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Les Chroniques

A propos de "Un pays à l'aube" de Dennis Lehane

Ecrit par Jérôme Diaz , le Samedi, 25 Avril 2015. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Un pays à l’aube, Dennis Lehane, Rivages Thriller, 2009, 759 pages

 

Entre Germinal et Il était une fois en Amérique

Faudrait peut-être que quelqu’un envisage de nous payer correctement, merde ! Qu’est-ce donc : des propos extraits d’un tract militant ? L’accroche d’une affiche pour une manifestation ? La dernière vitupération de quelque « responsable » politique ? Du tout. Ce cri est tout simplement poussé par l’un des personnages d’Un pays à l’aube (1) (The Given Day), magistral roman historique signé Dennis Lehane. En nous plongeant dans le vif des émeutes de 1918-1919 et la grève des policiers de Boston aux Etats-Unis, l’auteur-vedette de Mystic River, Gone Baby Gone, Shutter Island ou récemment Quand vient la nuit, remonte le temps pour plonger son lecteur dans un pan méconnu d’histoire. Et lui redonner vie.

La femme champagne

Ecrit par Zone Critique , le Vendredi, 24 Avril 2015. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

La cause littéraire vous présente aujourd'hui un nouvel article de son partenaire Zone Critique

 

Premier article de notre série « Que vaut vraiment ? » consacré aujourd’hui à Amélie Nothomb : Zone Critique se propose de revenir sur quelques écrivains controversés, adulés par certains et haïs par d’autres, afin de retracer la généalogie de leurs œuvres et d’en déterminer les fils directeurs. Amélie Nothomb inaugure cette série et nous donne ainsi l’occasion de revenir sur son dernier roman, Pétronille.

Avec une régularité à faire pâlir d’envie plus d’un éditeur, Amélie Nothomb publie un roman chaque année. La fin du mois d’août voit ainsi paraître le nouveau cru de cette auteure belge depuis 1992. Il va sans dire qu’un rythme aussi soutenu de publications ne lui vaut pas que des louanges et que cette manie en agace plus d’un. Ce modus operandi amuse surtout la plupart de ses lecteurs qui s’interrogent sur la saveur du dernier Amélie Nothomb, comme on pourrait se poser la question à propos du beaujolais nouveau.

Deux livres à peine lus : textes et prétextes par Kamel Daoud

Ecrit par Kamel Daoud , le Jeudi, 23 Avril 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Le pays des deux livres. L’un dicté par le ciel, l’autre dicté par une chaise. Celui du ciel est connu, dit, répété, psalmodié, mal compris, pas compris, imposé, détourné comme un avion, précipité sur les gratte-ciels ou les femmes ou les individus ou les libertés. Le livre du ciel ne sert pas, à certains, à éclairer le monde mais à le brûler, désormais.

Il suffit de regarder l’actualité : premier autodafé inversé de l’histoire : on use d’un livre pour brûler le monde, pas le contraire. Son premier mot est « Lis » depuis l’éternité prononcée. Parce que le désastre de l’analphabétisme semble être intemporel dans nos géographies : il fallait l’intervention d’un Dieu pour pousser les gens à lire !

Et cela semble n’avoir pas suffi quand on regarde Daech, El Qaïda, la campagne contre Benyounes ou le retour du FIS et la tenue du Sultan de l’AIS qui a avoué un meurtre à la télé sans faire bouger personne, sauf Ouyahia qui lui a servi du thé.

Le second livre, celui dicté par la chaise, est la Constitution. Femme violée, livrée, piétinée, semelle votée, loi fondée et dévergondée. A quoi cela sert une constitution dans les pays dits « arabes » ? A rire jaune puis à faire semblant de lire.

Comment devient-on un tueur pour la bonne Cause ?

Ecrit par Daniel Sibony , le Mercredi, 22 Avril 2015. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Beaucoup ont du mal à comprendre qu’un homme puisse tuer et se tuer pour une grande cause, une religion une idéologie. Pourtant le phénomène existe, mais leur résistance à le comprendre semble être leur façon de dire : nous n’avons avec cet homme aucun point commun, aucune identification. Voilà qui est peut-être à leur honneur, mais qui n’aide pas à y voir clair. On doit pouvoir identifier des choses avec lesquelles on n’a « rien à voir », a priori.

Donc, pour éclairer ce phénomène, partons de la pulsion de lien (1), qui fait qu’un homme a besoin de liens pour vivre, de liens qu’il considère comme vivants, qui lui épargnent la sensation pénible d’être seul au monde, et qui nourrissent son être au monde par le contact avec un groupe qui lui donne un peu de chaleur, de présence humaine. Cet homme peut donc rejoindre un groupe qui lui fournit de l’appartenance, qui peut même le mettre en scène et en valeur. Imaginons qu’il ait rejoint dans les années 50 un parti communiste. Il en reçoit, à tort ou à raison peu importe, le sentiment de lutter pour abolir l’injustice, l’exploitation, etc. Tout en jouissant du coude à coude fraternel avec ses camarades, il accède à ce qui distingue son groupe des autres, par exemple à la haine qu’il nourrit envers « l’ennemi de classe », les « agents du pouvoir », etc.

A propos de Géographie intérieure, Pierre Jourde

Ecrit par Didier Bazy , le Vendredi, 17 Avril 2015. , dans Les Chroniques, La Une CED

Géographie intérieure, Pierre Jourde, Grasset Coll. vingt-six, avril 2015, 285 pages, 19 €

 

Une attachée de presse de Grasset m’envoie un courriel me demandant mon adresse : Pierre Jourde souhaiterait m’adresser son dernier livre. Je me demande pourquoi. Et puis, à quoi bon se demander pourquoi. Merci à vous, vous qui ne me connaissez pas. J’aime bien les livres de Pierre Jourde. Comme beaucoup de gens. Je sais bien qu’il y a des polémiques. Avec Bidule, avec Machine. Surtout depuis l’excellente Littérature sans estomac qui a permis aux liseurs de ma génération d’être rassurés sur l’idée qu’ils se faisaient des livres, des faiseurs de bouquins et des écrivains honnêtes. Jourde est clivant. Il le sait. On le sait. On croyait que c’était une marque de fabrique. On croyait. Comme on croit au ciel.

Bing. Géographie intérieure propose des clivages et les dedans s’exposent, articulés par l’arbitraire de la commande d’une jolie collection. Voir le billet de François Bon ici http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4128