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Les Chroniques

La Garçonnière, Hélène Grémillon

Ecrit par Pauline Fouillet , le Jeudi, 19 Mars 2015. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

J’ai découvert Hélène Grémillon avec ce roman, qui est en fait son second. Comme souvent lorsque je choisis un livre, je tente d’imaginer à travers le titre et la couverture de quoi il peut s’agir. Or, si l’on s’en fie au Robert, une garçonnière est soit une fille aux allures de garçon, soit un petit appartement de célibataire servant de lieu de rendez-vous amoureux.

Je pense donc entrer dans une histoire d’amour, d’autant que la couverture représente une femme dans les bras d’un homme, sans doute dansant le tango. Surprise ! Rien de tout cela ! En réalité, nous sommes face à une enquête policière, loin du polar traditionnel…

En l’espèce, une femme est retrouvée morte, défenestrée. De suite, tous les soupçons se portent sur le mari, Vittorio Puig, psychanalyste de son état. Seulement, si tout l’accuse, une de ses patientes, Eva Maria, ne peut se résigner à l’accepter. Elle va donc mener elle-même l’enquête pour prouver son innocence.

Contre les « caricatures » et pas contre Daech ?

Ecrit par Kamel Daoud , le Mardi, 17 Mars 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED, Côté actualité

 

Qui a vu la vidéo du pilote jordanien brûlé vif dans une cage ? Peu. Beaucoup. A peine quelques secondes. Intolérables images. A quelle limite va s’arrêter l’horreur voulue et élaborée de Daech ? Mais l’autre question est : pourquoi tant de gens se mobilisent quand l’Occident est accusé de porter atteinte à l’islam et que l’on ne fait rien contre Daech qui massacre cette religion, son sens, les siens et son sang ?

Pourquoi « je suis Charlie » semble plus choquant pour certains que la vidéo de ce pilote brûlé vif ? Pourquoi on pense que l’Occident menace l’islam et les musulmans plus que ces monstres avec leur drapeau noir et leurs méthodes de barbares ? Pourquoi une caricature semble porter atteinte à l’islam aux yeux de certains et pas un « Savant » pédophile en Arabie Saoudite, un vendeur d’esclaves femmes kurdes chez Daech ou un revendeur d’écolières à 20 dollars au profit de Boko harem ?

On connaît tous la réponse du côté Sud du turban : l’occident est un complexe dans nos âmes et sa haine explique nos replis et masque nos lâchetés. Ce n’est pas l’islam qu’il s’agit de défendre pour beaucoup d’entre nous, mais nos détestations et nos infériorités. Sinon, rien n’explique pourquoi vendre des fillettes par Boko harem provoque moins d’émeutes, de manifestations et d’hystérie que des caricatures ou qu’un pasteur américain fou qui brûle une page du Coran.

Marjolijn van Heemstra

Ecrit par Sjoerd van Hoorn , le Jeudi, 12 Mars 2015. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

The Dutch poet Marjolijn van Heemstra concerns herself with change. Her latest collection Meer hoef dan voet (Hoof rather than foot) explores deep change, geological time and the ways in which it makes itself felt for us. Van Heemstra’s theme is the troubled unity of all life. Her work goes into the deep layers of our being. Van Heemstra takes the marrow in our bones and shows us the mineral sediments we are made of. Marjolijn van Heemstra’s imagination contains the troubled existence of her ill neighbour and the moot existence of God. In her first collection Als Mozes had doorgevraagd (If Moses had kept asking questions) one finds the lines, referring to the God of Abraham and Moses :

 

As long as you do not open up I keep

my feet on the ground, my arms around the child.

You won’t fib me off with a bramble-bush

or an ‘I am who I am’, a tiny flame or a thundering voice.

Polar algérien vous avez dit ?

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 11 Mars 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Nous sommes une société où on parle beaucoup et de tout, sans tradition de l’écrit. Pas de trace. Sommes-nous encore dans les temps de l’oralité ? Nous avons toutes les sauces pour en faire le roman noir, mais nous n’avons pas d’écrivains de polar ! Nous vivons dans une société violente. Toutes les violences imaginables et inimaginables ; dans les langues, dans les gesticules, et même sur les traits des visages… font le quotidien des Algériens.

L’Algérien ne sait pas comment sourire !

Nous disposons de beaucoup de policiers, des centaines de milliers, tous genres de policiers, ceux en tenue officielle et ceux qui sont sans tenue officielle !! Tous grades. Toutes appellations possibles, et nous n’avons pas d’écrivains de polar ! Yasmina Khadra, tu me dis, une hirondelle ne fait pas le printemps. Et sa trilogie du commissaire Llob ne couvre pas tout ce paysage absurde.

Nous avons la corruption, tous genres de corruptions, économique, politique scientifique et culturelle. Nous avons des prisons remplies, surchargées. Toutes les couleurs de crimes. Du crime d’honneur jusqu’au crime de religion. Et nous n’avons pas d’écrivains de polar capables de dénicher les abeilles et les mouches, les éléphants et les singes !

Allah est Grand, l’Arabie est très petite, Michelle est belle

Ecrit par Kamel Daoud , le Mardi, 10 Mars 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Cheveux contre Royaume. Titre d’un poème possible ou déjà épuisé. Ou de l’actualité. A l’enterrement d’un autre Roi d’Arabie, il y a eu le monde et le monde entier. Entre autres, Michelle Obama et son époux. Moment d’interrogations protocolaires, ira-elle cheveux nus ou voilée ? La première dame du monde a opté pour les cheveux nus, face à des monarques aux cheveux cachés et aux femmes enterrées. Le message était direct car, en Indonésie, la dame avait pris soin de se couvrir la tête. Donc il s’agissait d’un message et pas seulement d’une coiffure.

Il s’agissait de rappeler que dans ce Royaume qui s’est accaparé la Mecque, l’Islam et le lever de soleil, les femmes étaient voilées, cachées, enterrées, frappées, interdites de conduire, de décider, de se promener dans l’univers seules, de voyages (sauf accompagnées ou avec un bracelet électronique comme du bétail tatoué). Sur le net, certains amateurs du déni ont insisté pour présenter le nouveau roi comme un héros musulman (il abandonne le couple américain pour aller faire sa prière) cela ne change rien : Michelle Obama est venue tête nue, a été reçue, on n’a pas osé la voiler comme on ose avec les Saoudiennes que l’on met dans les sachets noirs, on lui a souri, elle a dit et rappelé que ce pays est absurde, tue, condamne la fabrication des bonhommes de neige, lapide, décapite en plein rue.