, Riikka Pulkkinen

Ecrit par Yann Suty , le Vendredi, 03 Février 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pays nordiques, Albin Michel

RiikaL’armoire des robes oubliées. 400 p. 20,90 € (2010) Traduit du finnois par Claire Saint-Germain . Ecrivain(s): Riikka Pulkkinen Edition: Albin Michel

« Je suis en train de pourrir. […] Ne me laisse pas putréfier, je veux rentrer à la maison », dit Elsa à son mari, Martti.

Elsa est atteinte d’une tumeur. Ses derniers jours, elle veut les passer auprès de ses proches et pas dans une chambre d’hôpital. C’est difficile pour elle d’adopter le rôle de malade. La psychologue qu’elle est avait en effet plutôt l’habitude de se consacrer à autrui.

Chaque membre de la famille avait un rôle dans les soins prodigués à Elsa.

Mattri, son mari, était peintre. Il a arrêté de peindre depuis des années, mais soudain il veut s’y remettre et réaliser un portrait de sa femme.

Eleanoora, leur fille, maigrit à l’annonce de la maladie de sa mère.

Le deux petites-filles, Anna et Maria, complètent le tableau familial.