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Les Chroniques

Merci et Meilleurs voeux !

Ecrit par Kamel Daoud , le Lundi, 05 Janvier 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Des remerciements suffiront-ils jamais ? J’ai une dette très grande aujourd’hui. Envers ceux qui ont placé de l’espoir en moi, qui m’ont soutenu face à de détestables adversités, qui se sont rassemblés dans des villes algériennes, qui ont écrit, plaidé, expliqué, défendu, protesté et réclamé la justice. Non pas que ma personne soit importante ou que je sois symbole ou leader ou figure, mais parce qu’il ne s’agissait pas de moi. Mais de nous tous, des autres, de nos enfants à venir.

Quel pays voulons-nous ? Voulons-nous un pays ?

Quand un homme appelle à la mort d’un Algérien sous prétexte d’un dogme mal compris, d’une religion prise en otage ou de Dieu, et que cela soit suivi de silence, soit qualifié de « simple préjudice », ou banalisé comme un fait divers, c’est qu’il y a un choix dangereux. On choisit alors, sans le vouloir ou parce qu’on ne l’a pas défendu, un pays, une démocratie, une république ; ou bien un califat, un émirat.

D’une guerre l’autre par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Samedi, 20 Décembre 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

 

Un jour de guerre vu des étoiles (récit), Ramón del Valle-Inclán, Gallimard Folio-Bilingue (n°186), février 2014, traduit de l’espagnol et annoté par François Géal et son atelier de traduction de l’É.N.S. (1), 216 pages (Illustr. couleur), 11,70 €

Les couleurs de la musique, D’une guerre à l’autre au temps du cinéma muet (récit) Anne Lauwers, L’Harmattan-Belgique (Illustr. de couverture Nell Boulet), avril 2014, 148 pages, 14 €

 

Un jour de guerre vu des étoiles, de Ramón del Valle-Inclán

 

« – Saleté de temps et saleté de guerre ! Quand donc cela finira-t-il ! – Ça n’en finira jamais ! », Ramón del Valle-Inclán

C’est un drôle de métier

Ecrit par Zone Critique , le Vendredi, 19 Décembre 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

« C’est un drôle de métier, disc-jockey. Entre le prêtre et la prostituée. Il faut tout donner à des gens qui ne vous rendront rien » (Vacances dans le coma, Frédéric Beigbeder). Il énerve les uns et émerveille les autres, agace ou séduit, et crée autour de sa personne une véritable bataille rangée entre les pour et les contre. Bref, il divise et ne laisse pas indifférent. Ce deuxième volet de notre série « Que vaut vraiment ? » nous permet de nous pencher sur le « cas Beigbeder » qui ne fait pas l’unanimité en tant qu’auteur, et de nous interroger sur son œuvre, son image et sa place en tant qu’écrivain dans la littérature contemporaine.

Beigbeder ne fait rien comme les autres. En effet, outre son métier d’écrivain, Beigbeder fut également chroniqueur pour plusieurs journaux people (Elle de 1995 à 1996, VSD de 1997 à 2002, Voici de 1997 à 2005, etc.), D.J., et animateur à la télévision. Touche à tout, Beigbeder balaye de la sorte l’ensemble des idées reçues sur l’écrivain selon lesquelles celui-ci ne se concentrerait que sur ses écrits et ne gaspillerait pas son temps avec des futilités mondaines. Le bonhomme ne s’inscrit pas dans cette filiation-là et revendique fièrement ses écarts people ainsi que son amour pour l’argent et la célébrité. Autant dire qu’il est en rupture avec l’image traditionnelle que l’on a de la littérature. Mais qui est donc cet énergumène qui hante tour à tour les plateaux de télévision et les salons littéraires ?

50 nuances de haine par Kamel Daoud

Ecrit par Kamel Daoud , le Jeudi, 18 Décembre 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED, Côté actualité

 

 

Notre ami Kamel DAOUD est visé par une Fatwa majeure, le menaçant de mort, par une mouvance salafiste algérienne. Nous exprimons ici notre indignation totale et nous demandons aux autorités algériennes de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de Kamel.

 

Question fascinante : d’où vient que certains se sentent menacés dans leur identité, dans leur conviction religieuse, dans leur conception de l’histoire et dans leur mémoire dès que quelqu’un pense autrement qu’eux ? La peur d’être dans l’erreur les poussant donc à imposer l’unanimité et combattre la différence ? De la fragilité des convictions intimes ? De la haine de soi qui passe par la haine de l’Autre ? De toute une histoire d’échecs, de frustrations, d’amour sans issue ? De la chute de Grenade ? De la colonisation ? Labyrinthe.

Chez Laurent Ruquier, mais dans ma tête - Kamel Daoud

Ecrit par Kamel Daoud , le Mardi, 16 Décembre 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Au matin Radio France, Paris. Question sur Camus, l'Algérie, le chroniqueur puis le temps de parole à un architecte belge, Vincent Callebaut, fascinant : utopiste de villes-flottantes et de villes verticales écolos. A Ecouter. Car dans la tête de l'algérien, la machine à comparer ne s'arrête jamais. Lui pense : Paris à « dé-musifier » (du mot musée), ville écologique auto-suffisante, verticalité anti-banlieues, portager-avenueetc, implanter la campagne au cœur de la ville. Concept du vivre-ensemble. « Et vous ? ». C'est plus complexe : le régime encourage, soutien et dépense pour le « vivre-chez-soi », pas pour le vivre ensemble. Le but est de reloger chacun dans un trou pas de creuser un pays dans le creux de la géographie ; le vivre-ensemble n'est pas un but national algérien. Cela a été dit dix mille fois. La ville est chez nous ennemie, elle est le signe de la blessure coloniale, le lieu de perdition et de négation, l'espace de la vengeance enfouie et secrète. Où ce situe le centre-ville quand l'histoire est refusée ? C'est le centre coloniale rebaptisée ou le centre effacé des cités dortoirs ? La stèle ou le forum ? Le logement tourne le dos au logement chez nous. Ou le contraire. A poursuivre. Cela faisait rêver, au matin gris de Paris, dans la froidure, sur cette ville future que permettait l'utopie de l'architecte.