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Les Chroniques

D’Images et de bulles (10) - Mon cousin dans la mort, François Duprat

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 26 Septembre 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Mon cousin dans la mort, François Duprat, La Boîte à bulles, mai 2014, 64 pages, 13,50 €

 

François Duprat nous propose une histoire de gamins dans un village des années 60, rejouant avec innocence et cruauté celles des adultes perdus dans leurs deuils, leurs errances et leurs frustrations.

Lors de l’enterrement de son grand-père, Lucien découvre que Lili, une gamine du village, parle à une Madame Henriette, locataire pour l’éternité d’une tombe voisine. C’est le seul refuge pour Lili qui tente de survivre entre les crises de violence de son père alcoolique et les brimades subies à l’école. La prenant pour une folle au premier abord, Lucien va rapidement se laisser convaincre que la petite communique avec les défunts par l’intermédiaire de Madame Henriette qui est en quelque sorte « la concierge du cimetière ».

Le Scalp en feu – VIII par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Lundi, 22 Septembre 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

« Poésie Ô lapsus », Robert Desnos

 

Le Scalp en feu est une chronique irrégulière et intermittente dont le seul sujet, en raison du manque et de l’urgence, est la poésie. Elle ouvre un nombre indéterminé de fenêtres de tir sur le poète et son poème. Selon le temps, l’humeur, les nécessités de l’instant ou du jour, ces fenêtres changeront de forme et de format, mais leur auteur, un cynique sans scrupules, s’engage à ne pas dépasser les dix à douze pages pour l’ensemble de l’édifice.

Lecteur, ne sois sûr de rien, sinon de ce que le petit bonhomme, là-haut, ne lèvera jamais son chapeau à ton passage car, fraîchement scalpé, il craint les courants d’air.

Enfin, Le Scalp en feu est désormais publié simultanément, ou successivement, le hasard décidant de ces choses, sur les sites de Recours au poème et de La Cause littéraire.

Hommage à Herbert R. Lottman, Historien par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 16 Septembre 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Il était historien, certes, et renommé dans sa spécialité. Cela suffirait pour qu’on lui rende hommage, mais pourquoi dans La Cause Littéraire qui, pour ne pas manquer d’intérêt pour l’histoire, vise d’abord la littérature ? Qu’il ait été un ami serait une autre bonne raison, mais tous nos amis devraient alors, quand ils disparaissent, bénéficier de nos mots d’adieu. Ce qui fait la différence, ce sont ici deux caractéristiques de l’amitié qui était la sienne : Herbert Lottman était l’ami des écrivains et ses armes dans l’existence étaient une vérité et un sourire qui n’avaient pas d’équivalents. Je m’en explique ci-dessous.

Né à New York en 1927, lauréat de la bourse Fullbright, venu en France sur ses 22 ans, il y revint pour y rester définitivement à partir de 1956. Amoureux de ce pays, de sa culture, de ses paysages et de son histoire, il y établira son existence entière et y publiera la presque totalité de ses livres, dont on trouvera une liste en note finale. Ses études étaient pour l’essentiel consacrées à l’histoire et à la littérature française du XXe siècle. Ses biographies d’écrivains ont suscité l’admiration.

D’Images et de bulles (9) Le Petit Loup rouge, Amélie Fléchais

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 12 Septembre 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Le Petit Loup rouge, Amélie Fléchais, Ankama, juin 2014, 80 pages, 15,90 €

 

Entre album pour enfants et roman graphique, Amélie Fléchais revisite l’un des contes les plus célèbres du sieur Perrault, en en offrant une variante sombre et stimulante, desservie par un graphisme riche et enchanteur. Lorsque la bête n’est pas celle que l’on croit…

Le petit chaperon est devenu un louveteau, au profil gracieux, la tête recouverte par une capuche dessinant ses oreilles. À la demande de sa mère, le voilà parti à travers la forêt pour apporter à sa grand-mère, devenue trop vieille pour chasser, un gros et gras lapin. Sa mère la louve lui recommande d’éviter la forêt de bois morts où vivent un chasseur et sa fille, « vils, cruels, qui détestent les loups ». Le Petit Loup rouge promet d’écouter sa mère.

L'énigme des feux d'artifice sans fête

Ecrit par Kamel Daoud , le Lundi, 08 Septembre 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Nuits algériennes. La mode des jours est les feux d'artifice. A Oran, à Alger, ailleurs. Sans raison. Des bruits de pétarades, suivis de grosses fleurs de lumières colorées et mourant joliment. Cela explose partout depuis des jours. Etrangement. Sans raison. Signe de ce calendrier national désordonné : il n'y a rien à fêter, pas de dates, rien et pourtant il y a des feux d'artifice. Pourquoi ? s'étonnera l'étranger habitué au faste lors du rite ou de la célébration. Parce que. La rumeur dit qu'il s'agit d'articles saisis à l'importation puis revendus. Inutilement. D'autres bruits parlent d'un homme d'affaires devenu Khalifa qui les distribue gratuitement. En gros, c'est vrai, c'est faux. C'est tout aussi inexplicable que le feu d'artifice. Question fascinante : pourquoi des Algériens lancent des pétards et des feux alors qu'il n'y a pas de fête ? Scène d'un peuple qui s'ennuie, hors du temps et de ses dates. Sans bornes ni limiteur de vitesse. Cela ne se voit nulle part dans le reste du monde qui a des horloges. Face au temps on est unique, et seul. La raison ? L'ennui. La nuit algérienne avait été tuée par la guerre des années 90. Elle est tombée dans le domaine du désert. Hors du champ du regard et de l'Etat. C'est l'espace du hurlement, du gyrophare, de la ronde, de l'interdit et du sans toit. 
La guerre est finie, son couvre-feu est resté.