Identification

Les Chroniques

La véritable origine des plus beaux aphorismes, Dominique Noguez

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 06 Février 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

 

Une lecture est une aventure personnelle, sinon « à quoi bon ? »

 

Un « manuel » de réjouissante culture

J’appelle « aphorismes » la plupart du temps des aphorismes au sens strict, c’est-à-dire des vues sur le monde en forme de définition ou d’observation brève tournant au mot d’esprit…

Dominique Noguez

Brève préface pour annoncer la postface

 

L’Autre

Ecrit par Kamel Daoud , le Vendredi, 06 Février 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

 

L’Autre, j’en ressentais le creux, la trace creuse en moi, le besoin de me mouvoir vers lui, la calcination quand il me brûla ou l’endroit endolori par son arrachement. Brusquement, je me suis senti en déséquilibre, sans l’autre, un peu chancelant dans mon humanité, bref et sans direction dans l’espace quand ce n’est pas une direction vers un visage, tournant dans l’affolement ou en orbite autour d’une énigme. L’Autre n’était pas ma moitié mais mon véritable moi. J’y allais dans toutes les directions, j’y venais, j’en revenais. Tout s’expliquait par mes gestes vers ce centre inachevé quand il n’est pas totalement voulu. Le désir, l’offrande faite au ciel, le sacrifice, l’invention du feu pour deux mains et pas pour une seule, la sexualité qui en était le cri et l’art qui en est le soupir, ou le sens de toutes les rivières du monde qui en sont la confession, la narration, le récit qui vient et s’en va.

D’Images et de bulles (15) - Inspecteur Longdubec, La Cigogne marche sur des œufs, Trédez et Nicolet

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 03 Février 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Inspecteur Longdubec, La Cigogne marche sur des œufs, Trédez et Nicolet, éditions du Long Bec, octobre 2014, 48 pages, 12 €

 

Les jeunes éditions du Long Bec se lancent dans le polar avec un nouveau héros, l’inspecteur Longdubec. Il a un chapeau mou, un imperméable de privé, mais surtout un bec et quel bec, digne de Cyrano ! Voici donc l’inspecteur Longdubec, un poulet droit sorti d’un Simenon croisé avec un dessin animé vrillé ; enfin un poulet oui et non, plutôt une cigogne, une vraie, une pure et dure, un mec viril. De ceux à qui on ne la raconte pas, qui cogne fort quand les circonstances l’exigent et qui cogite avec classe.

Nous sommes bien dans une histoire de drôles d’oiseaux, inspirée du Corbeau de Clouzot : une histoire avec une double enquête bien menée et bien ficelée, des dessins originaux et joliment pas bien léchés. Si les jeux de mots partagés par Longdubec et son adjoint, le brigadier Tetdeuf, donnent parfois une folle envie de leur casser la coquille et si les clins d’yeux sont parfois un peu appuyés, l’ensemble est stimulant, plaisant et surprenant.

Néo-Koreish : Mohammed sera tué au nom de Mohammed

Ecrit par Kamel Daoud , le Mercredi, 28 Janvier 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED, Côté actualité

 

Ciel froid, boursouflé, chargé de pluies à venir. Gris comme une mauvaise humeur. Derrière la vitre, le monde, ses miniatures, ses routes, une voiture qui rampe le long de l’avant-bras de l’horizon. Les arbres sont tenaces et vieillis, leur verdure ressemble à un bagage oublié en cette saison.

Des habits d’autres temps, juchés sur les portemanteaux des branches mortes. Les oiseaux ne sont plus que des points noirs qui errent. Il n’y a presque plus de noms pour beaucoup de choses. Juste des traces, de la nudité gelée. La terre est un trait. Par-dessus le ciel, en trait ferme. Le Yi-king version météo. La création est un hexagramme géant.

La question est suspendue sur ma tête comme un lustre dans une mosquée vide : faut-il encore continuer à écrire ? La technique du petit garçon aux allumettes est peut-être une illusion quand le monde est une coupure d’électricité volontaire. Le monde va mal. Dévissé. Branlant comme une porte rouillée entre un Dieu silencieux et un homme qui prie dans la mauvaise direction. Entre deux époques.

Japonismes, Collectif sous la direction d’Olivier Gabert

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Vendredi, 23 Janvier 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED, Côté Arts

Japonismes, Collectif sous la direction d’Olivier Gabert, Flammarion, Décembre 2014, 240 pages, 55 €

« Le japonisme est en train de révolutionner l’optique des peuples occidentaux »,

Edmond et Jules de Goncourt. Journal. Mémoires de la vie littéraire, tome II (1866-1886), Paris, Robert Laffont, 1989

 

C’est au cœur de trois collections muséales françaises (le musée d’Orsay, le musée Guimet et le musée des Arts décoratifs) que l’ouvrage Japonismes et les éditions Flammarion ont puisé aux sources des différents courants d’art du Japon. Ainsi, le livre se déroule selon un fil chronologique. Non pas pour établir des classements thématiques, mais pour mettre en évidence le long continuum des expressions diverses, par des instants fragmentés, donnant une « photographie » d’ensemble de ce qu’a été l’assimilation par les différentes pratiques artistiques occidentales, pour en révéler les intentions majeures d’aspiration à la beauté, à la nouveauté, à la liberté : un éventail de tous les sens du japonisme qui se déploie sous nos yeux, comme un paravent de nos fantasmes, une soierie de nos désirs, flottant sur les corps de nos contradictions !