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Les Chroniques

Ibn Khaldoun : la Kabylie, la femme, le couscous et le burnous !

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 01 Avril 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

 

Souffles. In "Liberté" (Algérie)

 

En réponse à une question relevant des frontières du pays des Berbères avec brio, Ibn Khaldoun (1332-1406) a dit : la contrée des Berbères débute là où les hommes portent le burnous et s’arrête là où les gens ne mangent pas du couscous. Ce propos parvenant d’un savant de la taille d’Ibn Khaldoun nous rappelle la place déterminante qu’occupent l’art vestimentaire et l’art culinaire dans la définition de l’identité d’un peuple. Le costume est une langue. L’habillement n’est pas neutre. Tout est codifié, significatif et porteur de messages.

A hymn to finitude – on Wim Wenders’ Der Himmel über Berlin

Ecrit par Sjoerd van Hoorn , le Samedi, 29 Mars 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

How do works of art enter a life? No matter what education-authorities say, it is not only the consultation of an argued reading-list that leads one to pick up a book. Books enter our lives by being whispered about, by their titles fluttering by within earshot, by insinuating themselves like a tune that you suddenly find yourself humming as you make the bed.

It is not just books that find their way into a life like a memory that one suddenly finds is there. It is films as well. I had heard its title a number of times, read about it in passing, come across the director’s name mentioned reveringly – it was Der Himmel über Berlin, a film from 1987 directed by Wim Wenders, known internationally as The Wings of Desire, but that title, reminiscent of romance-novels, scarcely does it justice. Whispers play a role throughout the film too. A scene that is at the heart of the film one of the lead characters, played by Bruno Ganz, wanders through the Berlin public library.

La bienveillante ironie de Richard Ford

Ecrit par Roland Goeller , le Lundi, 24 Mars 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Ma mère, récit autobiographique, titre original My mother, 1988

Péchés innombrables, recueil de nouvelles, titre original A multitude of sins, 2001. Points

 

« Elle observait mes efforts pour devenir écrivain, sans les comprendre entièrement.

– Mais quand vas-tu prendre un travail et t’y mettre pour de bon ? me demanda-t-elle un jour » (Ma mère).

« Pourtant, à travers ma mère que j’ai connue et aimée, je me sens relié à tout ce monde étrange, à cette chose autre qu’était sa vie, et dont j’ignorais à peu près tout. C’est là une particularité de notre vie avec nos parents, que l’on oublie souvent et qui passe inaperçue. Nos parents nous relient – aussi isolés que nous soyons dans notre existence – à une chose que nous ne sommes pas, mais qu’ils sont, il y a là une coupure, peut-être un mystère, si bien que même ensemble nous demeurons seuls ».

L'obsession : le roman arabe contemporain est malade !

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 19 Mars 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

SOUFFLES ...


Je ne veux pas tomber dans des généralités infécondes, mais ce que je développe est phénoménal et mérite d’être pensé. Repenser. Le roman arabe contemporain est otage d’obsessions. Il est obsédé par la politique, démesurément idéologique. Il est fait de dénonciations, de lamentations et de “faux barrages” dressés par les islamistes ! Et parce qu’ils sont hantés par une seule obsession, les romanciers arabes écrivent la même chose, dans un même texte qui change de titre. Ils écrivent de la même façon la même amertume. Dans un monde Arabo-musulman où le romancier, dans sa vie privée comme dans ses pensées politiques ou philosophiques, est assiégé par une chaîne de montagnes d’interdits, de toutes couleurs, dans ce monde où la liberté individuelle est confisquée, l’individu n’est qu’un rien appartenant à un troupeau qui, à son tour, aux yeux des pouvoirs, n’est qu’un double rien !

L’Orange-Bleu

Ecrit par Bénédicte Fichten , le Dimanche, 16 Mars 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

L’Orange-Bleu

 

Je ne sais pas depuis combien de temps, précisément, ce roman germe en moi, depuis combien de temps il pousse et se développe, se déploie, depuis combien de temps je l’ai dans les tripes ou les entrailles, dans la peau, donc, depuis combien de temps j’attends son éclosion, sa naissance et sa fureur de vivre parmi les livres, les rayons des libraires et sur le net, dans vos mains…

Pas mal de choses sont inexplicables, ou ne le sont que par instinct : pour moi je suis écrivain depuis les premières années de ma naissance, peut-être bien vers l’âge d’un an, lorsque disparut mon frère. Je sais qu’alors mon comportement ne fut pas clair. J’étais si petite, et peut-être comprenais-je déjà pas mal de choses ? Je me souviens, alors, avoir reçu avec grâce et évidence les trains électriques destinés au Noël de ce frère et chevaucher sa moto comme si c’était la mienne, la sienne.