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Les Chroniques

Chemins ouvrant, Yves Bonnefoy, Gérard Titus-Carmel

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 24 Mai 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Chemins ouvrant, Yves Bonnefoy, Gérard Titus-Carmel, éd. L’atelier contemporain, mars 2014, 150 pages, 20 €

 

Chemins ouvrant ou Le livre choral

Réfléchir. Oui, le mot me vient à l’esprit pour résumer en quoi ces Chemins ouvrant, le livre qu’Yves Bonnefoy et Gérard Titus-Carmel publient aux éditions de L’Atelier contemporain, rassemble des voix différentes et pousse à l’intellection ou à l’introspection, en tous cas à un plaisir intérieur, que seul réfléchir procure parfois. Par rapport à Y. Bonnefoy, je ne dirai sans doute rien de vraiment nouveau sur les dessins et gravures dont la reproduction permet de voir le chemin – ouvrant ? – du peintre, depuis des collages jusqu’à des travaux en technique mixte, parfois sur des supports de calque. Parce que la peinture comme art libéral se place au-dessus – ou au-dehors ? – de la fabrication de l’exégèse – même si ergoter constitue un bien pour l’avancée de la sociologie de l’art. Cependant, laissez-moi évoquer l’écho que fait si bien sentir Yves Bonnefoy, du passage des années sur le travail du peintre.

Souffles - Tentation !

Ecrit par Amin Zaoui , le Lundi, 19 Mai 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

 

J'adore le voyage dans les langues. La littérature est un voyage à risque, une aventure dans les zones interdites. Celles bourrées de mines antipersonnel ! L'écrivain porte, en permanence, une ceinture explosive! La langue c'est moi. Elle est à moi. Egoïsme. Possession. Obsession ! J'écris en français mais en arabe algérien ? Et j'écris l'arabe algérien en français. Dans les grandes villes réelles ou imaginaires, qu'importe: Jérusalem, Béjaïa, Rome, Constantinople, Thèbes, Tolède, Tombouctou, Fès, Samarkand... l'hospitalité est une religion. De même dans les langues. Elles aussi cultivent leurs hospitalités. Les langues se parlent, se jalousent ! Toute langue créative est individuelle ! Personnelle! Par hospitalité langagière, dans mon français à moi, habite l'arabe algérien! Et dans mon arabe à moi, confortablement s'installe le français.

D’Images et de bulles (4) : Une affaire de caractères

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 16 Mai 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

 

Une affaire de caractères, François Ayroles, Delcourt, mars 2014, 72 pages, 14,95 €

 

Une affaire de caractères constitue un Exercice de style de haute volée qui réjouira les lettrés comme les amateurs de 9è art. Dans cet hommage à la littérature et aux mots jusque dans leur matérialité, François Ayroles se livre à de savants clins d’œil sur fond d’enquête à la Simenon. Ne vous attendez pas à une intrigue trépidante, toute la saveur de cet album réside dans la douce folie qui règne dans la cité de Bibelosse, dans sa galerie de personnages déroutants, dans la découverte de leurs particularités langagières à la frontière de l’absurde.

Reverdy, l’enchanteur…

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Jeudi, 08 Mai 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

L’image, en poésie, occupe une place primordiale. Surgie de la confrontation d’éléments de la réalité éloignés les uns des autres, elle peut offrir et ouvrir des possibles créatifs, des perspectives de lecture et d’interprétation. Et transcender le regard. Et transcender la vie.

Ce rapprochement de deux mots ou de deux réalités éloignés crée l’image poétique d’où jaillit l’étonnement : choc visuel sur la page, intellectuel aussi et au-delà. A l’origine d’une véritable transmutation, cette image que Pierre Reverdy définit comme « un acte magique » dans cette émotion appelée Poésie, produit comme des miracles lorsqu’elle touche plus particulièrement l’esprit et la sensibilité de notre quotidien. Une fenêtre alors s’ouvre plus largement devant nous, ou un miroir se traverse, avec pour horizon tout un univers d’« appropriation du réel » par le poète et pour le lecteur, bien plus profonde qu’un simple reflet ou qu’une simple représentation. De même, la réalité que le poète exprime s’inscrit et s’écrit au cœur des choses plutôt qu’à leur surface. Le poème donne à voir sous un autre jour notre vie quotidienne, qui s’en trouve du coup grandie ; un cadre se dessine (car il en faut bien un), qui trace un paysage naturellement jailli au fil des mots.

Beaux Arts éditions ou la face cachée des chefs-d’œuvre

Ecrit par Odile Alleguede , le Mardi, 06 Mai 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Peintures et dessins d’écrivains, Donald Friedman


On le sait peu, ou pas, mais l’habitude de dessiner et de coucher leurs idées en formes et couleurs accompagne les écrivains au moins autant que celle de biffer une phrase. En 2012, la célèbre maison de vente aux enchères parisienne, Artcurial, proposait sous le nom Dessins d’écrivains la vente de la collection Pierre et Franca Belfond, fondateurs des éditions éponymes. Sur les 135 lots mis en vente, quelques merveilles et bien des curiosités, tels ces Cérémonies magiques en Afrique noire réalisées à la mine de plomb par René Daumal, une gouache datée 1984 d’Eugène Ionesco, des aquarelles de Guillaume Apollinaire ou d’Henry Miller, un dessin légendé à l’encre et à la plume de Guy de Maupassant, ou encore une œuvre graffitée de la main de Marcel Proust par laquelle le couple contracta cette étonnante obsession pour les peintures d’auteurs en 1971…