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Les Chroniques

Dissoudre la femme : l’entreprise morbide du contre-nu, par Kamel Daoud

Ecrit par Kamel Daoud , le Jeudi, 15 Septembre 2016. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Techniques du contre-nu. L’armée islamique de l’Irak et du Sham est objet de fascination. Comme le retour d’un vieux dieu sanguinaire, dans le sang des hommes. Daech tue, détruit, efface, nivelle et apporte le désert partout, avec la harangue et la mort. Dans le dos du monde « arabe » qui regarde la Palestine qui regarde les morts qui regardent, à leur tour, les vivants. Daech poursuit, délivre ses premiers passeports, organise des mariages collectifs ou des lapidations de femmes, invite à des jeux, coupe des têtes et des mains et édite des modes. Ainsi, sa dernière directive céleste : l’habit de la femme. Bien sûr. Car le corps de cette malheureuse est source du Mal, du vide, du néant. Comment réussir le contre-nu parfait ? Comment effacer la femme, ses traces, contours, voix, rires, courbes, ombres, yeux et prénoms ? Etrange courant de fond : il va de la Turquie où un ministre aux yeux perfides a déclaré que le rire des femmes est indécent, à Daech qui vient de publier son Daech-fashion : la femme doit porter une robe ample, noire, qui ne laisse pas deviner, en dessous, ni le corps, ni la courbe, ni les autres vêtements. Cette robe doit être sombre, volante pour mieux effacer la femme, de couleur noire donc, invisible ou seulement comme une tache. La femme doit aussi cacher sa bouche, son menton, ses lèvres et même ses yeux. Elle ne peut rire, ni sortir dans la rue sans un accompagnateur parent ou époux.

Lettre ouverte aux auteurs Indépendants, par Mélanie Talcott

Ecrit par Mélanie Talcott , le Mercredi, 07 Septembre 2016. , dans Les Chroniques, La Une CED

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Réponse à l’avalanche de commentaires délétères émis suite à une chronique que j’ai rédigée sur mon blog :

Chroniquer un auteur indépendant, c’est carrément se tirer une balle dans le pied dès lors que l’on adhère pas au compliment dithyrambique qui a transformé peu à peu l’autoédition en un univers fermé, une espèce de fraternité gélifiée avec ses codes vestimentaires, ses commentaires en listing, ses guéguerres de tranchée et ses omertas. Alors que les choses soient bien claires : je vous emmerde !

Chroniquer  un auteur « Indé » c’est mettre le doigt dans un monde où comme dans la vraie vie pullulent des teignes égotiques qui se prennent souvent pour des génies incompris et ont l’amertume vengeresse, tout en brandissant la pancarte « je suis bienveillance ». On s’y bat pour être au Top 100 Amazon, tout en chiant sur ce géant capitaliste où pourtant on va toutes et tous barboter, indés ou non, en espérant que le nombre exponentiel des ventes nous sauvera de la noyade anonyme.

Une poésie du lien - à propos de deux livres des éditions du Lavoir St-Martin 

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 06 Septembre 2016. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

à propos de deux livres des éditions du Lavoir St-Martin :

D’ors et de ciel, Pascale Anglès, mai 2016, 55 pages, 15 €

Chemin de feu, Bernard Grasset et Glef Roch, 2013, 87 pages, 20 €

 

C’est lors d’une soirée et d’un récital de poésie dans la résidence d’été de l’éditrice du Lavoir S-Martin, que j’ai rencontré la poétesse Pascale Anglès, laquelle m’a offert son recueil paru en mai dernier. Par la même occasion, Bernard Grasset m’a lui aussi offert un recueil de textes poétiques sur la peinture de Glef Roch. Ainsi, je suis reparti dans la chaude nuit limousine, avec ces deux livres qui m’ont frappé tout autant par leur adresse que par la qualité des textes. Et comme tout cela revient au mérite de Marie-Noëlle Chabrerie, l’éditrice de ces deux ouvrages, j’ai décidé de rassembler ces deux lectures car elles présentaient toutes les deux un terme commun, le lien, une poésie du lien.

L’Animal central, Mathieu Brosseau, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 03 Septembre 2016. , dans Les Chroniques, La Une CED

L’Animal central, Mathieu Brosseau, Le Castor Astral, juin 2016, 115 pages, 12 €

 

La tangente

Le corps reçu

Ma chère Amie,

Il serait convenable que vous appreniez par la présente combi­en la peur, une peur honteuse, une peur coupable, m’habite quand je vous vois me regarder dès lors que je prends la parole avec mes lèvres, ma salive et ma langue ; toute cette chair m’épouvante jusque dans les extrémités les plus insensibles de mon corps.

Aussi, ai-je décidé de vous écrire ceci :

Le livre pluriel - à propos de Une petite fenêtre d’or de Mireille Gansel

Ecrit par Didier Ayres , le Vendredi, 02 Septembre 2016. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Une petite fenêtre d’or, Mireille Gansel, éd. La Coopérative, septembre 2016, 160 pages, 19 €

 

Pour résumer mon impression, diverse et variée, au sujet de la Petite fenêtre d’or que Mireille Gansel publie aux éditions La Coopérative, je rassemblerais ces divers faisceaux de lecture par une formule : l’art du fragment, le fragment des arts. En effet, nous sommes en présence d’un livre, d’un feuilletage, d’un étagement, un patchwork où s’arc-boutent les villes traversées, les langues parlées ou traduites, les livres et les personnes vivantes ou disparues mais souvent aimées. On peut ouvrir cette petite fenêtre qui donne sur l’univers de Mireille Gansel, pour y découvrir une femme de lettres qui fréquente les poètes et sait en tirer une expérience. Ainsi, sur le fond d’une quête d’identité et sous le rapport de la relation au prochain, on vit, à l’aune de l’écrivaine, un véritable compagnonnage avec autrui – l’accueil fait à l’Autre –, en compagnie d’une langue classique tirant parfois vers l’expérimental – grâce aux contacts avec les poètes peut-être ?