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Les Chroniques

Le soi, le monde, l’être, la vie à propos de Intelligence du corps, d’Ingrid Auriol

Ecrit par Didier Ayres , le Jeudi, 17 Septembre 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Intelligence du corps, Ingrid Auriol, éd. du Cerf, coll. La Nuit surveillée, 2013, 288 pages, 25 €

 

[…] le penseur accomplirait dans les mots et avec les idées une manière de « danse spirituelle », une danse de contemplatif qui, sans remuer le moindre orteil, adopterait le pas de l’interrogation et soutiendrait l’effort et l’exercice appropriés.

 

C’est de cette manière, comme un lecteur contemplatif, que j’ai lu ce livre intéressant où Ingrid Auriol s’essaye à l’élaboration d’une phénoménologie ontologique du corps. L’auteure, en faisant de fréquentes citations à Heidegger, souligne ce que le philosophe allemand a apporté au champ de la pensée et pour ce qui concerne ce livre, une réflexion sur le corps. Cependant, j’ai procédé – comme je l’ai fait pour ma lecture de Heidegger justement – comme un poète, et non comme un scientifique.

Les Passeurs de littérature, Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Lundi, 14 Septembre 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Il existe bel et bien une poignée d’acteurs culturels qui, de temps en temps, jettent le pont entre les deux rives de la production littéraire, arabophone et francophone. Les passeurs ! Et tant mieux. Tentant, avec un esprit ouvert, d’introduire des fiches de lecture autour du roman algérien de langue arabe dans les espaces médiatiques francophones. Et tant mieux. Il faut rendre hommage à ces quelques plumes bilingues, ces lecteurs bilingues, entre autres Sara Kharfi, Fayçal Métaoui, Amine Idjer, Hacen Ouali, Merzak Bagtache, Djilali Khallas…

À travers l’espace qui leur est réservé, continuent à fournir un noble effort pour une meilleure connexion entre les deux champs littéraires algériens. Mais malgré cet effort fourni, les écrivains arabophones non traduits en français ne jouissent pas de visibilité médiatique dans les titres francophones. Il faut le signaler. Pour illustrer cette non-visibilité médiatique, je rapporte, ici, une histoire qui m’a été racontée par le défunt romancier Tahar Ouettar. Juste, après la traduction de quelques-uns de ses romans, sur un ton étrange, interrogateur et amer, Tahar Ouettar m’a fait cette confidence : “Je me suis senti, pour la première fois, dans la peau  d’un écrivain algérien lorsque j’ai été  traduit  par Marcel Bois.

Assia Djebar : La manouvrière de la langue libérée…

Ecrit par Nadia Agsous , le Lundi, 07 Septembre 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Porte-voix des femmes dont les vies ont été étouffées, enfermées, niées ; auteure d’une œuvre originale, protéiforme et d’une sensibilité explosive ; femme aux talents multiples, Assia Djebar (1936-2015) est décédée le 6 février 2015, laissant derrière elle une œuvre monumentale traduite en vingt trois langues. Elle était âgée de soixante dix-neuf ans. Fille d’ici et de là-bas ; femme de lettres connue et reconnue ici et ailleurs, Assia Djebar est incontestablement l’auteure qui a brisé les tabous, défié les interdits, franchi les frontières du Possible en mettant les femmes au cœur de sa production fictionnelle, théâtrale, cinématographique… A travers son œuvre riche et variée, de page en page, ligne après ligne, derrière le zoom d’une caméra, sur les planches d’un théâtre, les femmes occupent une place centrale. En déployant une pensée incroyablement lumineuse, elle dévoile ses pairs, toutes générations confondues : grands-mères, mères, sœurs, filles. Et les met à nu face à un monde où le pouvoir des hommes et les lois nationales profondément misogynes et discriminatoires agissent sur Assia Djebar comme un leitmotiv pour défier leur mainmise sur les corps et les vies des femmes dépouillées de toute individualité propre en raison de leur appartenance au sexe féminin.

Bertrand Russell, penser avec et au-delà des mathématiques Épisode 1 : Du mathématicien au prix Nobel de littérature

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Jeudi, 03 Septembre 2015. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

En 1950, le Prix Nobel de littérature est attribué au mathématicien et philosophe britannique Bertrand Russell. Ses 78 ans l’ont écarté de la médaille Fields décernée depuis 1924 à de jeunes chercheurs en mathématiques et la philosophie ne fait quant à elle l’objet d’aucune distinction particulière.

Est-ce donc comme pis-aller que le penseur se voit remettre le Nobel ? Il est certain que son œuvre n’a rien de commun avec celle de ses compatriotes déjà récompensés, parmi lesquels Rudyard Kipling ou George Bernard Shaw. C’est pourquoi Russell confie, dans son Autobiographie, la surprise qui fut la sienne : « Quand je dus me rendre à Stockholm, à la fin de 1950, afin d’y recevoir le prix Nobel – de littérature, ce qui m’étonna, pour mon livre Mariage et Morale – je n’étais pas sans appréhension car je me rappelais que trois cents ans auparavant, presque jour pour jour, Descartes avait été invité en Scandinavie par la reine Christine en hiver et qu’il y était mort à cause du froid » (1).

Saul Bellow, chez Quarto Gallimard

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 02 Septembre 2015. , dans Les Chroniques, La Une CED

Herzog, La planète de Mr. Sammler Tome 1, Saul Bellow, Gallimard, Coll. Quarto, 2012, traduit de l’Américain par Michel Lederer, 640 pages, 22 €

 

Les aventures d’Augie March, Le don de Humboldt Tome 2, Saul Bellow, Gallimard, Coll. Quarto, 2014, traduit de l’Américain par Michel Lederer, 1024 pages, 34,90 €

 

Les aventures littéraires de Saul Bellow

Après un premier volume consacré à Saul Bellow, la collection Quarto des maisons d’édition Gallimard continue l’aventure en offrant au public un second opus, paru en Août 2014.

Un lecteur attentif et passionné sait que depuis quelques années la collection Quarto recense les écrits d’écrivains célèbres tels que Annie Ernaux, Jorge Semprun ou encore Tanizaki Junichiro, pour les faire connaître à un lectorat toujours aux aguets de belles œuvres.