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Les Chroniques

BHL se trompe de guerre !

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 17 Avril 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

BHL me pose un problème essentiel. Philosophiquement essentiel, et donc qui relève de l’essence.

D’abord, je tiens à dire que je suis toujours à deux doigts d’écrire une chronique pour prendre la défense de Bernard-Henri Lévy : le torrent d’attaques ignobles dont il est l’objet régulièrement me soulève le cœur. « Libération » a dû clore les « réactions » de lecteurs tant les vannes de l’injure et de l’antisémitisme étaient largement ouvertes lors de « l’affaire Botul » naguère. Et c’est souvent comme ça dès qu’on parle de BHL. Les attaques ad hominem prennent vite le pas sur l’argumentaire. On a d’ailleurs même plus besoin d’argumentaire, les ricanements suffisent, les allusions aux chemises ouvertes ou à la fortune ou à la compagne etc. La couleur de la haine qu’il suscite est hélas trop souvent du même ton qu’une autre haine millénaire.

Mais bon. Ça n’empêche pas de dire quand le bonhomme perd complètement les pédales. Je parle d’un livre récent qu’il a signé. Je suis courageux de l’avoir lu, c’est un pavé. « Pièces d’identité ». Pour être encore plus précis et honnête, je n’ai lu que la partie (conséquente) intitulée « Le Génie du Judaïsme ». Plus de deux cent cinquante pages tout de même. Avec un titre alléchant, emprunté à Chateaubriand, véritable moment du romantisme français.

Pour Farid Bessayeh

Ecrit par Kamel Daoud , le Lundi, 07 Avril 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

« Je n’aime pas rendre hommage, me dit-il. C’est comme enterrer deux fois quelqu’un. Mais je ne sais pas que dire. Il était l’un des rares enseignants qui m’offrait la littérature en spectacle et donnait au mot l’émotion que l’université tuait en moi. Il aimait Julien Gracq, Ernest Jünger et d’autres qui avaient fait de l’attente un spectacle de la condition humaine et j’aimais cette vision qui n’était passivité mais défi. L’homme est-il au-delà ou en deçà de l’image que je me faisais de lui ? Je ne sais pas. Certains le trouvaient ridicule et d’autres un peu excessif ». Puis il se tut.

J’étais à côté, je ne disais rien, moi aussi. Le deuil des autres est une gêne.

Il y avait du vent sur la ville mais le ciel était si bleu qu’on se disait qu’il était vivant finalement. Tendu par le souffle retenu vers une sorte d’incandescence.

Il répétait « l’enfance est l’âge d’or des questions. Et c’est de réponses qu’on meurt ». Ce n’était pas de lui. Mais dans ma tête, il était l’auteur de cette sentence dramatique. Bon. « Que dire d’autre ? », m’interrogea-t-il.

Ibn Khaldoun : la Kabylie, la femme, le couscous et le burnous !

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 01 Avril 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

 

Souffles. In "Liberté" (Algérie)

 

En réponse à une question relevant des frontières du pays des Berbères avec brio, Ibn Khaldoun (1332-1406) a dit : la contrée des Berbères débute là où les hommes portent le burnous et s’arrête là où les gens ne mangent pas du couscous. Ce propos parvenant d’un savant de la taille d’Ibn Khaldoun nous rappelle la place déterminante qu’occupent l’art vestimentaire et l’art culinaire dans la définition de l’identité d’un peuple. Le costume est une langue. L’habillement n’est pas neutre. Tout est codifié, significatif et porteur de messages.

A hymn to finitude – on Wim Wenders’ Der Himmel über Berlin

Ecrit par Sjoerd van Hoorn , le Samedi, 29 Mars 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

How do works of art enter a life? No matter what education-authorities say, it is not only the consultation of an argued reading-list that leads one to pick up a book. Books enter our lives by being whispered about, by their titles fluttering by within earshot, by insinuating themselves like a tune that you suddenly find yourself humming as you make the bed.

It is not just books that find their way into a life like a memory that one suddenly finds is there. It is films as well. I had heard its title a number of times, read about it in passing, come across the director’s name mentioned reveringly – it was Der Himmel über Berlin, a film from 1987 directed by Wim Wenders, known internationally as The Wings of Desire, but that title, reminiscent of romance-novels, scarcely does it justice. Whispers play a role throughout the film too. A scene that is at the heart of the film one of the lead characters, played by Bruno Ganz, wanders through the Berlin public library.

La bienveillante ironie de Richard Ford

Ecrit par Roland Goeller , le Lundi, 24 Mars 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Ma mère, récit autobiographique, titre original My mother, 1988

Péchés innombrables, recueil de nouvelles, titre original A multitude of sins, 2001. Points

 

« Elle observait mes efforts pour devenir écrivain, sans les comprendre entièrement.

– Mais quand vas-tu prendre un travail et t’y mettre pour de bon ? me demanda-t-elle un jour » (Ma mère).

« Pourtant, à travers ma mère que j’ai connue et aimée, je me sens relié à tout ce monde étrange, à cette chose autre qu’était sa vie, et dont j’ignorais à peu près tout. C’est là une particularité de notre vie avec nos parents, que l’on oublie souvent et qui passe inaperçue. Nos parents nous relient – aussi isolés que nous soyons dans notre existence – à une chose que nous ne sommes pas, mais qu’ils sont, il y a là une coupure, peut-être un mystère, si bien que même ensemble nous demeurons seuls ».