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Les Chroniques

La bienveillante ironie de Richard Ford

Ecrit par Roland Goeller , le Lundi, 24 Mars 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Ma mère, récit autobiographique, titre original My mother, 1988

Péchés innombrables, recueil de nouvelles, titre original A multitude of sins, 2001. Points

 

« Elle observait mes efforts pour devenir écrivain, sans les comprendre entièrement.

– Mais quand vas-tu prendre un travail et t’y mettre pour de bon ? me demanda-t-elle un jour » (Ma mère).

« Pourtant, à travers ma mère que j’ai connue et aimée, je me sens relié à tout ce monde étrange, à cette chose autre qu’était sa vie, et dont j’ignorais à peu près tout. C’est là une particularité de notre vie avec nos parents, que l’on oublie souvent et qui passe inaperçue. Nos parents nous relient – aussi isolés que nous soyons dans notre existence – à une chose que nous ne sommes pas, mais qu’ils sont, il y a là une coupure, peut-être un mystère, si bien que même ensemble nous demeurons seuls ».

L'obsession : le roman arabe contemporain est malade !

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 19 Mars 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

SOUFFLES ...


Je ne veux pas tomber dans des généralités infécondes, mais ce que je développe est phénoménal et mérite d’être pensé. Repenser. Le roman arabe contemporain est otage d’obsessions. Il est obsédé par la politique, démesurément idéologique. Il est fait de dénonciations, de lamentations et de “faux barrages” dressés par les islamistes ! Et parce qu’ils sont hantés par une seule obsession, les romanciers arabes écrivent la même chose, dans un même texte qui change de titre. Ils écrivent de la même façon la même amertume. Dans un monde Arabo-musulman où le romancier, dans sa vie privée comme dans ses pensées politiques ou philosophiques, est assiégé par une chaîne de montagnes d’interdits, de toutes couleurs, dans ce monde où la liberté individuelle est confisquée, l’individu n’est qu’un rien appartenant à un troupeau qui, à son tour, aux yeux des pouvoirs, n’est qu’un double rien !

L’Orange-Bleu

Ecrit par Bénédicte Fichten , le Dimanche, 16 Mars 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

L’Orange-Bleu

 

Je ne sais pas depuis combien de temps, précisément, ce roman germe en moi, depuis combien de temps il pousse et se développe, se déploie, depuis combien de temps je l’ai dans les tripes ou les entrailles, dans la peau, donc, depuis combien de temps j’attends son éclosion, sa naissance et sa fureur de vivre parmi les livres, les rayons des libraires et sur le net, dans vos mains…

Pas mal de choses sont inexplicables, ou ne le sont que par instinct : pour moi je suis écrivain depuis les premières années de ma naissance, peut-être bien vers l’âge d’un an, lorsque disparut mon frère. Je sais qu’alors mon comportement ne fut pas clair. J’étais si petite, et peut-être comprenais-je déjà pas mal de choses ? Je me souviens, alors, avoir reçu avec grâce et évidence les trains électriques destinés au Noël de ce frère et chevaucher sa moto comme si c’était la mienne, la sienne.

D’Images et de bulles (2) : Le Chevalier d’Éon, Agnès Maupré

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 13 Mars 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Le Chevalier d’Éon, Agnès Maupré, tome 1 « Lia », Ankama, février 2014, 96 pages, 15,90 €

 

Personnage fascinant et énigmatique, source de nombreuses rumeurs et légendes, objet d’études et de fictions diverses, le Chevalier d’Éon s’incarne sous la plume élégante d’Agnès Maupré dans un volume recherché et passionnant. Ce premier volet de ce qui s’annonce comme une série, nous plonge dans le siècle de Louis XV, complexe et décadent et nous fait découvrir comment d’Éon débuta sa carrière fantastique.

La belle facture de l’édition, la couverture montrant le Chevalier nu devant son miroir prêt à revêtir une robe, une épée à ses pieds, piquent déjà la curiosité du lecteur et annoncent une lecture des plus savoureuses. Toute l’ambiguïté du personnage se résume en cette image : doté de tous les talents, aussi séduisant en homme qu’en femme, d’Éon passera adroitement d’une identité à l’autre au gré de ses missions afin de satisfaire les souverains pour lesquels il travaille.

D’images et de bulles (1) : Blacksad, Amarillo

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 08 Mars 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Blacksad, tome 5 Amarillo, Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido, janvier 2014, Dargaud, 56 pages, 13,99 €

 

Depuis son premier volume en 2000, la série Blacksad rayonne avec bonheur sur le neuvième art. Des scénarios impeccables, une composition sublime, des illustrations d’une élégance et d’une maestria inégalées. Et pas une ride en près de quinze ans. Amarillo en témoigne de façon magistrale.

Nous retrouvons notre privé félin décidé à se mettre au vert après des aventures mouvementées en Louisiane. Alors qu’il quitte Weekly à l’aéroport, il croise la route d’un riche bovidé qui lui confie la conduite de sa voiture direction Tulsa. Mais les habitudes reviennent au galop et Blacksad ne peut s’empêcher d’intervenir dans une rixe inégale : résultat, les victimes lui volent son véhicule. Il s’agit d’un duo d’écrivains beatniks rongés par l’incertitude et l’alcool, rivalisant de talent et de rage (on avait déjà croisé Greenberg le bison furieux dans le tome 3 Âme rouge). Lors d’une soirée trop arrosée, la querelle dégénère et Chad Lowell dézingue Abraham Greenberg avant de décamper au volant de la voiture dérobée, le privant à la fois de sa « poésie » et de ses « couilles ».