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Les Chroniques

Carnets d’un fou – XXX, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 27 Août 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Juillet 2015

 

D’un voleur : – Nous étions amis. Il me connaissait comme ma poche.

Jules Renard, Journal, 1903

 

On vient de me voler. – Que je plains ton malheur !

– Tous mes vers manuscrits ! – Que je plains le voleur !

Le Brun-Pindare (1729-1807), Dialogue entre un pauvre poète et l’auteur

Ernaux, ma contemporaine

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 26 Août 2015. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

« Sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais »

 

L’écho d’Ernaux en moi, comme en vous, à n’en pas douter : immense, une mer – on oserait le « mère » – littéraire, à la hauteur de Beauvoir !

Un bonheur rare, donc, que ce Quarto de Gallimard, ses 1000 pages fines, la photo d’elle jeune et belle, le regard ailleurs, de la couverture, qu’on retrouve, chaque soir, au coucher. Une promesse, une rencontre, un rite, une addiction, ce bain d’Ernaux ; Ecrire la vie, la sienne, la nôtre. Toucher si juste confine à quelque chose tenant du miracle : la multitude – formats, couleurs – des cibles atteintes – que du quotidien en apparence ; la vie totale en réalité. Lire cette « Comédie humaine » à hauteur de nous tous ! Banal que de se dire, la dernière page goûtée, que dans ma bibliothèque, celle des 10 qu’on emporte, dans ce jeu du : s’il n’y avait qu’un livre… Ernaux, bien sûr, Ernaux évidemment.

A propos de Dans l’œil du dragon, Jean-Claude Walter

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 25 Août 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Dans l’œil du dragon, Jean-Claude Walter, Arfuyen, juin 2015, 128 pages, 13 €

Enfance, pays, poésie

Je voudrais remercier avant toute chose Gérard Pfister de m’avoir fait connaître la littérature de Jean-Claude Walter, car j’ai aimé me retrouver dans les textes de la maturité d’un écrivain qui réfléchit depuis très longtemps à ce qui doit rester, doit se quintessencier. Donc cet âge de l’écrivain qui se resserre sur des phénomènes simples, sur des thèmes comme l’enfance, le pays – sans doute l’Alsace – ou la poésie. Cette simplicité n’est pas à mon sens un handicap, mais une forme de vérité sur les choses, et l’intérêt pour ces thèmes très restreints, simplicité apparente bien sûr car les sujets sont difficiles, n’a pas cessé de me captiver tout au long de ces courts textes de prose que réunit l’ouvrage.

Mais citons :

Je chante un lieu réel et imaginaire qui allume ses lumières, l’espérance, et notre liberté. Avec le concours de quelques porte-parole… L’abeille bleue et son nectar. Le vieux bourrin complice. Les chuchotis des sapins. Le soleil pisteur… L’école première et ses « leçons de choses », la lèvre inaccessible de la maîtresse… La carrière de granit d’où extraire tous ces mots. La requête de ce qui bouge, fulmine, et nous enivre de sa beauté… Comète du silence. Sainte chimère.

Le complot : Arrêtez de pleurnicher !, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Lundi, 24 Août 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Arrêtez de pleurnicher, SVP !

La théorie du complot est la cause de tous nos maux !

Depuis l’indépendance, les Algériens, tous les Algériens sans exception aucune, sont frappés par une maladie bizarre appelée : « c’est la faute de l’autre ».

Nous mettons sur le dos de l’autre toutes nos fautes, toutes nos conneries, toutes nos idioties. Une défaite économique qui secoue le pays, le pays qui a la capacité de faire manger tout un continent, et voici tout le monde qui hurle : c’est l’étranger qui nous a causé cela ! C’est l’Occident athée qui bloque notre développement ! Un complot !

Une femme qui passe dans la rue, synonyme d’une catastrophe morale ! Dire que nous sommes le pays des anges, le peuple élu, et voici les insultes qui pleuvent sur la femme qui ne respecte pas les mesures de sa jupe ! Et qui fait des bulles avec son chewing-gum dans la rue ! et ce n’est que l’Occident malsain, impur, qui se cache derrière l’histoire de la jupe et la honte des bulles de chewing-gum dans la bouche d’une femme musulmane. Et c’est la jupe courte et les bulles de chewing-gum qui sont la cause de notre sous-développement ! Un complot !

Petit bréviaire du parfait féministe, Jean-Joseph Renaud

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 20 Août 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Petit bréviaire du parfait féministe Ou comment répondre une bonne fois pour toutes aux arguments misogynes, Jean-Joseph Renaud, éd. Autrement, janvier 2015, postface de Jean-Baptiste Coursaud, illustrations de Pénélope Bagieu, 139 pages, 10,50 € (www.autrement.com)

 

Continuons le Combat !

 

Mais la question posée par le contempteur, « Alors qui donc raccommodera les chaussettes ?… Et décrassera les enfants ?… », fait singulièrement écho à la désormais fameuse et toujours aussi peu reluisante boutade attribuée à Laurent Fabius, au moment où Ségolène Royal annonçait son intention de se présenter à l’élection présidentielle : « Qui va garder les gosses ? »

Jean-Baptiste Coursaud, Postface