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Confiteor, Jaume Cabré

Ecrit par Yann Suty , le Mercredi, 18 Septembre 2013. , dans Actes Sud, La Une Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Les Livres, Espagne, Roman

Confiteor (Jo Confesso), Trad. du catalan par Edmonde Raillard (août 2013). 782 p. 26 € . Ecrivain(s): Jaume Cabré Edition: Actes Sud

 

 

« C’est incroyable comme les choses les plus innocentes peuvent engendrer les tragédies les plus improbables. »

Un tour de force. Confiteor est une impressionnante saga grâce à une narration spectaculaire, enlevée, complexe, mais toujours fluide. Jaume Cabré est un virtuose qui jongle entre les personnages et les époques. On voyage du Barcelone actuel au Moyen Age, en passant par l’Inquisition, l’après-guerre espagnole, l’Allemagne nazie ou Auschwitz. Mais (et c’est là, le plus fort), c’est d’une phrase à l’autre, d’un paragraphe à l’autre, que l’auteur fait un bond de trente en arrière (ou de cinq cents ans !), revient au présent, avant de continuer à nous balader à travers les méandres de l’Histoire.

De la même manière, il passe aussi du « il » au « je », du « je » au « il », donnant ainsi un nouvel éclairage, une distance, ou bien renforçant le côté subjectif de la narration, sa proximité avec les personnages.

Qui chante pour Lu ?, Alan Duff

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 10 Septembre 2013. , dans Actes Sud, La Une Livres, Les Livres, Recensions, Océanie, Roman

Qui chante pour Lu ?, traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Pierre Furlan Mai 2013, 380 pages, 23 € . Ecrivain(s): Alan Duff Edition: Actes Sud

 

Lu est belle, très belle. Mais elle ne veut pas le croire. Au contraire, elle se trouve laide, repoussante. Et cela parce que son oncle n’a pas cessé de lui répéter qu’elle était moche. Son oncle qui, toute son enfance, a sexuellement abusé d’elle.

« La culpabilité l’accompagnait comme un camarade non désiré et revenait dans ses rêves nocturnes. Chaque nuit. Dans ses rêves, Lu était punie de n’être qu’une fille ordinaire de Wooloo : on l’exhibait devant tout le lycée ou dans sa rue parce que, braillait le cœur nocturne : “TU COUCHES AVEC TON ONCLE !” Le jour, elle se baladait comme anesthésie, avec son unique compagne, la culpabilité ».

Lu travaille comme serveuse dans un kebab. Un jour, elle rencontre Rocky. Une armoire à glace d’une force redoutable. Ils deviennent amis. Lu l’apprécie d’autant plus qu’il « n’essayait jamais de fourrer sa bite, sa langue ou son doigt dans [s]es orifices ». Elle en vient à le considérer comme un grand frère. Mais bientôt, il se retrouve mêlé à une bagarre et va en prison.

Après le feu, un murmure doux et léger, Evie Wylde

Ecrit par Yann Suty , le Vendredi, 30 Août 2013. , dans Actes Sud, La Une Livres, Les Livres, Recensions, Océanie, Roman

Après le feu, un murmure doux et léger, traduit de l’anglais (Australie) en 2013 par Mireille Vignol, mai 2013, 380 pages, 23 € . Ecrivain(s): Evie Wylde Edition: Actes Sud

 

Le titre l’annonce et il n’y a pas de tromperie sur la marchandise : c’est un mélo. Tous les ingrédients y sont ou presque.

Ingrédient n°1 : un personnage avec un passé chargé.

Il est ainsi question d’un certain Frank qui, après une dispute, une de trop, avec Lucy, quitte Canberra pour s’installer sur la côte nord-est australienne. Mais que s’est-il vraiment passé entre eux ?

Ingrédient n°2 : Franck est sujet à des troubles du comportement. C’est beaucoup mieux quand le héros a des failles.

« Il referma le frigo, reprit sa liste et, juste pour se rappeler quel connard fini il était, il se poignarda violemment la paume avec le stylo qui se brisa dans le creux de sa main baignée de violet ».

Ingrédient n°3 : un décor pittoresque.

Manuel El Negro, David Fauquemberg

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 20 Août 2013. , dans La Une Livres, La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, Roman, Fayard

Manuel El Negro, 21 août 2013, 366 pages, 20 € . Ecrivain(s): David Fauquemberg Edition: Fayard

 

« En vous racontant Manuel, je vous parlerai de moi ».

En s’attelant à l’histoire du chanteur de flamenco Manuel El Negro, Melchior de la Peña avertit qu’il sera aussi question de lui. Ce portrait d’un homme sera le portrait de deux hommes. Il prévient aussi que cette histoire risque de n’être tout à fait réelle. La vie de Manuel, telle qu’il la conçoit en effet, est comme un songe.

Sa vie, Melchior l’a passée derrière sa guitare, le front courbé au-dessus de ses cordes. Il dira même qu’il est devenu esclave de son instrument. Il est un homme de l’ombre, toujours en retrait sur la scène, un homme qui a « appris à se taire ».

« Les mots, voyez, disaient si peu, ils ne servent souvent qu’à créer des malentendus. La musique est sans équivoque, elle ne vous cache rien des sentiments de l’autre ».

La tristesse des anges, Jon Kalman Stefansson

Ecrit par Yann Suty , le Lundi, 22 Juillet 2013. , dans La Une Livres, La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, Pays nordiques, Roman, Gallimard

La tristesse des anges, (Harmur Englanna) trad de l'islandais par Eric Boury, 382 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Jon Kalman Stefansson Edition: Gallimard

Après Entre ciel et terre, Jón Kalman Stefánsson nous embarque avec La tristesse des anges, dans un nouveau périple dans les rudes terres islandaises de la fin du XIXe siècle.

Ce deuxième roman commence quelques semaines après la mort de Bárður, le héros de son premier livre. Certains personnages sont de nouveau conviés, comme le gamin. Alors que le premier opus se passait surtout en mer, celui-ci se déroule principalement sur terre, mais surtout dans la neige.

Jens est postier et sillonne l’Islande à pied ou à cheval pour distribuer le courrier, pour un salaire qui lui permet à peine à couvrir ses frais, dans des conditions souvent extrêmes lors des interminables hivers. Au début du roman, il arrive ainsi dans une auberge, complètement collé à la selle de son cheval. Il a gelé.

Cette auberge a beau être loin de tout, un trou perdu où il ne se passe jamais rien, il est possible d’aller encore plus loin, jusqu’à « l’extrémité du monde ». C’est là que l’on envoie Jens pour une nouvelle tournée. Cependant, il ne peut mener seul cette expédition à travers les fjords, car il lui faudra traverser une mer et elle l’effraie au plus haut point, le paralyse.