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Les Chroniques

Editorial : De la chose à La Cause Littéraire

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 20 Avril 2016. , dans Les Chroniques, Editoriaux, La Une CED

 

Depuis le XIXème siècle, et l’avènement de l’ère des grands médias écrits, la littérature possède simultanément deux vies : la sienne propre, celle qui se nourrit et croît de l’esprit, de l’âme et du sang des poètes, des écrivains. Et celle que lui (re)donnent tous ceux qui écrivent et glosent sur elle : analystes, critiques, professeurs, medias… Ce sont bien deux vies séparées, entrant parfois même en collision, à l’occasion violente. Pour illustrer le propos d’un exemple célèbre : Charles Baudelaire et « Les Fleurs du Mal ».

Posé comme un miracle, un petit recueil de poèmes, quintessence de la poésie française, concentré absolu de musicalité « tricotée » avec le sens. En face de ce moment inouï et fondateur de la littérature française d’aujourd’hui, un article, publié dans « Le Figaro » le 5 juillet 1857, signé d’une plume peu connue à l’époque et reléguée au fin fond des oubliettes depuis, Gustave Bourdin, claironne : « Il y a des moments où l’on doute de l’état mental de M. Baudelaire, il y en a où l’on n’en doute plus (…) c’est, la plupart du temps, la répétition monotone et préméditée des mêmes choses, des mêmes pensées. L’odieux y côtoie l’ignoble ; le repoussant s’y allie à l’infect… » La messe est dite. Cet article imbécile et assassin va fixer l’opinion dominante de l’époque : Baudelaire devient un poète « maudit ». On connaît la suite : le procès, la condamnation, les pièces interdites jusqu’en…1949, soit presqu’un siècle plus tard.

Le printemps des poètes chez Gallimard jeunesse

Ecrit par Ivanne Rialland , le Mardi, 19 Avril 2016. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Pef, Farces et Attrapoèmes (1989), mis en couleurs par Geneviève Ferrier, Gallimard jeunesse, mars 2016, 48 pages, 13,50 €

Mon imagier de la poésie, illustré par Olivier Latyk, Gallimard jeunesse, coll. Éveil musical, mars 2016, 36 pages cartonnées + 1 CD, 16 €

 

À l’occasion du printemps des poètes, Gallimard jeunesse propose deux recueils fort séduisants aux tout jeunes amateurs de poésie.

Mon imagier de la poésie est accessible aux plus jeunes, dès deux ans. Les images vives et colorées d’Olivier Latyk accompagnent un choix de poèmes, incluant deux fables de La Fontaine et des textes de Verlaine, Prévert, Hugo, Apollinaire, Maurice Carême, Paul Fort et Desnos. Les textes, très connus, rappelleront à beaucoup leurs années de maternelle et de primaire et leur donneront le plaisir de lire ces poèmes aimés à leurs enfants.

A propos de "Le spectre de Thomas Bernhard" de Cyril Huot

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Lundi, 18 Avril 2016. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Le spectre de Thomas Bernhard, Cyril Huot, éd. Tinbad, février 2016, 217 pages, 20 €

 

Préambule :

À l’entrée de la lecture de ce deuxième livre de Cyril Huot, le lecteur pourra se poser la question de savoir s’il est nécessaire d’avoir lu et de connaître l’œuvre de Thomas Bernhard pour lire cet opus Le spectre de Thomas Bernhard, quatrième publication des éditions Tinbad.

Après avoir pris connaissance du communiqué de presse et de la quatrième de couverture, le lecteur pourra effectuer au préalable quelques recoupements :

Le spectre de Thomas Bernhard lui parlera des enjeux de l’écriture, comme ces enjeux sont interrogés et sans cesse mis en question dans l’œuvre de T. Bernhard.

Quatre livres de La Boucherie littéraire

Ecrit par Philippe Chauché , le Mardi, 12 Avril 2016. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Ecrits sans papiers, Pour la route entre Marrakech et Marseille, Mireille Disdero

Maison, Poésies domestiques, Emmanuel Campo

On ne connaît jamais la distance exacte entre soi et la rive, Hélène Dassavray

Lame de fond, Marlène Tissot

 

Ecrits sans papiers

« Le sud lie ton corps au soleil / et la lumière en voyage / vient boire dans ta main ».

« La lumière est perturbée par le vent. On sent que quelque chose existe. C’est humble, ça ne s’impose pas. Le vent. Le soleil ».

« Et dans le ciel orange, deux gabians puis un avion au ventre blanc, tracent un trait de lumière sur ta mémoire pour plus tard ».

Carnets d’un fou / XXXVII Février 2016, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Lundi, 11 Avril 2016. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Hier, un songe, et demain, la poussière !

Rien, peu avant, et peu après, fumée !

Et je vis d’ambitions, et me complais,

À peine un point du cercle qui m’enserre !

Francisco de Quevedo, De la brièveté même de la vie, sans qu’on y prenne garde, et dans le malheur, assaillie par la mort.

 

# J’ai cueilli, dans mon grenier à citations, quelques mots de Francisco de Quevedo, l’ennemi intime de Luis de Góngora, qu’il haïssait pour son « cultisme » et jalousait, selon moi, parce que lui, Quevedo, n’avait pas réussi à renverser la table poétique classique, à donner naissance à une poésie différente de tout ce qui l’avait précédée. Avait-il d’ailleurs jamais eu cette ambition ?