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Les Chroniques

Thomas Kelly, le virtuose romancier des « bâtisseurs » de New York

, le Mercredi, 01 Avril 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

« Il y a là quelque chose de si vivant que le cœur de la ville semble près d’éclater de toute la douleur qui y est accumulée. Comme si la ville elle-même avait engendré toutes les complexités du cœur humain. Des veines et des artères […] bouillonnantes de sang. Des millions d’hommes et de femmes irriguant de ce sang les rues de la cité ».

Colum McCann, Les saisons de la nuit

 

« En découvrant des immeubles plus grands que tous ceux qu’il avait pu admirer à Memphis […], et aussi des rues grouillant de voitures et de passants, Luther se dit qu’un siècle au moins aurait dû être nécessaire pour bâtir un endroit pareil, sauf que ce pays n’avait décidément plus le temps d’attendre, plus la moindre envie ni d’ailleurs la moindre raison de patienter ».

Dennis Lehane, Un pays à l’aube

Une mystique sans Dieu, Jean-Claude Bologne

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 31 Mars 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Une mystique sans Dieu, Jean-Claude Bologne, Albin Michel, février 2015, 330 pages, 20,90 € (Essai)

 

Une lecture est une aventure personnelle, sinon « à quoi bon ? »

Michel Host

 

« … je n’entends pas récupérer sous l’étiquette d’une mystique sans Dieu les auteurs dont j’invoque le témoignage et dont je ne partage pas nécessairement les croyances : ils sont chrétiens, bouddhistes, théosophes, agnostiques, athées, mais ce qui m’intéresse en eux, c’est l’instant où ils n’étaient que traversée du néant… »

Jean-Claude Bologne, Avertissement

Dans la salle d’attente, l’Algérien est totalement nu (Kamel Daoud)

Ecrit par Kamel Daoud , le Jeudi, 26 Mars 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Salle d’attente algérienne. Espace clos sur la nation, cosmos assis sur une chaise. C’est là où l’Algérien est nu et inquiet. Pas d’histoire nationale pour l’habiller, pas de mosquées pour le cacher à lui-même, pas de rue à regarder, d’occupation, de faux-fuyants, de tasses de café pour lire le passé et rien qui annule le temps comme le font la cigarette, la télévision, le journal ou le commérage. Rien.

Sauf l’homme, nu ; et le temps, nu avec le poitrail du ciel. Deux déserts qui se rencontrent et qui se mettent à l’infini. Premier constat : c’est terrible ; on regarde ses chaussures comme s’il s’agissait d’une rivière. Puis on parle à son voisin qui sort le sac de nos clichés et supplications aux cieux. Puis on écoute un mur ne rien dire. Puis on il feuillette des journaux morts.

Le pire des salles d’attentes en Algérie sont trois. La première est celle des médecins : peu entretenue, parfois sale. Parfois spartiate comme une caserne enclavée. On ne comprend pas pourquoi des médecins ne se permettent pas des salles d’attentes confortables pour leurs patients ; du banc dur, des revues vieilles et offertes par des délégués médicaux, des chaises mortes et des assistantes laides qui ressemblent à la médecine gratuite.

Souffles - Pourquoi les salafistes algériens ont marché sur Alger ?

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 25 Mars 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED, Côté actualité

 

Parce que l’islam d’aujourd’hui a été vidé de toutes cultures universelles, le musulman, le bon croyant, à son tour, s’est trouvé conditionné, automate. C’est triste mais c’est la réalité amère. Pourquoi est-ce que les salafistes algériens sont-ils sortis coléreux et en force, cette semaine, dans les rues d’Alger ?

Serait-ce pour dénoncer les injustices sociales ? Non.

Pour réclamer l’augmentation des salaires ? Mais non !

Pour dire non à l’exploitation du gaz de schiste ? Pas du tout.

Pour dénoncer la mauvaise et louche distribution des logements sociaux ? Ceci n’est pas important à leurs yeux.

Pour dénoncer la corruption qui gangrène l’économie algérienne ? Ceci, à leurs yeux, relève d’el-mektoub, du Ciel.

Philosophie et exégèse, Bernard Grasset

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 23 Mars 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Philosophie et exégèse, Bernard Grasset, éd. Ovadia, coll. Chemins de pensée, juin 2014, 256 pages, 22 €

 

Une métaphysique de la présence

Quelles sont les valeurs fondamentales de l’humanisme de l’Occident ? Est-il d’ailleurs encore utile de redire en quoi elles sont au croisement de la philosophie grecque, du christianisme, des acquis du Siècle des Lumières et peut-être encore, de la rencontre des nouvelles acquisitions du savoir de la phénoménologie ? En tout cas, le livre de Bernard Grasset abonde dans le sens de cet humanisme, depuis les textes sacrés, en passant par la patristique pour aller côtoyer la peinture ou la poésie contemporaines. C’est donc une entreprise ambitieuse qui s’articule sur un concept nouveau, que l’auteur nomme la philexégèse, et qui décline divers sujets à la lumière d’une réunion heureuse de la philosophie et de l’exégèse.