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Les Chroniques

Théâtres parisiens, un patrimoine du XIXe siècle, textes Jean-Claude Yon

Ecrit par Odile Alleguede , le Mardi, 17 Décembre 2013. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Théâtres parisiens, un patrimoine du XIXe siècle, textes Jean-Claude Yon, photographies Sabine Hartl et Olaf-Daniel Meyer, Editions Citadelles & Mazenod, 250 ill. couleur, 240 pages reliées sous coffret illustré, 24x32 cm, 15 octobre 2013, 79 €

 

Théâtres parisiens, un patrimoine du XIXe siècle


Paris a connu bien des apogées au fil des époques, et fourni bien des délices à un public délicat avide de merveilleux et de plaisirs frivoles. Parmi ces époques, au 19e siècle, dans la capitale, est né un plaisir, raffiné ou populaire, rassemblant tous les esthétismes dans son écrin de cocotte : le théâtre.

Le long du sud : In Salah, la ville la plus horrible

Ecrit par Kamel Daoud , le Lundi, 16 Décembre 2013. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Il y a en Algérie trois choses très tristes, sales, ennuyeuses et très polluantes pour l’âme : les sachets bleus, les fêtes officielles et In Salah. De sa vie, le chroniqueur n’a jamais vu une ville aussi sale, laide, abandonnée entre le vide et le coup de pied, morte depuis si longtemps qu’elle n’a plus que sa pierre tombale et tellement loin de tout que la pièce de monnaie y a l’air d’un caillou inconnu. Le long du sud, on peut voir le vide, le désert, le Sahara, le néant et In Salah. Ruelles dévastées, poteaux aux dos courbés, maisons inachevées, gens tristes et presque en colère contre l’inconnu, des mouches sur la nourriture, du sable et le cratère d’un centre-ville qui n’existe pas que par son empreinte de pas de fuyard. Pourquoi en parler ? Parce qu’il faut dénoncer, dire, rapporter : on ne peut pas avec autant d’argent construire un abcès pareil.

L’endroit est même considéré comme un centre que l’on cite dans le bulletin météo. Alors que sur place, on a de la peine à imaginer la possibilité d’une vie dans cet endroit. Le parfait exemple de ce que peut faire le pétrole quand il rencontre le manque d’idées, la gabegie, la corruption et l’horreur. Car l’endroit est horrible, tout simplement, cru. On imagine à peine la vie dedans, la possibilité du poumon contre le néant. Comment a-t-on pu faire cette ville ? La réduire à une telle saleté ? L’enjamber ? Avec quoi est-elle reliée à l’Algérie ? Qui y est wali ou comptable ?

Un air de liberté (6) Reddite quae sunt Caesaris, Caesari…

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 14 Décembre 2013. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Les lecteurs, comment choisissent-ils leurs ouvrages ? L’auteur, le titre, l’histoire, la quatrième de couverture, la maison d’édition, ou tout à la fois ? Ou leur faut-il avoir parcouru les critiques, via la blogosphère et autres revues littéraires ?

Qu’est-ce qui influence un choix plutôt qu’un autre, en librairie, en bibliothèque, dans un kiosque ou dans un supermarché ? Certains lecteurs arrivent en ces lieux avec un choix bien arrêté : leur auteur fétiche, le dernier livre primé ou encore celui de la tendance du moment ; d’autres encore préfèrent se laisser guider par leur libraire ou leur bibliothécaire. Tous les cas de figure sont imaginables. Mais qu’en est-il de la couverture « Jamy » ? « Ce n’est pas sorcier », elle est la porte d’entrée qui s’ouvre sur l’univers d’un auteur et c’est elle qui, bien souvent, va donner l’envie ou non de la franchir.

Souffles - Dans quelle langue on rêve ? Par quelle langue on aime ?

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 10 Décembre 2013. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

L’écriture libre est la sœur jumelle de l’amour. Il en est de même avec le rêve. L’écriture n’est libre que lorsqu’elle est installée dans la langue avec laquelle, par laquelle, dans laquelle nous faisons nos beaux rêves. On écrit librement dès qu’on est en fusion avec la langue par laquelle, dans laquelle, avec laquelle on fait l’amour. L’amour dans toutes ses dimensions charnelles, sensuelles et émotionnelles. Les autres langues hors celle de la rêverie et celle de l’amour, ne sont que traductions, trahisons et masques. Au moment du songe, inconsciemment la langue, notre langue-miroir, celle de la vie et du confidentiel, se réveille en nous. Elle s’installe en nous avec toute la transparence humaine et la fidélité sentimentale. Dans le rêve il n’y a pas de place pour la tromperie. La langue du rêve habite notre peau, notre cœur et notre inconscient. Elle est notre frisson. On ne pourra jamais imaginer quelqu’un qui vit avec dynamisme le quotidien algérien dans toutes ses langues et ses dialectes, et qui, une fois au lit, rêve dans une autre langue. Y-a-t-il quelqu’un qui fait ses rêves dont les faits se déroulent à Skikda, à Alger, à Oran ou à Béjaïa, dans un arabe classique, à l’image de la langue d’El Mutanabbi, d’El Jahid ou Taha Hussein ? Impensable !

La plus haute réussite de l’Occident sur les « Arabes »

Ecrit par Kamel Daoud , le Vendredi, 06 Décembre 2013. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Nuit éclairée et douce à Bellinzona. Capitale minuscule du Tessin, la Suisse italienne. L’été n’est pas encore clos par les feuilles mortes et les vestes. Des gens se promènent au sortir du théâtre où un groupe targui avait donné spectacle. Un jet d’eau sombre et argenté éclaire l’obscurité. Des gens qui déambulent sur des gazons. C’est l’Occident dans toute sa verdure, juché sur le dos de la terre, calme, riche et béni par les dieux de sa raison et de son culte de l’exactitude et de l’effort. Ce qui frappe ? Pas l’absence des sachets bleus, fruit de notre conception détestable de l’environnement. Pas les voitures qui s’arrêtent au passage du piéton qui, ici, a les droits du roi. Pas les rues belles et l’air propre qui ressemble à un dessert et rajeunit le poumon.

C’est autre chose, à chaque fois vécue, subie mais toujours étonnante pour nous peuple des autrefois : le rapport entre l’homme et la femme. Serein, calmé, égal. Les deux sexes se côtoient sans être obsédés par les jeux de domination, de violence, de préséance. L’enjeu n’est pas de se vaincre l’un par l’autre. Ce n’est pas un rapport de force. La femme n’est pas traquée, recluse, accusée d’avoir un corps et désirée parce qu’elle n’a qu’un corps. Elle n’est pas obsession et l’histoire n’est pas préhistoire. On l’oublie mais c’est ce qui fait la force de l’Occident : la moitié de sa population n’est pas une honte, un butin ou une humanité de seconde zone, faite pour la procuration et le rapt.