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Les Chroniques

Chronique du sel et du soufre (Octobre 2011)

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Lundi, 10 Octobre 2011. , dans Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, Chroniques régulières, La Une CED

MIEUX QUE LE GONCOURT : LE LIVRE ROUGE DE JUNG !

Quelle rentrée littéraire escarpée ! C’est à n’y pas croire. On annonce un peu partout, et pas seulement dans les salons mondains, la fin du roman, de la poésie, de la polémique, du monde ! Et pourtant, je reste résistant et optimiste, je suis encore heureux de lire, d’écrire, de méditer, d’aimer et de sourire, à en essorer le pathos conformiste et redondant  de l’écologie finale.

Hantise du réchauffement climatique, dogmes obligatoires concernant la fin annoncée de la planète… Sans doute l’heure est-elle venue de lutter contre cette rhétorique de la  Sainte Trouille obligatoire ? Dès lors,  l’essai insolent de Pascal Bruckner (1) qui vient de paraître retient mon enthousiasme  quand il rappelle à bon escient  que « la culture de la peur a toujours constitué l’instrument favori des dictatures » !

C’est ainsi, je refuse d’être un mélancolique incurable. Je n’hésite pas à rejeter le catastrophisme ambiant, quitte à choquer le Parti verdâtre des Eva Joly de la mort programmée. Je ne veux pas adhérer au Mouvement pour l’extinction volontaire de l’humanité, rassemblement d’individus qui ont décidé de ne pas se reproduire. J’attends en revanche que mon fils fasse de moi, un de ces quatre, un grand-père heureux.

Chemins de lectures (7) Octobre 2011 - Ne pas aimer JD. Salinger ?

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Samedi, 08 Octobre 2011. , dans Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, Chroniques régulières, La Une CED

 

Comment peut-on ne pas aimer J. D. Salinger ?

 

Je sens bien que ce billet n’est pas « littérairement correct ». Le bon usage veut que l’on joigne sa voix au concert de louanges quand une grande figure est universellement reconnue. Plus encore quand il n’y a pas longtemps qu’elle s’est éteinte. C’est ce qui est convenable, même quand on renifle, pour certains, la légèreté du propos ou la méconnaissance réelle de l’oeuvre à mille mètres d’altitude.

Alors vous pensez, quand c’est un écrivain porte-drapeau de toute une époque, d’une génération, il faut un sacré culot pour émettre la moindre dissonance. Ce serait d’un tel mauvais goût ! Non mon grand, tu ne vas pas faire ça !

Bon. Je le fais quand même, bien sûr, sinon je ne serais pas là à vous entretenir. Mais je le fais avec le plus grand respect, cela va de soi, pour tous ceux qui admirent (voire adulent) Jerome David Salinger, et ils sont nombreux, à en juger par la symphonie laudative régulière dont il est l’objet à longueur d’articles.

La mère Michel a lu (2)

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 30 Septembre 2011. , dans Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

(Photo Yves Marty)

 

L’ARGOT EST NÉ DE LA HAINE !

LOUIS-FERDINAND CÉLINE


Proposé par Raphaël Sorin. Notice biographique de Bernadette Dubois. André Versaille éditeur, Coll. À offrir en partage, n° 48, 2011, 95 pp., prix non indiqué.

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L’argot… quel argot ? Mis en jeu de quelle façon ? Dans quelle intention ? L’argot chez Céline, souvent prétexte à le lire avec passion, ou au contraire à ne pas vouloir le lire. - « Vulgaire ! » - Qualificatif disqualifiant le plus utilisé par les esprits superficiels ou guindés. À la vérité, dans ce recueil de lecture très plaisante il est assez brièvement question de l’argot et bien davantage du style, préoccupation centrale chez l’auteur du « Voyage ». En témoignent sa « petite musique », son « métro émotif », qu’il mettait bel et bien au-dessus du récit ou de l’intrigue. Qu’on relise à ce sujet ses « Entretiens avec le professeur Y ».

Souffles 8. Le temps où les jeunes filles rêvaient de l'instit

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 21 Septembre 2011. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED, Maghreb

Souffles in Liberté


En hommage à Fouroulou et à son maître Mouloud Feraoun.


Nous tous, sans exception aucune, nous avions rêvé, un jour parmi d'autres, de devenir “maître” (mouâllim) du village ou du quartier ! D'où vient la force de ce rêve magique, excessivement cher aux yeux des enfants et des parents ? Un rêve, qui jadis, a hanté toutes les âmes et toutes les têtes ? Sur la place publique, tout le monde rêvait d'avoir un “mouâllim” parmi les siens. Honneur de la tribu !

Les filles, toutes les filles de tous les villages sans exception, ont rêvé, un jour, de se marier avec un “mouâllim” ! Il fut l'idéal et le prince charmant : il portait une cravate, une belle chemise blanche propre et bien repassée, un costume noir (sans la griffe) ! Et il chaussait une paire de souliers toujours hautement cirée ! Il disposait de tout ce qu'il fallait pour séduire et charmer les jeunes filles : la beauté (tous les instits étaient beaux !) de la “classe” ils en avaient ! Et de l'argent aussi (un petit salaire mensuel !).

Chemins de lectures (6) Septembre 2011 - Indridason, terre froide, coeur brûlant

, le Dimanche, 11 Septembre 2011. , dans Les Chroniques, Polars, Chroniques Ecritures Dossiers, Chroniques régulières, La Une CED

Arnaldur Indridason : météo glaciale, cœurs brûlants


Connaissez-vous Arnaldur Indridason ? Je ne m'adresse pas ici à un ami cher, au cœur de son Reykjavik, qui doit trouver ma question saugrenue tant cet auteur est célèbre en Islande. Non, je parle aux autres. Moi, il y a encore deux ans, je ne connaissais pas. Et puis ma passion grandissante pour les littératures nordiques (sacrés Suédois, sacrés Norvégiens, sacrés Danois, sacrés Islandais) et une quête professionnelle m'ont emmené à découvrir ce bijou d'Islande. Un écrivain bien sûr. De « romans noirs » Vous savez des « polars ». Il n'y a que les Français pour considérer que la littérature policière est un genre « mineur ». Depuis des décennies, les anglo-saxons, les scandinaves, les Japonais (entre autres) ont chanté la gloire de leurs écrivains de « polars » au même titre que celle de leurs écrivains d'autres genres. Dashiell Hammett, Raymond Chandler, David Goodis, Natsuo Kirino, Miyuki Miyabe, Henning Mankel, Stieg Larsson ne sont pas considérés comme des écrivains de deuxième zone dans leurs pays. Heureusement ! Il y a dans ces noms parmi les plus grands auteurs de la planète, il y a dans ces noms une infinie beauté, une grande littérature, « policière » soit-elle !