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Les Chroniques

Ijtihad et non pas jihad !

Ecrit par Amin Zaoui , le Lundi, 09 Février 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Souffles…

 

Au su et au vu des habitants de la planète, le monde arabo-musulman se noie dans le chaos chaotique. Le chaos religieux. Sur quelle fin ce chaos cauchemardesque qui nous dévaste se terminera-t-il un jour ? Quel demain le nôtre sera-t-il ?

L’histoire du conflit amer entre la religion et l’institution politique ou étatique nous apprend que : dès que la religion, n’importe quelle religion, se mêle à la politique, se mêle à la gestion du quotidien social, cette dernière perd son identité et sa morale. Pour se trouver sur un autre champ. Pour se trouver hors jeu ! L’histoire ensanglantée de l’Église nous dit beaucoup de choses sur les enfers terrestres. Elle nous raconte les blessures des années d’inquisition qui sont encore ouvertes. Les autorités de l’Église nommaient des censeurs de liberté censores librorum chargés d’une seule mission : que rien de contraire à la foi ne puisse être édité. Les artistes chrétiens, plutôt ceux qui vivaient dans la terre du christianisme, ont énormément souffert. Le poids de la religion fut un fardeau à l’encontre de la liberté individuelle et collective. Les livres ont été brûlés. Les écrivains incinérés, vivants. Les intellectuels ont payé cher leur liberté et celle de leur société. Ceci s’est passé en Europe chrétienne du moyen-âge.

La véritable origine des plus beaux aphorismes, Dominique Noguez

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 06 Février 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

 

Une lecture est une aventure personnelle, sinon « à quoi bon ? »

 

Un « manuel » de réjouissante culture

J’appelle « aphorismes » la plupart du temps des aphorismes au sens strict, c’est-à-dire des vues sur le monde en forme de définition ou d’observation brève tournant au mot d’esprit…

Dominique Noguez

Brève préface pour annoncer la postface

 

L’Autre

Ecrit par Kamel Daoud , le Vendredi, 06 Février 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

 

L’Autre, j’en ressentais le creux, la trace creuse en moi, le besoin de me mouvoir vers lui, la calcination quand il me brûla ou l’endroit endolori par son arrachement. Brusquement, je me suis senti en déséquilibre, sans l’autre, un peu chancelant dans mon humanité, bref et sans direction dans l’espace quand ce n’est pas une direction vers un visage, tournant dans l’affolement ou en orbite autour d’une énigme. L’Autre n’était pas ma moitié mais mon véritable moi. J’y allais dans toutes les directions, j’y venais, j’en revenais. Tout s’expliquait par mes gestes vers ce centre inachevé quand il n’est pas totalement voulu. Le désir, l’offrande faite au ciel, le sacrifice, l’invention du feu pour deux mains et pas pour une seule, la sexualité qui en était le cri et l’art qui en est le soupir, ou le sens de toutes les rivières du monde qui en sont la confession, la narration, le récit qui vient et s’en va.

D’Images et de bulles (15) - Inspecteur Longdubec, La Cigogne marche sur des œufs, Trédez et Nicolet

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 03 Février 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Inspecteur Longdubec, La Cigogne marche sur des œufs, Trédez et Nicolet, éditions du Long Bec, octobre 2014, 48 pages, 12 €

 

Les jeunes éditions du Long Bec se lancent dans le polar avec un nouveau héros, l’inspecteur Longdubec. Il a un chapeau mou, un imperméable de privé, mais surtout un bec et quel bec, digne de Cyrano ! Voici donc l’inspecteur Longdubec, un poulet droit sorti d’un Simenon croisé avec un dessin animé vrillé ; enfin un poulet oui et non, plutôt une cigogne, une vraie, une pure et dure, un mec viril. De ceux à qui on ne la raconte pas, qui cogne fort quand les circonstances l’exigent et qui cogite avec classe.

Nous sommes bien dans une histoire de drôles d’oiseaux, inspirée du Corbeau de Clouzot : une histoire avec une double enquête bien menée et bien ficelée, des dessins originaux et joliment pas bien léchés. Si les jeux de mots partagés par Longdubec et son adjoint, le brigadier Tetdeuf, donnent parfois une folle envie de leur casser la coquille et si les clins d’yeux sont parfois un peu appuyés, l’ensemble est stimulant, plaisant et surprenant.

Soumission, ou le mauvais rêve de Houellebecq

Ecrit par Jean Bogdelin , le Lundi, 02 Février 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

I / La Présidentielle 2022

Il y a dans Soumission un remarquable plaidoyer en faveur de Cassandre, jamais prise au sérieux, malgré la justesse de ses prédictions, qui se réalisent toujours, rappelons-le, de manière souvent précise et saisissante tel l’épisode du Cheval de Troie rapporté par Homère. Référence évoquée par le narrateur, professeur d’université, spécialiste de Joris-Karl Huysmans, auteur d’En route, livre-manifeste du Mouvement Décadent de la fin du XIXe siècle, dont Houellebecq cite en exergue un large passage chargé de mysticisme, annonciateur de conversion, catholique en l’occurrence « … j’ai le cœur racorni et fumé par les noces, je ne suis bon à rien ». La religiosité ainsi installée va insidieusement instiller une incroyable dose de crédibilité à la conquête de l’Elysée par la Fraternité Musulmane, de laquelle sourd justement une autre religiosité, devenue irrésistible avec la faillite du quinquennat précédent, au point de fausser l’élection présidentielle de 2022, dans le climat délétère « d’un Occident qui se termine ».

Soumission est un roman d’anticipation qui débute entre les deux tours de la présidentielle, et c’est la Fraternité Musulmane qui va affronter au deuxième tour le Front National, largement arrivé en tête après effondrement du binôme traditionnel formé par les deux partis dits de gouvernement, PS et UMP, qui assuraient jusque-là l’alternance politique.