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Les Chroniques

La cause buissonnière (11) : Allô docteur Ludo, comédie médicale

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 27 Mars 2013. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Allô docteur Ludo, écrit, composé et chanté par olive et moi, raconté par François Morel et illustré par Arnaud Boutin, Actes Sud Junior/tôt Ou tard, novembre 2012, 48 pages, 19,80 €

 

Difficile de rester objective devant les créations d’olive et moi à qui était déjà consacrée pour partie la Cause buissonnière « Drôles de zoos »*. Ce drôle de bonhomme écrit, compose et chante de délirants contes musicaux, des zopéras rock pour enfants, de haute voltige. Du grand art enfantesque. Dans ce troisième opus, il se consacre à une « comédie médicale » illustrée par le talentueux Arnaud Boutin et racontée par son complice François Morel dont on ne saurait saluer trop bas les multiples talents. Or, ici, il donne la pleine mesure de sa voix protéiforme jusqu’à nous faire peur dans la peau du Médiataure…

Mais commençons par le commencement : le docteur Ludo est un « doudoutologue » (diplômé en Bobologie de la Diafoirus Académie), il soigne les doudous malades, les jouets cassés, les poupées qui craquent et… de ce fait, indirectement, les maux des enfants… Mais n’allons pas trop vite.

L'architecture et le langage

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 15 Mars 2013. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

 

ces rêves en instance d’être des rêves

 

J’ai rencontré il y a peu un architecte très célèbre.

Que j’admire depuis de nombreuses années.

Dans sa cuisine.

Nous avons peu parlé.

Son café était excellent.

Nos écrivains ont peur d'écrire leurs autobiographies

Ecrit par Amin Zaoui , le Jeudi, 07 Mars 2013. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Souffles

 

Pourquoi est-ce que les écrivains algériens, maghrébins et arabes n’ont pas le courage d’écrire leurs autobiographies ? Pourquoi n’osent-ils pas écrire leurs miroirs ? N’osent-ils pas se regarder en face, fouiller dans la mémoire sans la trahir ? Ecrire son autobiographie, une autobiographie digne de cette appellation, exige un risque intellectuel et culturel exceptionnel.

Dans notre culture marquée par le poids du communautaire où l’auto, le moi, le un, l’individu ou l’individuel est banni ou mal-vu, l’écriture de l’autobiographie devient un défi ! Une provocation ! Y-a-t-il parmi ceux qui se prétendent écrivains et producteurs de sens et de la beauté quelqu’un qui a osé commettre un livre à l’image des confessions de Jean-Jacques Rousseau ? Pourquoi est-ce que les maîtres de la littérature maghrébine et arabe n’ont pas écrit leurs autobiographies ? Ni Moufdi Zakariya, ni Mohamed Dib, ni Kateb Yacine, ni Malek Haddad, ni Abdelhamid Benhadouga, ni Mouloud Mammeri, ni Mouloud Feraoun… aucun d’eux ne s’est aventuré dans les chemins labyrinthiques de son autobiographie.

La mère Michel a lu (15) - La poésie en prose au XXème siècle

Ecrit par Michel Host , le Mercredi, 27 Février 2013. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

« La Mère Michel n’a jamais perdu son chat. Elle le tient attaché, ne le lâche pas de l’œil. Le félin est un livre, il n’a pas d’âge. D’hier, d’aujourd’hui, de toujours, il miaule derrière la porte ».

 

Les entretiens de la Fondation des Treilles

Les Cahiers de la NRF / Gallimard (1)

 

Ouvrage publié en décembre 2012

Textes réunis par Peter Schnyder

Avant-propos de Peter Schnyder

500 pp. / 24,90 €

La mer de tous les choix

Ecrit par Kamel Daoud , le Mardi, 12 Février 2013. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Mère, à force d’écouter Renaud j’ai fini par faire comme lui. J’ai pris la mer la nuit du doute. On était six à embarquer sur une coquille d’œuf et personne n’avait confiance en ce radeau de la méduse. Mais avait-on le choix mère ? Mohamed était le capitaine de la traversée et c’était à lui, après Dieu et ses prophètes, que nous avons confié nos vies. Il possédait la science de la mer d’après ce que nous ont dit les vétérans de la harga. Il y avait également Aïssa, un intello portant des lunettes et la haine du monde. Ses binocles étaient plus pour supporter sa myopie qu’un signe extérieur d’intelligence. A ses côtés, Youcef le chômeur. Lui, c’était une force de la nature, tout dans les bras et rien dans le pois chiche. Son sourire enfantin était un réconfort pour les blessures de la vie, mais il ne se rendait pas compte du monde qui l’entourait. Aïssa l’intello, qui semblait bien le connaître, dira de lui qu’il est l’enfant du ciel et que Dieu avait refermé son livre parce qu’il était innocence. Yahia était le plus âgé des passagers et sa barbe grisonnante trahissait le poids des ans. Il ne parlait pas du tout et quand j’y repense, je ne l’ai pas entendu articuler une seule syllabe depuis notre rencontre sur le sable mouillé de la plage d’où nous avions pris le départ. Egalement à bord de l’aventure, Ibrahim le sage. Un saint homme avec au front la marque de la dévotion. Son regard avait le don d’apaiser les consciences et de réconforter les âmes tourmentées.