Identification

Articles taggés avec: Suty Yann

Après le feu, un murmure doux et léger, Evie Wylde

Ecrit par Yann Suty , le Vendredi, 30 Août 2013. , dans Actes Sud, La Une Livres, Les Livres, Recensions, Océanie, Roman

Après le feu, un murmure doux et léger, traduit de l’anglais (Australie) en 2013 par Mireille Vignol, mai 2013, 380 pages, 23 € . Ecrivain(s): Evie Wylde Edition: Actes Sud

 

Le titre l’annonce et il n’y a pas de tromperie sur la marchandise : c’est un mélo. Tous les ingrédients y sont ou presque.

Ingrédient n°1 : un personnage avec un passé chargé.

Il est ainsi question d’un certain Frank qui, après une dispute, une de trop, avec Lucy, quitte Canberra pour s’installer sur la côte nord-est australienne. Mais que s’est-il vraiment passé entre eux ?

Ingrédient n°2 : Franck est sujet à des troubles du comportement. C’est beaucoup mieux quand le héros a des failles.

« Il referma le frigo, reprit sa liste et, juste pour se rappeler quel connard fini il était, il se poignarda violemment la paume avec le stylo qui se brisa dans le creux de sa main baignée de violet ».

Ingrédient n°3 : un décor pittoresque.

Manuel El Negro, David Fauquemberg

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 20 Août 2013. , dans La Une Livres, La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, Roman, Fayard

Manuel El Negro, 21 août 2013, 366 pages, 20 € . Ecrivain(s): David Fauquemberg Edition: Fayard

 

« En vous racontant Manuel, je vous parlerai de moi ».

En s’attelant à l’histoire du chanteur de flamenco Manuel El Negro, Melchior de la Peña avertit qu’il sera aussi question de lui. Ce portrait d’un homme sera le portrait de deux hommes. Il prévient aussi que cette histoire risque de n’être tout à fait réelle. La vie de Manuel, telle qu’il la conçoit en effet, est comme un songe.

Sa vie, Melchior l’a passée derrière sa guitare, le front courbé au-dessus de ses cordes. Il dira même qu’il est devenu esclave de son instrument. Il est un homme de l’ombre, toujours en retrait sur la scène, un homme qui a « appris à se taire ».

« Les mots, voyez, disaient si peu, ils ne servent souvent qu’à créer des malentendus. La musique est sans équivoque, elle ne vous cache rien des sentiments de l’autre ».

La tristesse des anges, Jon Kalman Stefansson

Ecrit par Yann Suty , le Lundi, 22 Juillet 2013. , dans La Une Livres, La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, Pays nordiques, Roman, Gallimard

La tristesse des anges, (Harmur Englanna) trad de l'islandais par Eric Boury, 382 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Jon Kalman Stefansson Edition: Gallimard

Après Entre ciel et terre, Jón Kalman Stefánsson nous embarque avec La tristesse des anges, dans un nouveau périple dans les rudes terres islandaises de la fin du XIXe siècle.

Ce deuxième roman commence quelques semaines après la mort de Bárður, le héros de son premier livre. Certains personnages sont de nouveau conviés, comme le gamin. Alors que le premier opus se passait surtout en mer, celui-ci se déroule principalement sur terre, mais surtout dans la neige.

Jens est postier et sillonne l’Islande à pied ou à cheval pour distribuer le courrier, pour un salaire qui lui permet à peine à couvrir ses frais, dans des conditions souvent extrêmes lors des interminables hivers. Au début du roman, il arrive ainsi dans une auberge, complètement collé à la selle de son cheval. Il a gelé.

Cette auberge a beau être loin de tout, un trou perdu où il ne se passe jamais rien, il est possible d’aller encore plus loin, jusqu’à « l’extrémité du monde ». C’est là que l’on envoie Jens pour une nouvelle tournée. Cependant, il ne peut mener seul cette expédition à travers les fjords, car il lui faudra traverser une mer et elle l’effraie au plus haut point, le paralyse.

Shirker, Chad Taylor

Ecrit par Yann Suty , le Vendredi, 12 Juillet 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Océanie, Roman, Christian Bourgois

Shirker, traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff, 2000, Christian Bourgois 2002 pour la traduction française, 359 pages, 23 € (repris en 10/18, 2005, 364 pages, 9 €) . Ecrivain(s): Chad Taylor Edition: Christian Bourgois

 

« – Qu’est-ce donc cet homme sur lequel tu enquêtes, Ellie ? Qu’est-ce que tu fabriques avec ce portefeuille ? A quoi rime tout ça ?

– Je n’en sais rien. Et c’est ce que je cherche à élucider ».

Cet échange décrit bien l’atmosphère de Shriker, le premier roman du néo-zélandais Chad Taylor. Il sera ainsi question d’un crime à élucider, mais aussi d’un enquêteur (qui n’est pas un enquêteur) qui cherche aussi à comprendre ce qui le motive à endosser un rôle qui n’est pas le sien.

Alors qu’il passe devant une scène de crime, Ellerslie Penrose, le narrateur, ramasse un portefeuille par terre. Celui de la victime ? Peut-être. Il tente de le remettre aux agents de police, mais ceux-ci le prennent pour un détective et l’invitent à aller voir de plus près le cadavre d’un homme qui vient d’être retrouvé dans un conteneur en verre. Les causes de sa mort : il s’est lentement vidé de son sang par le biais de multiples coupures.

Portraits, Dezső Kosztolányi

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 15 Juin 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Pays de l'Est, Récits, La Baconnière

Portraits, traduit du hongrois par Ibolya Virág avec la collaboration de Michel Orcel, mai 2013, 192 p. 16 € . Ecrivain(s): Dezső Kosztolányi Edition: La Baconnière

 

Dans le portrait inaugural de ce livre qui en contient une trentaine, Dezső Kosztolányi explique qu’il recourt à la méthode de la maïeutique. A la manière de Platon, il tente « d’accoucher les esprits ». Il pose des questions, rebondit sur les réponses qui lui sont données. Et le terme « d’accoucher » est effectivement très à propos, puisque le premier portrait concerne… une sage-femme.

On sent déjà affleurer cette petite touche d’humour qui sera présente dans tous les portraits qui émaillent l’ouvrage.

Certains sont étonnés que Dezső Kosztolányi s’intéresse à eux, qu’il veuille à ce point connaître des détails de leur vie. Lui s’étonne qu’ils s’étonnent.

« Ils ne comprennent pas qu’ils sont intéressants en eux-mêmes ».