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Les Chroniques

La collectionneuse d'Eric Rohmer

Ecrit par Sophie Galabru , le Vendredi, 14 Juin 2013. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Ce film d’Eric Rohmer est le quatrième des six contes moraux. La Collectionneuse aborde autant de thèmes que celui de la beauté et de la peinture, de l’activité et de la paresse, autour d’un trio de forces où s’illustrent les problématiques de la pureté et de la collection, du désir et du nihilisme. Adrien, jeune mondain antiquaire désargenté laisse sa maîtresse mannequin Mijanou partir faire des photos à Londres et s’installe pour l’été dans une villa isolée des environs de Saint-Tropez, appartenant à son ami Rodolphe. Il partage la demeure avec un intellectuel artiste et nihiliste, Daniel, son maître à penser. Haydée, une séduisante jeune fille, elle aussi invitée par Rodolphe, vient troubler leurs vacances.

 

Les Prologues : les discussions dialectiques

Trois prologues indépendants présentent à leur façon chacun des protagonistes du trio. Le premier expose Haydée Politoff, la collectionneuse marchant sur la plage, au bord de la mer, le silence laisse place à des plans rapprochés sur son corps androgyne et seul, elle est la femme qui séduit, la beauté muette.

A Contre Courant (2) : Céline m'emmerde

Ecrit par Loredana Kahn , le Jeudi, 13 Juin 2013. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Céline m’emmerde. Profondément et à jamais. Rien à voir avec le débat aussi répétitif que vain sur L’homme/L’écrivain, la Collaboration, l’antisémitisme et tout ça. Céline m’emmerde – gravement – parce que ses livres m’emmerdent.

D’un écrivain et de ses livres, j’attends d’abord – au-delà de l’étonnement, du plaisir, du divertissement, de la réflexion, bref des affects immédiats de lecteur – fondamentalement deux dimensions essentielles à mes yeux : l’universalité et le style. Avec Céline je n’ai ni l’un ni l’autre.

Quel que soit le sujet que Céline aborde, la guerre, l’humanité, les femmes, la modernité, l’amour, il ne nous sert toujours que la même soupe : ses symptômes, son moi, sa haine de l’existence, sa vision du monde, son bric-à-brac aussi pitoyable que grotesque. En gros, Céline n’a d’autre préoccupation que Céline et c’est terriblement ennuyeux parce que les préoccupations de Céline sont tristes (Spinoza aurait parlé de passions tristes), étriquées, rabougries, égocentriques et surtout obsessionnelles. Où est le souffle de l’humanité dans n’importe laquelle de ses œuvres ? On répond Le « Voyage » ? Pas besoin d’attendre le naufrage littéraire des œuvres ultérieures, c’est déjà un sinistre pamphlet : contre la modernité, contre les hommes, contre l’organisation sociale, contre, contre, contre. Jamais pour et c’est là qu’on atteint la première limite insupportable de Céline : on ne trouve trace dans son œuvre d’aucune forme d’engagement positif.

Partagez la littérature, le sel et l'eau

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 11 Juin 2013. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

"Souffles" (in Liberté, Alger)

 

Nous sommes le peuple du partage. Le partage est l’essence, et le sens de la vie. On se partage le pays, son soleil, ses langues et son histoire. Du moins ce qu’il devrait être, ce qu’il fallait être ! Pour vivre ensemble, mais en différence, en multiplicité, en pluralité et en diversité, il faut que le partage soit une culture et un comportement. Afin que le partage prenne son goût, il faut accepter l’autre. S’accepter en présence de l’autre. On partage les souffles du corps, son feu et sa cendre, avec celle qu’on aime, afin de voir la vie autrement, belle et élevée. Les jours coulent dans le miel et dans la flamme. On partage le bonheur, même si le bonheur n’est qu’illusion, avec ceux frappés par le malheur. On partage le malheur, même si le malheur est une réalité, afin de vérifier la patience des autres, et la nôtre aussi. On partage le plaisir d’écrire avec le lecteur, afin de déguster la magie du mot et le spiritisme du verbe. Sans le partage, il n’existera ni l’envie de l’écriture, ni celle de la lecture.

Leitura Furiosa à Amiens : un étrange phénomène ...

, le Jeudi, 06 Juin 2013. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

« Leitura Furiosa est un étrange phénomène qui a lieu tous les ans sur Amiens et sa périphérie durant trois jours… »

 

Voici comment le Cardan, l’association qui l’organise depuis plus de vingt ans, présente la chose.

Des écrivains sont invités à rencontrer chacun un groupe d’enfants ou d’adultes plus ou moins fâchés avec la lecture. Cette rencontre donne lieu à l’écriture par l’écrivain d’un texte dans lequel le groupe doit se retrouver. Ce texte est illustré, puis lu sur la scène du grand théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens ouvert à tous – et qui fait salle comble – pour l’occasion.

En 2013, j’étais l’un des 33 écrivains invités. J’ai passé trois jours avec un groupe d’adultes d’un petit village de la Somme et de ce temps passé ensemble est né un texte, « La maison des livres ».

Chronique sur "Fermé pour cause d'apocalypse", Jean-Claude Bologne

Ecrit par Michel Host , le Mercredi, 05 Juin 2013. , dans Les Chroniques, La Une CED

Fermé pour cause d’Apocalypse, Jean-Claude Bologne, Pascal Galodé éditeurs, Collection « Le K », avril 2013, 111 pages, 17 €

Une lecture est une aventure personnelle, sinon « à quoi bon ? »

Michel Host

Enfer et damnation ?

Il n’a jamais rien eu à faire de l’enfer ni en enfer, Léon-Joseph Massoulat, dit « Iussep », né de mère praticienne en la rue Saint-Denis, à Paris, puis enfant abandonné, ex-travailleur sérieux, élevé dans l’athéisme de rigueur, la morale petite-bourgeoise et la ligne du Parti, puis devenu un syndicaliste des plus consciencieux, hyper compétent dirons-nous ! Qu’a-t-il donc fait pour se retrouver devant les portes de l’infernale géhenne, les portes de Rodin ? Nous tous, ou presque tous, dans la même situation, nous nous serions comme lui posé la question : « Pourquoi moi ? », et une pensée nous serait venue : « C’est idiot, ce lieu n’existe pas ». Qui plus est, il se sent « incroyablement vivant » ! Par conséquent, cogner au vantail, vouloir protester contre l’erreur judiciaire évidente et l’absurdité des faits – comment peut-on se trouver à la porte d’un lieu inexistant ? – et enfin, mettre en doute le respect des consignes de sécurité du lieu, c’est tout un.