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The Corner, David Simon & Ed Burns (par Yann Suty)

Ecrit par Yann Suty , le Jeudi, 07 Avril 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais, Polars

The Corner, Enquête sur un marché de la drogue à ciel ouvert. 396 p. 21 € – Florent Massot . Ecrivain(s): David Simon & Ed Burns

 

De temps en temps, il est bon de refermer ses livres et de s’installer devant la télé. Avec la série américaine Sur Ecoute (The Wire en VO), elle atteint des sommets. Seuls quelques très grands films peuvent rivaliser avec. On peut l’affirmer également haut et fort : Sur Ecoute écrase la très grande majorité de la production littéraire. Qu’en déplaise aux puristes, elle peut légitimement être placée au même plan que des œuvres de Dostoïevski. Parfaitement !
Créée par le journaliste David Simon et Ed Burns, un ancien inspecteur de police, la série a été scénarisée par des pointures du polar Outre-Atlantique : Richard Price, Dennis Lehane, George Pelecanos. Et ça se voit. Les personnages sont finement écrits. Avon Barksdale, Stringer Bell, McNulty, Omar, Leaster Freamon, Kima Greggs. Marlo Stanfield, le lieutenant Cedric Daniels, Roland « Prez » Pryzbylewski, Tommy Carcetti… pour n’en citer que quelques-uns (et il y en a tant d’autres !) : chacun est une véritable série dans la série à lui seul. Transpirant d’humanité, ils évoluent en fonction des situations auxquelles ils sont confrontés et le téléspectateur change de point de vue sur eux au fur et à mesure.
Les dialogues sont écrits au cordeau et les intrigues menées avec un sens implacable du récit. Le tout dans une ambiance jazzy qui prend son temps. Sur écoute n’est pas une de ces séries qui va à toute allure à la 24. C’est ce qui ne la rend que plus addictive.

Madame Tabard n'est pas une femme, Elsa Flageul (par Yann Suty)

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 03 Avril 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Julliard

Madame Tabard n’est pas une femme – 126 pages, 16 € . Ecrivain(s): Elsa Flageul Edition: Julliard

Elsa Flageul a le sens du titre. Son premier roman, paru il y a deux ans, s’intitulait " J’étais la fille de François Mitterrand ". Pour son deuxième opus, elle nous intrigue d’emblée avec cette drôle d’annonce énigmatique : " Madame Tabard n’est pas une femme ".

Si Madame Tabard n’est pas une femme, qu’est-elle donc ?

Il y a deux réponses possibles.

Hannah a six ans quand, un soir, on sonne à la porte de l’appartement dans lequel elle vit avec sa mère, Alma. Elle ouvre et apparaît un homme qu’elle ne connaît pas là, en lunettes de soleil. Il lui déclare qu’il vient voir sa mère. Elle lui demande qui elle doit annoncer et il lui réplique, dans un grand éclat de rire : « Fabienne Tabard ».

Hannah va chercher sa mère. Son visage s’éclaire et s’empourpre. Elle comprend tout de suite que la Madame Tabard en question est Antoine.

Ces choses que nous n'avons pas vues venir, Steven Amsterdam (par Yann Suty)

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 27 Mars 2011. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Albin Michel, USA

Ces choses que nous n’avons pas vues venir – 248 pages, 20 € . Ecrivain(s): Steven Amsterdam Edition: Albin Michel

 

Ces choses que nous n’avons pas vues venir. Le titre du premier roman du  new-yorkais établi à Melbourne, Steven Amsterdam, annonce la couleur. Nous ne verrons effectivement pas venir les « choses » dont il est question, mais nous pourrons simplement nous mesurer à leurs conséquences. Et comment les survivants tentent de s’adapter à une nouvelle donne, à un monde complètement bouleversé.

Dans un pays qui pourrait être les Etats-Unis, ces « choses » sont : un climat qui se détériore, des terres inondées, un chaos politique et une restriction des libertés individuelles, une épidémie provoquée par un mystérieux virus…

Le récit est mené par blocs temporels. Un chapitre se clôt et un autre s’ouvre plusieurs années plus tard, alors que le monde a une nouvelle fois été bouleversé par une de ces « choses ». La coupure est abrupte et elle l’est d’autant plus que Steven Amsterdam ne nous explique jamais ce qui s’est passé entre deux périodes. En distillant des petits détails ici et là, il nous permet de cerner à peu près la situation, mais il préfère suggérer plutôt que de se lancer dans une explication complète. C’est au lecteur de faire un effort d’imagination.

Roman du temps nerveux, Reinhard Jirgl (par Yann Suty)

Ecrit par Yann Suty , le Mercredi, 09 Mars 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Langue allemande, Quidam Editeur

Reinhard Jirgl – Renégat, roman du temps nerveux (Quidam Editeur, 540 pages) 25 € . Ecrivain(s): Reinhard Jirgl Edition: Quidam Editeur

A première vue, il faut s’armer de pas mal de courage pour s’attaquer à ce pavé de plus de 500 pages, écriture serrée, plein de jeux typographiques : italiques, majuscules, renvois de textes, tels des signets Internet. De quoi faire entrer Reinhard Jirgl, lauréat du Prix Georg-Büchner 2010, la plus haute distinction littéraire du monde germanophone, dans la catégorie des « post-moderne », aux côtés d’auteurs comme Thomas Pynchon ou William H. Gass. Catégorie un peu vaine qui a surtout pour utilité de dire qu’on a à faire à un bouquin un peu étrange, tendance OLNI, ouvrage littéraire non identifié, qu’on ne sait pas trop dans quelle catégorie caser. Et d’ailleurs quel intérêt de le caser quelque part… si ce n’est dans sa bibliothèque ?

Deux destins se croisent dans le Berlin des années 2000.

Un journaliste free-lance se sépare de sa femme après douze ans de mariage. Alcoolique, il tente de se soigner auprès d’une thérapeute dont il tombe amoureux. Il abandonne une dépendance pour une autre et quitte Hambourg pour la rejoindre à Berlin.

L'Homme-Alphabet, Richard Grossman (par Yann Suty)

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 08 Mars 2011. , dans Les Livres, Recensions, USA, Le Cherche-Midi

L’homme alphabet – Le Cherche midi Lot 49 – 488 p. 21 € . Ecrivain(s): Richard Grossman Edition: Le Cherche-Midi

 

C’est un étrange objet que cet Homme-alphabet. Il suffit de le feuilleter et de voir toutes ces pages remplies pleines de jeux typographiques qui pourraient rappeler La Maison des feuilles de Mark Z. Danielewski. Plutôt que d’en parler, mieux vaut quelques photos :

 

Quant au fond. L’Homme-alphabet est raconté à la première personne. Du moins dans un premier temps.