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Les Chroniques

Escapades (2) - A serious man, Coen Bros

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Vendredi, 04 Janvier 2013. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED, Côté écrans

 

Une fois n’est pas coutume : le format télévision, même « grand écran plat », convient très bien à « A serious man » de Joel et Etan Coen. Je ne sais pas, sûrement le côté « journal intime » du film qui sied bien à mon salon. En tout cas, ce fut un vrai bonheur de revoir le dernier « Cbrothers ».

 

Il paraît que quelques Juifs se sont agacés devant ce film. Je comprends que certains, habitués au « culturellement correct », puissent s’offusquer devant une telle « déconstruction ». Une telle rupture avec le pathos traditionnel des films du genre « humour juif » a de quoi surprendre, déconcerter, voire irriter. Pas une trace de folklore juif américain du début à la fin. On est formé à Woody Allen, avec ses figures archétypiques et sympas : l’intello new-yorkais, l’écrivain qui se cherche, l’artiste égocentrique, le psychanalyste rongé d’angoisse, l’hypochondriaque agité, la mère abusive, le père paumé. Bref, la galerie de figures-types, qui font rire, qui attachent. Avec ce film des frères Coen, rien de ce genre.

A commencer par le choix des acteurs. Pas un visage connu, pas un visage séduisant.

Le cantique des oiseaux d'Attâr : les belles lettres persanes

Ecrit par Odile Alleguede , le Mercredi, 02 Janvier 2013. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

 

Qu’est-ce qui fait la force et la qualité d’un éditeur ? Dans la place, on dit qu’il y a trois sortes d’individus : les loups, prédateurs effilés aux babines sanglantes, les moutons, suiveurs bêtasses du troupeau, et les sangliers qui renversent tout sur leur passage. C’est sans doute de cette fourrure-là que sont revêtues Diane de Selliers et son équipe maison, tant la cohérence et la probité de leur travail, depuis 20 ans, imposent l’admiration. Déjà, le mois dernier, nous relayions Don Quichotte illustré par Gérard Garouste. Mais en ces temps de fêtes, dans les chaussettes ou au bas du sapin, Diane de Selliers Editeur a disposé l’un des plus beaux titres de cette fin d’année, publié en octobre dans « La grande collection » : Le Cantique des oiseaux d’Attâr illustré par la peinture en Islam d’orient.

Chan Koonchung contre le syndrome de la Cité Interdite

Ecrit par Claire Teysserre-Orion , le Samedi, 22 Décembre 2012. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

« Tous les visages rayonnaient et affichaient de francs sourires. Nous vivions à présent une époque bénie de paix et de prospérité, des années fastes, un véritable âge d’or, comme on a coutume de l’appeler ».

Entre le syndrome de Stendhal et celui de Jérusalem, la page Wikipédia recensant les pathologies dont peut être atteint le voyageur a omis le syndrome de la Cité interdite. Celui-ci se déclare généralement dans un contexte d’hyper-concentration touristique qui empêche tout ébahissement devant un site pourtant magnifique ; il se manifeste par une forte envie de fuir et de ne plus jamais être un touriste ; il est généralement accompagné par un sentiment de persécution de la part des groupes menés par un guide hurlant dans un mauvais micro. Quand un tel syndrome se déclare, une chose à faire : fuir et oublier temples et palaces.

Etant moi-même atteinte, je me dépêche d’ouvrir Les années fastes pour savoir comment son auteur, Chan Koonchung, pourrait m’éloigner de cette foule oppressante. Mais la tâche pourrait se révéler ardue : le livre, publié en 2009, parcourt plusieurs quartiers de Pékin, en 2013… Si mon voyage verse dans la science-fiction, je vérifierai si la réalité est allée plus vite que la fiction.

Chemins de lectures (16) - Jim Harrison, la Terre des hommes

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 13 Décembre 2012. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Quelle alchimie opaque fabrique le lien secret et indélébile qui se tisse entre un lecteur et l’œuvre d’un écrivain ? Faut-il la chercher dans les espaces de la ressemblance, dans les échos plus ou moins muets qui s’établissent entre les deux êtres qui sont à chaque bout de l’écriture ? Y a-t-il vraiment un statut du « ah imbécile qui crois que je ne suis pas toi ! » de Victor Hugo dans la rencontre parfois vitale d’un lecteur et d’un livre ? Il y a peu je posais la question ici de « qui écrit ? » à propos de Guy De Maupassant. La question consubstantielle en est « Qui lit ? »

 

Il ne faut pas tenter de répondre à cette interrogation troublante. Il n’y en a sûrement pas, ou trop. Peut-être qu’adolescent, j’ai entendu les terreurs et les dégoûts de Baudelaire parce que j’en éprouvais une part. Peut-être que j’ai avalé London parce qu’il portait une part de mes idéaux. Sûrement ai-je mythifié Fante parce qu’il parle, à chaque ligne, de mes douleurs et de mes joies.

La chronique du sel et du soufre (Décembre 2012)

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Mardi, 11 Décembre 2012. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Un bijou pour les fêtes…

Brèves de rêves, Frédérick Tristan, Ed. Pierre-Guillaume de Roux, 23 €

 

En 1983, il lui fut attribué le prix Goncourt pour son roman Les Égarés. La dernière fois que je l’ai rencontré, c’était dans une église bondée, à l’enterrement de la poète Ghislaine Amon (Raphaël George), lors de la signature du Livre des mémoires…

Et voilà que vient de paraître Brèves de rêves, juste avant les fêtes de Noël et de la fin de l’année. Frédérick Tristan signe des récits brefs comme des poèmes symboliques et réussit à nous emporter dans cette « surréalité » qui faisait écrire en 1924 à Louis Aragon : « la surréalité, rapport dans lequel l’esprit englobe les notions, est l’horizon commun des religions, des magies, de la poésie, du rêve, de la folie, des ivresses et de la chétive vie, ce chèvrefeuille tremblant que vous croyez suffire à nous peupler le réel ».