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Les Chroniques

Souffles - Pourquoi les salafistes algériens ont marché sur Alger ?

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 25 Mars 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED, Côté actualité

 

Parce que l’islam d’aujourd’hui a été vidé de toutes cultures universelles, le musulman, le bon croyant, à son tour, s’est trouvé conditionné, automate. C’est triste mais c’est la réalité amère. Pourquoi est-ce que les salafistes algériens sont-ils sortis coléreux et en force, cette semaine, dans les rues d’Alger ?

Serait-ce pour dénoncer les injustices sociales ? Non.

Pour réclamer l’augmentation des salaires ? Mais non !

Pour dire non à l’exploitation du gaz de schiste ? Pas du tout.

Pour dénoncer la mauvaise et louche distribution des logements sociaux ? Ceci n’est pas important à leurs yeux.

Pour dénoncer la corruption qui gangrène l’économie algérienne ? Ceci, à leurs yeux, relève d’el-mektoub, du Ciel.

Philosophie et exégèse, Bernard Grasset

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 23 Mars 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Philosophie et exégèse, Bernard Grasset, éd. Ovadia, coll. Chemins de pensée, juin 2014, 256 pages, 22 €

 

Une métaphysique de la présence

Quelles sont les valeurs fondamentales de l’humanisme de l’Occident ? Est-il d’ailleurs encore utile de redire en quoi elles sont au croisement de la philosophie grecque, du christianisme, des acquis du Siècle des Lumières et peut-être encore, de la rencontre des nouvelles acquisitions du savoir de la phénoménologie ? En tout cas, le livre de Bernard Grasset abonde dans le sens de cet humanisme, depuis les textes sacrés, en passant par la patristique pour aller côtoyer la peinture ou la poésie contemporaines. C’est donc une entreprise ambitieuse qui s’articule sur un concept nouveau, que l’auteur nomme la philexégèse, et qui décline divers sujets à la lumière d’une réunion heureuse de la philosophie et de l’exégèse.

Carnets d’un fou - XXV

Ecrit par Michel Host , le Samedi, 21 Mars 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

(Pour la nouvelle présentation de ces « Carnets », lire ICI)

 

Carnet de février 2015

 

« Ne t’occupe pas de la femme, c’est de l’eau versée sur le sable ».

Proverbe confucéen (cueilli au vol sur une radio périphérique)

 

# Une idée de M. Macron, ministre de l’économie chez M. Hollande : autoriser officiellement les employés des postes à décerner les permis de conduire. Lesdits employés prétendent, sans doute mensongèrement, qu’ils ont bien assez de leurs tâches ordinaires. Pour cette tâche, je proposerais donc à M. Macron d’engager chaque matin, aux heures où elles ne travaillent pas, les dames du Moulin Rouge et du Crazy Horse Saloon. Cela fluidifierait le trafic.

Le 1er/2/2015

La Garçonnière, Hélène Grémillon

, le Jeudi, 19 Mars 2015. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

J’ai découvert Hélène Grémillon avec ce roman, qui est en fait son second. Comme souvent lorsque je choisis un livre, je tente d’imaginer à travers le titre et la couverture de quoi il peut s’agir. Or, si l’on s’en fie au Robert, une garçonnière est soit une fille aux allures de garçon, soit un petit appartement de célibataire servant de lieu de rendez-vous amoureux.

Je pense donc entrer dans une histoire d’amour, d’autant que la couverture représente une femme dans les bras d’un homme, sans doute dansant le tango. Surprise ! Rien de tout cela ! En réalité, nous sommes face à une enquête policière, loin du polar traditionnel…

En l’espèce, une femme est retrouvée morte, défenestrée. De suite, tous les soupçons se portent sur le mari, Vittorio Puig, psychanalyste de son état. Seulement, si tout l’accuse, une de ses patientes, Eva Maria, ne peut se résigner à l’accepter. Elle va donc mener elle-même l’enquête pour prouver son innocence.

Contre les « caricatures » et pas contre Daech ?

Ecrit par Kamel Daoud , le Mardi, 17 Mars 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED, Côté actualité

 

Qui a vu la vidéo du pilote jordanien brûlé vif dans une cage ? Peu. Beaucoup. A peine quelques secondes. Intolérables images. A quelle limite va s’arrêter l’horreur voulue et élaborée de Daech ? Mais l’autre question est : pourquoi tant de gens se mobilisent quand l’Occident est accusé de porter atteinte à l’islam et que l’on ne fait rien contre Daech qui massacre cette religion, son sens, les siens et son sang ?

Pourquoi « je suis Charlie » semble plus choquant pour certains que la vidéo de ce pilote brûlé vif ? Pourquoi on pense que l’Occident menace l’islam et les musulmans plus que ces monstres avec leur drapeau noir et leurs méthodes de barbares ? Pourquoi une caricature semble porter atteinte à l’islam aux yeux de certains et pas un « Savant » pédophile en Arabie Saoudite, un vendeur d’esclaves femmes kurdes chez Daech ou un revendeur d’écolières à 20 dollars au profit de Boko harem ?

On connaît tous la réponse du côté Sud du turban : l’occident est un complexe dans nos âmes et sa haine explique nos replis et masque nos lâchetés. Ce n’est pas l’islam qu’il s’agit de défendre pour beaucoup d’entre nous, mais nos détestations et nos infériorités. Sinon, rien n’explique pourquoi vendre des fillettes par Boko harem provoque moins d’émeutes, de manifestations et d’hystérie que des caricatures ou qu’un pasteur américain fou qui brûle une page du Coran.