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Les Chroniques

Les lois de la Grande Maison pour éviter l’incendie et tuer le métier à tisser

Ecrit par Kamel Daoud , le Mercredi, 18 Juin 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Lisez-vous ce que propose, en guise de programme, un gouvernement algérien aux députés ? En général non. Car on sait. On sait que le programme va se réduire à l’os de l’essentiel : le régime vend du pétrole et du gaz, puis donne de l’argent à ceux qui le menacent par leurs émeutes ou ceux qui le soutiennent par leur servilité. La stratégie économique est d’une pauvreté affligeante à chaque fois. Rien que du Souk El Fellah, échelle nationale. Le Pouvoir n’arrive pas à sortir de la conception du colis alimentaire pour deux raisons : à cause de son essence et à cause de sa conception de l’économie. Son essence est distributive : il a chassé le colon et il ne peut concevoir la fortune de tous que comme distribution du butin. On ne crée pas, on partage ce que Dieu ou le colon ont laissé ou donné. Il n’y a pas de conception de l’enrichissement que par la légitimité idéologique. On devient riche par l’Histoire, pas par l’effort. Et cette histoire peut être celle de la révolution, du sang, de la légitimité, de la filiation ou de la vitesse.

L’essence du régime est populiste et sa vision de l’économie est celle de la cantine.

D’Images et de bulles (5) : Amazigh

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 16 Juin 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

 

Amazigh, itinéraire d’hommes libres, Mohamed Arejdal et Cédric Liano, Steinkis, avril 2014, 160 pages, 18 €

 

Récit d’une expérience rude, parfois déshumanisante, ce roman graphique nous confronte avec le parcours des clandestins, candidats vers un ailleurs plein d’espoirs et de promesses. Il relate plus précisément l’aventure de l’artiste Mohamed Arejdal accompagné de deux de ses amis. Désireux de rendre fiers ses parents, de revenir au pays auréolé par la réussite et l’argent gagné, à défaut de réussir à l’école, Mohamed risque tout : ses économies – enfin plutôt celles de son père –, sa vie, son intégrité.

Les Assises Internationales du Roman 2014 / 19-25 mai 2014

Ecrit par Marie du Crest , le Samedi, 14 Juin 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Samedi 24 mai / 16h 30

Les Subsistances (Verrière)

 

Olivier Py lit trois contes des Frères Grimm

Pour leur huitième édition, les AIR proposent à nouveau une programmation de lectures aux Subsistances. La première est consacrée, en dehors du cadre des textes et auteurs contemporains mis à l’honneur dans la programmation, à trois contes de Grimm choisis par Olivier Py. Ce dernier explique qu’il considère ces textes comme indissociables de la culture européenne, qu’ils l’ont accompagné depuis de longues années, à travers la belle traduction de l’allemand par Marthe Robert.

Son choix s’est arrêté sur trois textes peu connus en France : La Jeune Fille, le Diable et le Moulin ; L’eau de la Vie ; et Jean le Veinard. Olivier Py a d’ailleurs porté à la scène déjà le premier d’entre eux et le reprendra cet été en Avignon.

Avec Lacan

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 12 Juin 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

J’ai évité de justesse d’intituler cette chronique « Jacques là quand ? », par un calembour digne de l’almanach Vermot, ou, pour être d’emblée dans le propos, digne de Jacques Lacan. Pour vous donner quelque idée de la passion de Lacan pour le calembour, je ne citerai que l’intitulé de deux de ses derniers séminaires de l’ancienne fac de droit : « Les non-dupes errent », « L’insu que sait de l’une-bévue s’aile a mourre ». Dans le cas du second, nous sommes encore un certain nombre à nous demander comment le « déconstruire » (ça joue sur Unbewusste = inconscient chez Freud). C’est que parfois, ce goût du Maître pour le jeu de mots nous mettait sacrément dans l’embarras. Un souvenir précis : Lacan dit, lors d’une rencontre, « De préférer, somme toute, à la trique la bonace ». On prend des notes frénétiquement. « Eh ! comment tu écris bonace ? 2 ss ou c ? » « bonasse » (simple, sans malice, peu d’esprit) ou « bonace » (mer calme, par exemple dans un port) ? Un autre : Le séminaire de 75-76 s’intitulait le « Sinthome ». On a passé l’année à se demander, chaque fois qu’il prononçait le mot, s’il s’agissait du sinthome ou du symptôme.

Michel Foucault : l’« Aide au retournement salutaire »

Ecrit par Nadia Agsous , le Mardi, 10 Juin 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

« C’était mai 1968 sauvé ». C’est en ces termes que Christian Revon, ancien religieux devenu avocat, qualifie M. Foucault lorsqu’il parle du personnage, de sa vie, de son action et de l’effet de sa pensée sur sa pratique professionnelle et sa vie quotidienne, dans le texte intitulé Michel Foucault vivant, publié dans l’ouvrage collectif que les éditions de l’Herne ont consacré au philosophe (1).

Hommage ! Reconnaissance ! Admiration ! Car C. Revon avoue avoir été fasciné par la personnalité de M. Foucault, par sa pensée et par-dessus tout par « la marge qu’il entretenait avec la norme et par sa capacité à l’action, sa volonté d’agir, sa liberté […], son homosexualité, sa volonté audacieuse de vivre sa vie sans concession, sans compromis ».

C’est en 1975 que C. Revon a lu Surveiller et punir (2). Cette lecture est intervenue dans un contexte bien particulier dans la trajectoire biographique de l’auteur. Sur le plan personnel, il vivait une situation de désarroi car il acceptait mal le fait d’avoir quitté l’univers religieux. Selon son témoignage, ce livre a « bousculé, inspiré, inquiété » sa vie personnelle notamment professionnelle. A cette époque, C. Revon faisait ses débuts dans la profession d’avocat.