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Roman

La table des autres, Michael Ondaatje

Ecrit par Alexandre Muller , le Lundi, 27 Août 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, L'Olivier (Seuil), La rentrée littéraire, Canada anglophone

La table des autres, 23 Août 2012, 256 p. traduction Michel Lederer, 22 € . Ecrivain(s): Michael Ondaatje Edition: L'Olivier (Seuil)

 

« Et quoiqu’il ait existé un paquebot nommé Oronsay (il y en a eu plusieurs Oronsay), le navire dans le roman est un produit de l’imagination ».

C’est en partie une question d’immigration. Il y a un navire. Un navire qui quitte Colombo en 1954. Des stewards qui accueillent ceux qui embarquent. Et peut-être sur le pont, comme dans les films, des gens qui jettent des derniers regards vers le port et agitent les bras vers ceux rester à terre.

C’est surtout un livre d’aventures. « Le sommeil est une prison pour un garçon qui a des amis à voir. Nous attendions la nuit avec impatience et étions debout avant que le jour se lève au-dessus du bateau. Nous mourions d’envie de continuer à explorer cet univers ». Une aventure qui occupe trois semaines de ballotements entre deux mondes. Le Sri Lanka d’un côté. L’Angleterre de l’autre. Entre l’océan indien. La canal de Suez. Les côtes du Moyen Orient. La Méditerranée.

Le garçon s’appelle Michael. Il quitte une famille qui n’est pas vraiment la sienne pour rejoindre une mère qu’il a quittée quatre ans auparavant. Il a onze ans. En embarquant il préfère s’isoler dans sa cabine plutôt que d’observer sa terre natale de la hauteur du pont.

Avez-vous l'adresse du paradis ?, François Bott

Ecrit par Anne Morin , le Lundi, 27 Août 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Le Cherche-Midi, La rentrée littéraire

Avez-vous l’adresse du paradis ? 115 pages, 12,90 € . Ecrivain(s): François Bott Edition: Le Cherche-Midi

 

Une vie peut en cacher une autre, comme ces matriochkas qui s’emboîtent, jusqu’au cœur, personnages banals, pour certains personnages d’ennui, qui s’ennuient :

« Elle aussi semblait considérer la révolution comme des grandes vacances, comme une distraction passagère de l’Histoire, une manière agréable de tuer les journées » (p.34),

« A l’hôtel Ibis, la chambre de Gatsby restait allumée très tard. Avant de s’endormir, il écrivait encore à quelques amis. Il terminait ses lettres par ces mots énigmatiques : « Avez-vous l’adresse du paradis ? » » (p.69).

Y a-t-il place pour autre chose, que ces morts ou ces ennuis profonds comme des tombeaux, sans histoire :

« Nos morts, disait-il, survivent à nos crochets » (p.92), que ces histoires d’amour qui se sabordent d’elles-mêmes : « Elle goûtait sans doute le charme des amours éphémères, le pathétique et la magie des dernières rencontres » (p.98). Somme toute, le destin joue les personnages, la vie n’est qu’une suite d’alternatives avec une marge de manœuvre infime.

Mapuche, Caryl Férey

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 04 Août 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Série Noire (Gallimard)

Mapuche, 458 p. 19,90 €. Avril 2012 . Ecrivain(s): Caryl Férey Edition: Série Noire (Gallimard)

Mapuche, c’est avant tout l’histoire de la rencontre à Buenos Aires entre Jana, jeune sculptrice mapuche à l’histoire dramatiquement banale, de l’exil à la prostitution, jusqu’à ce qu’elle commence à s’accomplir en tant qu’artiste et en portant fièrement ses origines, et Rubén, détective rescapé de la dictature aujourd’hui au service des mères de la place de Mai. La disparition de Luz, ami travesti de Jana, et celle de Maria Victoria Campallo, jeune photographe fille d’une puissante famille portègne, vont faire se croiser ces deux personnages et leurs lourds passés respectifs et les entraîner dans une périlleuse enquête où ils vont pouvoir mesurer combien ils sont liés mais aussi combien les anciens tortionnaires bénéficient encore d’un énorme pouvoir.

 

Caryl Férey nous avait plutôt séduit avec Zulu ou encore La jambe gauche de Joe Strummer. On attendait donc avec intérêt son nouveau roman dont on savait depuis quelques années qu’il aurait pour cadre l’Argentine.

Peut-être en attendait-on trop.

La vie contrariée de Louise, Corinne Royer

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 03 Août 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Héloïse D'Ormesson

La vie contrariée de Louise, 2012, 231 p. 18 € . Ecrivain(s): Corinne Royer Edition: Héloïse D'Ormesson

 

Années 2010. Chambon-sur-Lignon dans le département de Haute-Loire et la région d’Auvergne. James Nicholson, la quarantaine, de nationalité américaine, débarque au « One Toutou ». Son objectif, rencontrer Louise Sorlin, sa grand-mère. La rencontre n’aura pas lieu. Louise décède peu avant, à la résidence des Sycomores.

Il hérite de ses petites affaires, et notamment, d’un cahier rouge.

« Il caressa le cahier en murmurant : Louise est morte. Les mots du petit cahier rouge, il pourrait se résoudre à les entendre mais il ne pourrait pas les lire ».

Chaque soir, Nina, serveuse dans le petit hôtel, monte dans sa chambre pour lui en faire lecture. Le passé se reconstruit. Pièce après pièce, le puzzle prend forme. Le cahier rouge devient un trait d’union entre le passé et le présent. Les lieux n’ont pas changé. Les dernières protagonistes s’éteignent peu à peu à la résidence des Sycomores, et, avec leur décès, l’horizon de la vérité s’éloigne, le mystère s’épaissit.

Allmen et le diamant rose, Martin Suter

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 03 Août 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Christian Bourgois

Allmen et le diamant rose, trad. de l’allemand par Olivier Mannoni, mai 2012, 190 p. 17 € . Ecrivain(s): Martin Suter Edition: Christian Bourgois

 

Voici le deuxième volet des aventures du gentleman Johann Friedrich von Allmen, voleur et détective suisse, prince des élégances et du bon goût, aristocrate désargenté en quête d’avenir meilleur et d’espèces sonnantes et trébuchantes pour ne plus avoir à se soucier de préoccupations bassement matérielles. Toujours secondé par Carlos, son indispensable majordome, Allmen part à la recherche d’un inestimable diamant rose, dérobé selon les sources les plus probantes par Sokolov, un escroc russe spécialiste de la haute finance. Mandaté pour cette affaire par Montgomery, un homme d’affaires résolu et mystérieux, Allmen se voit rapidement plongé dans un jeu fort dangereux où de chasseur, il deviendra lui-même la proie de plusieurs individus peu commodes et surtout peu disposés à la patience et aux bonnes manières.

Le charme et l’aplomb d’Allmen se déploient avec cet humour qui avait fait la réussite du premier volume. En témoigne cet extrait où notre dandy enquêteur mène ses investigations dans un club louche sans jamais perdre son tact naturel : « Le spectacle consistait en un numéro d’aérobic totalement dénué d’érotisme et qui le laissa froid. Il regarda toutefois avec un intérêt courtois. C’est ce qu’il faisait chaque fois que quelqu’un se donnait la peine de lui présenter quelque chose ».