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Les Chroniques

Carnets d'un fou - XXIII

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 16 Janvier 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité

 

N’est-ce pas d’ailleurs ce qui nous fascine tant chez les chats : cette impression qu’ils donnent de si parfaitement maîtriser le Temps ?

Denis Grozdanovitch, Petit traité de désinvolture

 

Ces Carnets d’un fou sont un tissu d’observations et de réflexions. Tissu déchiré parfois, car enfoui dans le sépulcre de l’impubliable : deux éditeurs, craintifs, ont fait marche arrière tant les timides et rares audaces qu’il enveloppe leur ont paru devoir contrarier leur bonne réputation, leur chiffre de vente et leur belle complicité avec la chronique littéraire parisienne. Seule une publication en revue est donc accessible à ces notations. La Cause littéraire, après La Vie littéraire, les accueille à son tour : qu’elles en soient remerciées. Ravaudages et reprises, donc ! Mis sur le métier en 1999, on y verra défiler des « vues » d’un passé de quelques années auxquelles, ici ou là, des commentaires touchant à notre proche actualité fourniront d’autres perspectives. Nous attendons monts et merveilles de ces travaux d’aiguille. – Michel HOST

Le Boulier cosmique, Jean Maison. La Difficulté métaphysique du poème

Ecrit par Didier Ayres , le Vendredi, 10 Janvier 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Le Boulier cosmique, Jean Maison, éd. Ad Solem, septembre 2013, 96 pages, 19 €

 

La Traversée de Philadelphie

ou

La Difficulté métaphysique du poème


J’étais curieux de lire à nouveau la poésie de Jean Maison, car j’avais abandonné sa compagnie depuis son dernier livre chez l’éditeur Rougerie, et le beau travail des éditions Ad Solem, avec un livre qui avait été l’objet d’une illustration de Yasmina Mahdi pour un tirage limité. Et singulièrement, c’est à une sorte de voyage que convie l’ouvrage. D’ailleurs, son titre est peut-être un peu trompeur car il y a plus de chair et de présence physique que dans un boulier, et surtout cosmique.

Des livres en fête !

Ecrit par Stéphane Chemin , le Mardi, 07 Janvier 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

Pas un, ni deux, ni trois ! Ce sont quatre livres en fête qui vous donnent rendez-vous. La page 2013 se tourne, vive celle encore blanche de 2014 et les belles lignes qu’elle va nous permettre d’écrire tous, un livre à la main… Au programme : du Picasso, de la peinture flamande mâtinée de spiritualité chinoise, la biographie d’un grand explorateur par le plus psychologue des auteurs autrichiens, et un tour du monde luxueux. Suivez le guide !

 

Picasso, portrait intime

Pour démarrer cette sélection de beaux livres qui méritent tous d’entrer dans votre bibliothèque avant la fin de la semaine, voici une énième biographie du peintre le plus commenté de l’ère moderne. Avec Picasso, portrait intime (parution Arte Editions/Albin Michel), secrets, mensonges et merveilles restent en famille. L’auteur n’est autre qu’Olivier Widmaier Picasso, petit-fils de Pablo et fils de Maya (pas l’abeille, le fruit des amours de Picasso et Marie-Thérèse Walter). Avec une telle proximité d’intérêt, la question de l’objectivité de l’ouvrage se pose forcément. Dès le livre ouvert, celle-ci devient moins pertinente et, les premières pages avalées, s’envole carrément. Est-ce cette fameuse proximité par le sang d’Olivier Widmaier, ou bien la distance évidente d’avec son grand-père, mais le charme agit.

A propos de " La mort de Jean-Marc Roberts " de Jean-Marc Parisis

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 20 Décembre 2013. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Tiens, me dis-je, un petit livre sur Jean-Marc Roberts par un autre Jean-Marc, dont je ne sais rien. Il est là devant mes yeux, sur la table d'une librairie parisienne où un ou deux exemplaires de chaque nouveauté est sur le champ soldé. Livres offerts, services de presse trop vite lus, vite oubliés, détestés, délestés, que sais-je ? Je me souviens d'avoir ainsi acquis l'an passé, trois ou quatre livres dédicacés par leurs auteurs, des envois comme l'on dit, envois revendus à bas prix sans laisser d'adresse en quelque sorte. Sur le boulevard, j'ai glissé le livre dans la poche intérieure de ma veste, l'ouvrant, le refermant, le laissant faire son nid durant les deux jours de ce séjour Capital. Alors lisons :

 

" Beaucoup de ses livres pouvaient se lire comme des lettres tardives, retenues, à des enfants, des femmes, des amis, des lecteurs. Façon de réapparaître, de refaire l'histoire en un clin d'œil, de ressortir l'un de ses tours que les autres n'auraient pas compris, qui leur avait échappé. "

Alcools, pour s’étourdir au quotidien

Ecrit par Jean Bogdelin , le Mercredi, 18 Décembre 2013. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Je suis ivre d’avoir bu tout l’univers, écrit Apollinaire à la fin du recueil Alcools. Jamais recueil de poésie ne s’était présenté sous un titre aussi explicite, mêlant sincérité et provocation.

En le feuilletant en librairie, nombre d’amateurs de l’époque devaient se rassurer devant cet alexandrin qui ouvre le premier poème :

A la fin tu es las de ce monde ancien

Sauf que ce n’en est pas un, à moins de compter trois syllabes à ancien. C’est un test, car dans cette perspective, ils s’étaient en effet placés dans le monde ancien, pour avoir inconsciemment opéré une diérèse devenue déjà depuis bien longtemps archaïque. A la fin du recueil, ils pourraient de la même façon pratiquer l’opération inverse, c’est-à-dire une synérèse, afin d’admettre, au rang d’alexandrin parmi les autres, le vers suivant :

Ecoutez mes chants d’universelle ivrognerie