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Roman

Un mort de trop, Alexandra Appers

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 13 Septembre 2014. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Ring Editions

Un mort de trop, avril 2014, 263 p. 19,95 € . Ecrivain(s): Alexandra Appers Edition: Ring Editions

 

Époustouflant. On en sort – à regrets – de ce roman-rock qui nous tue les oreilles avant que de nous subjuguer, nous happer.

La séduction s’installe, s’imprime plutôt, « à tout jamais sur nous » comme un tatouage – sujet absolu, et ô combien complexe de ce livre étrange, sur ce qui fait mal, marque à vie, et manie hautement l’imaginaire. Mais – ultime et remarquable tactique littéraire de ce premier roman – ça ne vient pas d’emblée. Progressif… un tatouage, vous dit-on !

Pendant quelques chapitres, on s’immerge – du bout de l’œil, dans un bled apparemment côté montagnes, où tout le monde croit connaître tout le monde. Un bar, pour routiers, et sa tenancière – la mère du héros, typée bien vulgaire ; pas de père en vue. Le jeune, paumé, mal dans sa peau, sous la coupe, en geignant. Copain : un malabar, un peu juste en équilibre ; une fille : Ella, apprentie coiffeuse peut-être, rêvant de gloriole à gagner sur le « Télé 7 jours » de la semaine ; évidemment, pas farouche.

Chems Palace, Ali Bécheur

Ecrit par Theo Ananissoh , le Samedi, 13 Septembre 2014. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Maghreb, Elyzad

Chems Palace, avril 2014, 263 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Ali Bécheur Edition: Elyzad

 

Chems Palace tient à la fois du conte féerique, des rêveries d’un solitaire érudit et du récit allégorique. La féerie s’opère en plein Paris, transformant un va-nu-pieds de Djerba en un magnat de l’hôtellerie. Un roman dans le roman ; le tout raconté depuis une oasis, au Pays des Palmes ; et cette oasis, sans doute, n’est pas qu’une… oasis.

Le narrateur, c’est al-moâllem – l’instituteur. Il est à la retraite. C’est ici, dans cette oasis qu’il a débuté sa carrière. Puis il a été ballotté au gré des affectations, passant d’un village perdu à une banlieue grise de Tunis.

« L’heure de la retraite ayant, bon an mal an, sonné (…), recru de la fureur des villes, j’étais en quête d’un lieu où, sans hâte mais sans appréhension, attendre le générique de fin d’un film qui, somme toute, ne m’avait pas semblé palpitant ».

Où se poser enfin, lui qui est sans véritables attaches familiales ?

Le Soleil, Jean-Hubert Gailliot

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 11 Septembre 2014. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, L'Olivier (Seuil), La rentrée littéraire

Le Soleil, août 2014, 544 pages, 20,50 € . Ecrivain(s): Jean-Hubert Gailliot Edition: L'Olivier (Seuil)

 

« Qu’il veuille bien se représenter la chose : ce manuscrit vieux de cent ans, s’il se révélait conforme à la légende, éclairerait le siècle passé et l’histoire des avant-gardes artistiques, l’avait-il vue s’enflammer, d’un jour absolument neuf. Il était passé entre les mains de créateurs révolutionnaires, avait traversé clandestinement, mis peut-être pas sans incidences, deux guerres mondiales, entraîné des condamnations. Plusieurs femmes fascinantes, artistes elles-mêmes, avaient joué un rôle essentiel dans cette aventure. Et, semblait-il dans sa constante occultation. Elle voulait s’emparer de ce brûlot et être la première à le publier ».

Tout grand livre est une enquête menée mot à mot, ligne à ligne, page à page, qu’elle se déroule au pied d’un volcan, au cœur de l’effondrement d’un empire, ou sur les bords d’un canal à Venise. Elle ne vise pas tant à découvrir ce que l’on cherche, qu’à mettre en lumière toutes les intrigues romanesques qui la fécondent. Le territoire d’Alexandre Varlop : la Grèce, Mykonos, ses dieux et ses lions, Palerme, un poète silencieux et butinant, un peintre lyrique, une amoureuse photographe. Un territoire comme une odyssée placée sous la haute protection d’Homère.

Peine perdue, Olivier Adam

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mercredi, 10 Septembre 2014. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Flammarion, La rentrée littéraire

Peine perdue, août 2014, 416 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Olivier Adam Edition: Flammarion

Avec Peine perdue, Olivier Adam nous emmène dans une ronde où les personnages et les voix vont se succéder, se lier, s’éclaircir mutuellement au fil des pages. Nous découvrons ainsi une bonne vingtaine d’acteurs de la vie d’une commune côtière, quelque part du côté de Nice. Il ne s’y passe pas grand-chose, entre les magouilles du gros entrepreneur local et « son » équipe de foot, avec une activité touristique convoitée par les requins voisins.

Il suffira d’un gros coup de mer pour que la côte soit pendant quelques jours dévastée et que des vies qui semblaient n’attendre que cela basculent et que se mettent à jour toute la peine perdue à les construire, à essayer au moins de les sauver du désastre, si ce n’est en faire de grands destins.

Il y a Antoine, le footballeur parfois brillant et surtout incontrôlable (qui n’est pas sans rappeler le personnage de Patrick Dewaere dans Coup de tête, le film de Jean-Jacques Annaud), Pérez l’entrepreneur combinard plein aux as, Grindel, le flic pas très doué, désabusé et débordé par les évènements, Paul et Hélène, le couple âgé qui essaye d’en finir, une jeune femme anonyme et inconnue qui semble vouloir échapper au monde, une équipe de foot « petit poucet » qui doit se préparer à affronter la grande équipe de Nantes en Coupe de France…

La Porte du Messie, Philip le Roy

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 10 Septembre 2014. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Le Cherche-Midi

La Porte du Messie, mai 2014, 384 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Philip le Roy Edition: Le Cherche-Midi

 

Captivant, haletant, passionnant, il n’est pas difficile de trouver des qualificatifs pour encenser ce thriller théologique, encore plus enthousiasmant quand on sait que cette fiction est basée sur des recherches historiques, linguistiques, archéologiques, littéraires et théologiques donc, tout à fait sérieuses, encore peu diffusées, sur les origines du Coran et que certains de ces chercheurs ont mis pour elles leur carrière, mais même parfois leur vie, en danger. D’ailleurs une des protagonistes de ce roman va elle-même transmettre toutes ces informations à son auteur, pour qu’il en fasse bon usage, lors d’un salon du livre à Porto-Vecchio en juillet 2013, ce qui laisse habilement le lecteur à cheval sur un fil fragile entre fiction et réalité.

Simon Lange, diplômé en théologie, apprend à Beyrouth, le jour des funérailles de ses parents, un couple franco-libanais mort dans un accident de voiture à Paris, qu’il a été adopté et que son père adoptif donc, lui a laissé des documents concernant son origine dans le coffre d’un hôtel à Jérusalem. Quand il s’y rend en compagnie d’un ami de la famille rencontré lors des funérailles, un certain Markus, le coffre est vide. Simon Lange, grand amateur très peu raisonnable de Talisker, le « rocher escarpé » en langue nordique, un whisky de l’île de Skye, noiera son dépit dans les bars de Jérusalem en compagnie de ce Markus.