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Les Chroniques

Salon du Livre de Paris 2015, les assises de la culture

Ecrit par Julien Percheron , le Jeudi, 02 Avril 2015. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

C’est ce vendredi 20 mars, Porte de Versailles, que s’ouvrait la 35e édition du plus important événement littéraire de la capitale : le Salon du Livre de Paris. Avec près de 200.000 visiteurs chaque année, les organisateurs ont constaté une baisse de 10% par rapport à l’an passé. Dans une interview à Livres Hebdo, Bertrand Morisset, Commissaire du Salon du Livre, donne des explications. Selon lui, les élections départementales de dimanche ont empêché le déplacement, souvent important, des lecteurs de province. Il souligne également l’atmosphère assez lourde engendrée par les contrôles Vigipirate. Et malgré la grève de Radio France (30 h d’antenne consacrées au Salon supprimées), le Salon du Livre reste un succès, avec 180.000 visiteurs.

La programmation mettait à l’honneur les lettres brésiliennes, avec une délégation de 48 auteurs et de 50 éditeurs. Cycles de conférences, débats et ateliers se sont enchaînés pendant trois jours. Rendez-vous toujours incontournable pour les amoureux du livre et des idées, le Salon du Livre est également l’occasion de prendre la température de la culture et de l’état du monde de l’écriture.

« Dans la nuit »

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 02 Avril 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

« Dans la nuit »

Création radiophonique de Sauver la peau de David Léon, France-Culture, mardi 17 mars 2015, 23 heures

 

J’ai lu, j’ai vu au Théâtre Ouvert, Sauver la peau de David Léon ; ce soir, seule, au cœur de la nuit, dans la grande pièce de la maison, j’écoute son texte sur France-Culture, juste après l’entretien de Laure Adler et d’Olivier Rolin. Ce texte, je le reconnais, j’en connais des phrases et pourtant il me semble, à cet instant, dans sa totale désincarnation, mystérieux et renaissant. Il est peut-être aboutissement de lui-même : la radio est affaire de voix et ce sont des voix croisées qui font la matière de « Sauver ». Christophe Hocké, le réalisateur, laisse justement toutes ces voix (celle du frère de Mathieu, démissionnaire de son poste d’éducateur, celle des membres de la famille, des représentants de l’institution éducative et psychiatrique, des auteurs cités…) surgir du silence sans jamais les métamorphoser en personnages.

Thomas Kelly, le virtuose romancier des « bâtisseurs » de New York

, le Mercredi, 01 Avril 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

« Il y a là quelque chose de si vivant que le cœur de la ville semble près d’éclater de toute la douleur qui y est accumulée. Comme si la ville elle-même avait engendré toutes les complexités du cœur humain. Des veines et des artères […] bouillonnantes de sang. Des millions d’hommes et de femmes irriguant de ce sang les rues de la cité ».

Colum McCann, Les saisons de la nuit

 

« En découvrant des immeubles plus grands que tous ceux qu’il avait pu admirer à Memphis […], et aussi des rues grouillant de voitures et de passants, Luther se dit qu’un siècle au moins aurait dû être nécessaire pour bâtir un endroit pareil, sauf que ce pays n’avait décidément plus le temps d’attendre, plus la moindre envie ni d’ailleurs la moindre raison de patienter ».

Dennis Lehane, Un pays à l’aube

Une mystique sans Dieu, Jean-Claude Bologne

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 31 Mars 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Une mystique sans Dieu, Jean-Claude Bologne, Albin Michel, février 2015, 330 pages, 20,90 € (Essai)

 

Une lecture est une aventure personnelle, sinon « à quoi bon ? »

Michel Host

 

« … je n’entends pas récupérer sous l’étiquette d’une mystique sans Dieu les auteurs dont j’invoque le témoignage et dont je ne partage pas nécessairement les croyances : ils sont chrétiens, bouddhistes, théosophes, agnostiques, athées, mais ce qui m’intéresse en eux, c’est l’instant où ils n’étaient que traversée du néant… »

Jean-Claude Bologne, Avertissement

Dans la salle d’attente, l’Algérien est totalement nu (Kamel Daoud)

Ecrit par Kamel Daoud , le Jeudi, 26 Mars 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Salle d’attente algérienne. Espace clos sur la nation, cosmos assis sur une chaise. C’est là où l’Algérien est nu et inquiet. Pas d’histoire nationale pour l’habiller, pas de mosquées pour le cacher à lui-même, pas de rue à regarder, d’occupation, de faux-fuyants, de tasses de café pour lire le passé et rien qui annule le temps comme le font la cigarette, la télévision, le journal ou le commérage. Rien.

Sauf l’homme, nu ; et le temps, nu avec le poitrail du ciel. Deux déserts qui se rencontrent et qui se mettent à l’infini. Premier constat : c’est terrible ; on regarde ses chaussures comme s’il s’agissait d’une rivière. Puis on parle à son voisin qui sort le sac de nos clichés et supplications aux cieux. Puis on écoute un mur ne rien dire. Puis on il feuillette des journaux morts.

Le pire des salles d’attentes en Algérie sont trois. La première est celle des médecins : peu entretenue, parfois sale. Parfois spartiate comme une caserne enclavée. On ne comprend pas pourquoi des médecins ne se permettent pas des salles d’attentes confortables pour leurs patients ; du banc dur, des revues vieilles et offertes par des délégués médicaux, des chaises mortes et des assistantes laides qui ressemblent à la médecine gratuite.