Identification

Roman

Black Rain S01//E1-2, Chris Debien

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Jeudi, 03 Janvier 2013. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Flammarion, Jeunesse

Black Rain, S01/ E3-4, octobre 2012, illustrations Pascal Quidault, 310 p. 15 € . Ecrivain(s): Chris Debien Edition: Flammarion

 

Chris Debien nous propose la suite des aventures d’Adam et de Rachel dans l’Inside, la réalité virtuelle à but thérapeutique créée par Le Centre, unité de soins psychiatriques pour adolescents. Doté de moyens financiers colossaux, cet hôpital ressemble plus à une prison de haute sécurité tant le personnel y est inquiétant, les lieux labyrinthiques et la direction ouvertement corrompue.

Black Rain, S01/ E3-4 ou « Saison 1, épisodes 3 et 4 » adopte un format déroutant, à mi-chemin entre le thriller, le roman graphique et la série télévision (« previously on » nous informe la première page du livre). L’auteur nous fait pénétrer, via la nanotechnologie et les implants cérébraux de nos héros, dans un monde fabriqué de toutes pièces par le docteur Grüber, psychiatre au passé tortueux et directeur du Centre. Il s’occupe plus particulièrement de certains patients, isolés des autres pour leurs aptitudes exceptionnelles à naviguer dans l’Inside. Le voyage n’est cependant pas de tout repos, puisque chacun d’eux souffre d’une pathologie lourde : Adam est schizophrène depuis l’étrange l’accident automobile qui a coûté la vie à ses parents, Rachel est « borderline » (une histoire d’abus sexuel se dessine au fil des pages) et le troisième larron, Alex, souffre du syndrome d’Asperger.

Le poète de Gaza, Yishaï Sarid

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 02 Janvier 2013. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Moyen Orient, Babel (Actes Sud)

Le poète de Gaza, titre original Limassol, traduit de l’hébreu Laurence Sendrowicz, 224 p. 20,30 € (Babel janvier 2013) . Ecrivain(s): Yishaï Sarid Edition: Babel (Actes Sud)

Thème sobre et essentiel, qu’on attendrait d’une tragédie antique : la vie, le risque, la loyauté, la mort, éclairés par la lumière méditerranéenne, celle qui arrose tout, même la peur des hommes.

C’est un livre écrit en Hébreu – on se plaît à penser que cette langue si forte lui va bien. Action située en Israël, de nos jours, mais on peut sans difficulté l’imaginer en Amérique Latine, dans les pays de l’écriture d’un Alejo Carpentier, et, tiens, pourquoi pas en Espagne ; parfums de la Guerre Civile, parfois… un film comme La guerre est finie, et ses lassitudes d’anciens baroudeurs, passe quand on lit.

« La rue baignait dans ce calme qui gagne les villes pendant les grandes vacances, les chats escaladaient les bennes à ordures pour en tirer leur pitance, deux jeunes garçons marchaient sur l’avenue bordée de tamaris, en direction de la plage, avec aux lèvres des rires légers … au téléphone, elle m’avait dit qu’elle habitait au troisième étage ». Lui – on ne sait pas son nom – c’est un membre actif, un technicien, de ces réseaux de renseignement – ceux qui « interrogent », au service de l’État d’Israël ; elle, la belle Dafna, est l’amie d’un poète de Gaza, qu’il faut exfiltrer, car, son fils « se baladait du Yemen au Soudan, là où des gens comme lui allaient chercher leurs directives, lever des fonds, s’entraîner ».

L'inconscience, Thierry Hesse

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 20 Décembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, L'Olivier (Seuil)

L'inconscience. 325 p. 19 € . Ecrivain(s): Thierry Hesse Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Il y a , souvent pour le plus grand bonheur des lecteurs, ces romans qu'on dit de «  littérature française  actuelle». Ils raflent souvent haut la main, les grands prix littéraires, ceux qui font la «  une » du 20 H, et ce n'est pas rare de les retrouver «  transformés » sur nos toiles, valorisés, du coup par ces acteurs, français, eux aussi, qui habitent nos imaginaires familiers... French touch, à leur manière,  ces livres ; franchouillards, jamais.

Le décor est premier, mais un peu estompé, pour ne pas faire dans du Balzac ronflant. Province, le plus souvent ; pas forcément versus-vacances. Ici, c'est de Lorraine qu'il s'agit ; celle d'avant les «  Fleurance en partance de Mittal ». Face bourgeoise et particularismes locaux : Metz ; un peu plus loin, Toul. D'un Nord aussi, sans les lumières flamandes et riches de Lille, qui résonne grande précarité du fin fond des provinces, jadis portant haut le drapeau de la classe ouvrière : Roubaix, pas moins !  «  Carl et lui continuaient à marcher sur le sol aux trois quarts gelés de cette ville où tous deux étaient nés au milieu du siècle dernier. Ils avaient sous les yeux la flèche en béton de l'église Sainte Thérèse dans un ciel bleuâtre clouté d'étoiles... »

La demeure éternelle, William Gay

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 19 Décembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Seuil

La demeure éternelle (The Long Home) traduit de l’anglais (USA) Jean-Paul Gratias, septembre 2012, 339 p. 21 € . Ecrivain(s): William Gay Edition: Seuil

Dans les années 1940, dans une région reculée du Tennessee, Dallas Hardin règne par la terreur sur Mormon Springs. Après avoir fait son nid dans la demeure de Thomas Hovington, s’arrogeant son commerce d’alcool clandestin et sa femme, Hardin apparaît comme intouchable, multipliant menaces, vengeances et meurtres en toute impunité. Jusqu’à ce que le jeune Nathan Winer croise sa route et celle d’Amber, la fille de Hovington. C’est que si Nathan n’a jamais su ce qu’était devenu son père, disparu dix ans plus tôt, Hardin, lui, le sait bien, puisqu’il l’a tué de ses propres mains.

Dans ce premier roman (deuxième publié en France), William Gay joue la partition classique de la lutte du Bien contre le Mal. Sous le regard de William Tell Oliver, vieux voisin qui l’a pris sous son aile et cache bien mal ses blessures et son remords de n’avoir jamais affronté Hardin, Nathan, malgré son apparente innocence, va peu à peu prendre conscience de l’inéluctabilité du combat qui l’opposera à celui qui règne sans partage sur ce bout de Tennessee abandonné par la loi des hommes, et où seule la volonté de Dieu, du diable ou de quelques forces ambivalentes de la nature (le gouffre, symbole central, qui apparaît sur le terrain de Hovington en ouverture du livre sert autant à dissimuler les méfaits qu’à les faire ressurgir) peut instaurer un certain ordre.

Le pont des assassins, Arturo Perez-Reverte

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 17 Décembre 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Espagne, Seuil

Le Pont des Assassins (El Puente de los asesinos), traduit de l’espagnol par François Maspero, octobre 2012, 349 p. 19,50 € . Ecrivain(s): Arturo Pérez-Reverte Edition: Seuil

 

Voilà qui ravira les amateurs des romans de cape et d’épée, et en particulier, ceux dont l’enfance a retenti des cliquetis d’épée et des éclats de mousquetons des Pardaillan, de Lagardère, ou de nos mondialement célèbres Trois Mousquetaires.

Tout comme celles de Pardaillan ou de d’Artagnan, les aventures du Capitaine Diego Alatriste y Tenerio, le mercenaire espagnol que nous retrouvons en ce volume, se déclinent en plusieurs tomes. Celui-ci en est le septième.

Partageant la vision, tantôt critique, tantôt dubitative, souvent admirative, toujours respectueuse que porte le narrateur, le jeune spadassin basque Iňigo Balboa, sur les faits, les dires et les gestes du Capitaine Alatriste, dont il est à la fois le serviteur, le disciple, l’assistant, le sbire et le compagnon dévoué, nous suivons jour après jour le récit d’un complot visant à renverser, pour le compte de l’Espagne, le doge de Venise, Giovanni Cornari, trop lié avec la France au goût de Philippe IV.

L’objectif une fois annoncé, le décor se met en place, le complot s’ourdit, la stratégie se dessine, les protagonistes se rencontrent, font connaissance, s’organisent.