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Roman

C, Tom McCarthy

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 09 Octobre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, L'Olivier (Seuil), La rentrée littéraire

C (C), trad. de l’anglais par Thierry Decottignies, 23 août 2012, 430 p. 24 € . Ecrivain(s): Tom McCarthy Edition: L'Olivier (Seuil)

 

La quatrième de couverture de C, le nouveau roman de Tom McCarthy, est alléchante au possible :

« Qu’est-ce que C ?

C comme Serge Carrefax. Comme le cyanure avec lequel se suicide Sophie, sa sœur bien-aimée. Comme la cocaïne dont il abuse.

Mais aussi C comme communication. Car Serge, né au début du XXe siècle, en même temps que la télégraphie sans fil, et élevé dans un institut pour sourds, est plongé depuis sa naissance dans un monde étrange et poétique de signaux qu’il ne peut déchiffrer.

Lorsque la guerre de 1914 éclate, c’est la fin de l’idylle. Opérateur radio à bord d’un aéroplane, capturé puis interné en Allemagne, toujours à la recherche de la voix perdue des morts, il participe à l’expédition de Lord Carnavon, l’égyptologue qui, pour avoir violé la tombe de Toutankhamon, mourut, dit-on, de la « malédiction du pharaon ».

C'est dans la boîte, Frédéric Ernotte

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 08 Octobre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, La rentrée littéraire

C’est dans la boîte, Editions Avant-propos, 252 p. 18,95 € . Ecrivain(s): Frédéric Ernotte

Un « policier », bien noir, et belge – il y a de l’humour, comme seuls ces gens-là savent le cuisiner. Un livre mené tambour battant, sans vous laisser le temps de reprendre souffle ; il fait froid, il fait noir, et le cadavre mène la danse – macabre, évidemment. Vous voulez autre chose : une construction aux petits oignons, en abîme, en labyrinthe ; des retournements de situation digne de la cour des presque très grands. Du frisson, comme s’il en pleuvait. Il en pleut ! Bref, jouissif. Le polar qu’on ouvre et qu’on ne ferme pas avant la fin ; l’aristocratie du genre, avec ce je ne sais quoi qui ne se prend pas au sérieux, ce qui fait, en sus, plaisir.

L’époque est bien la nôtre, banale, ambiance speedée de trentenaires : « Je suis dans la fleur de l’âge. 35 ans et une santé de fer ! Une santé à faire des mélanges d’alcool plus fourbes les uns que les autres. Soyez rassurés, je reste droit comme un « I ». Je vous l’accorde, un « i » écrit en italique, la plupart du temps ».

Nous sommes dans le délicat et délicieux milieu de policiers – brigade criminelle, qui n’en mènent pas large – ça nous change des représentations habituelles des super héros – car un psychopathe leur abat, et avec quelle raffinement ! leurs collègues. Un sinistre et réjouissant pour nous, jeu de dominos infernaux. On les entendrait presque tomber dans un cliquetis de film d’horreur :

Les en dehors. La liberté pour horizon, Stéphane Beau

Ecrit par Olivier Verdun , le Samedi, 06 Octobre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Les en dehors. La liberté pour horizon, Éditions du Petit Pavé, novembre 2011, 186 p. 18 € . Ecrivain(s): Stéphane Beau

 

Avec Les en dehors, Stéphane Beau publie son troisième roman qui s’inscrit explicitement dans la veine de quelques-uns de ses auteurs favoris – Henry David Thoreau dans Walden, Ernst Jünger dans Eumeswill, Cormac McCarthy dans La Route et, en filigrane, Albert Camus dans La Peste. Le livre n’est pas non plus sans rappeler le film de Sean Penn, Into the Wild.

L’auteur opte du début à la fin pour une écriture on ne peut plus limpide qui rend la trame narrative facile à saisir. Une épidémie de peste birmane sème la mort et la désolation derrière elle. Aucun antibiotique ne réussit à enrayer son inexorable progression dans toute l’Europe : « Les frontières se fermaient les unes après les autres et chaque gouvernement faisait de son mieux pour limiter la casse et éviter la panique ».

Léopold Fort, un ancien libraire qui a tout plaqué pour se retirer, seul, avec son amour des livres et sa misanthropie, dans une bicoque en ruine sise au milieu de nulle part, se prend d’affection, à son insu, pour Colas, un orphelin de sept ans qu’il croise par hasard et dont il sauve la vie in extremis.

Dans le jardin de la bête, Erik Larson

Ecrit par Stéphane Vinckel , le Vendredi, 05 Octobre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, USA, Le Cherche-Midi, La rentrée littéraire

Dans le Jardin de la bête (In the Garden of beasts), lu par Stephen Hoye, traduit de l’anglais par Edith Ochs, août 2012, 641 p. 21 € . Ecrivain(s): Erik Larson Edition: Le Cherche-Midi

Deux ans après le remarquable Le Diable dans la ville blanche (1), Erik Larson (l’autre Larson donc, avec 1 seul S) revient avec Dans le jardin de la bête. On quitte les Etats-Unis, on quitte le dix-neuvième siècle, on quitte l’exposition universelle : Berlin 1933-1938, le vingtième dans ce qu’il a de pire, juste avant l’explosion universelle.

Dans le Jardin de la bête raconte, par le menu, la vie quotidienne de l’ambassadeur américain en poste à Berlin de 1933 à 1937 : William E. Dodd, et sa famille (ses deux enfants, Martha et Bill, et son épouse).

Le roman s’ouvre sur plusieurs débuts (bonne technique) :

– une citation de Dante, en exergue, tiré de l’ouverture de La Divine Comédie (Enfer) :

« Au milieu du chemin de notre vie

Je me retrouvai dans une forêt obscure

Car la voie droite était perdue »

L'expérience Oregon, Keith Scribner

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Vendredi, 05 Octobre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Christian Bourgois, La rentrée littéraire

L'expérience Oregon (The Oregon Experiment), septembre 2012, trad. USA Michel Marny, 526 p. 21 € . Ecrivain(s): Keith Scribner Edition: Christian Bourgois

 

A quoi tient le malaise, agaçant, qui s’installe et persiste à la lecture de ce livre ? Probablement à une question qui reste sans réponse. Quel en est l’objet ?

Un couple new-yorkais vient s’installer loin, très loin de la grande Cité : dans l’Oregon. Il est professeur d’université, spécialisé dans l’histoire des mouvements politiques, en particulier sécessionnistes. Elle, était un « nez » ! Oui un nez, une spécialiste de l’olfaction, employée avec un succès considérable dans la fabrication des parfums. Mais voilà : à la suite d’un choc à la tête elle a perdu tout sens olfactif. Elle souffre de ce que la médecine appelle « anosmie ». Elle en est fortement déprimée et la décision de l’exil rural en est une conséquence.

On se prend à penser que le sujet du roman est justement l’exil rural pour des citadins shootés au CO2.

« New-York manquait à Naomi. Elle appelait trop souvent ses vieux amis. Elle lisait les pages Arts du Times avec trop d’attention. Elle se retrouve à attendre au coin des rues du centre-ville que passe un bus dont elle pourrait humer une bouffée brûlante de gaz d’échappement. Un marteau piqueur, un klaxon, même le plus petit bouchon l’apaisaient comme une odeur de son enfance. »