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Les Chroniques

L'obsession : le roman arabe contemporain est malade !

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 19 Mars 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

SOUFFLES ...


Je ne veux pas tomber dans des généralités infécondes, mais ce que je développe est phénoménal et mérite d’être pensé. Repenser. Le roman arabe contemporain est otage d’obsessions. Il est obsédé par la politique, démesurément idéologique. Il est fait de dénonciations, de lamentations et de “faux barrages” dressés par les islamistes ! Et parce qu’ils sont hantés par une seule obsession, les romanciers arabes écrivent la même chose, dans un même texte qui change de titre. Ils écrivent de la même façon la même amertume. Dans un monde Arabo-musulman où le romancier, dans sa vie privée comme dans ses pensées politiques ou philosophiques, est assiégé par une chaîne de montagnes d’interdits, de toutes couleurs, dans ce monde où la liberté individuelle est confisquée, l’individu n’est qu’un rien appartenant à un troupeau qui, à son tour, aux yeux des pouvoirs, n’est qu’un double rien !

D’Images et de bulles (2) : Le Chevalier d’Éon, Agnès Maupré

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 13 Mars 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Le Chevalier d’Éon, Agnès Maupré, tome 1 « Lia », Ankama, février 2014, 96 pages, 15,90 €

 

Personnage fascinant et énigmatique, source de nombreuses rumeurs et légendes, objet d’études et de fictions diverses, le Chevalier d’Éon s’incarne sous la plume élégante d’Agnès Maupré dans un volume recherché et passionnant. Ce premier volet de ce qui s’annonce comme une série, nous plonge dans le siècle de Louis XV, complexe et décadent et nous fait découvrir comment d’Éon débuta sa carrière fantastique.

La belle facture de l’édition, la couverture montrant le Chevalier nu devant son miroir prêt à revêtir une robe, une épée à ses pieds, piquent déjà la curiosité du lecteur et annoncent une lecture des plus savoureuses. Toute l’ambiguïté du personnage se résume en cette image : doté de tous les talents, aussi séduisant en homme qu’en femme, d’Éon passera adroitement d’une identité à l’autre au gré de ses missions afin de satisfaire les souverains pour lesquels il travaille.

D’images et de bulles (1) : Blacksad, Amarillo

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 08 Mars 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Blacksad, tome 5 Amarillo, Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido, janvier 2014, Dargaud, 56 pages, 13,99 €

 

Depuis son premier volume en 2000, la série Blacksad rayonne avec bonheur sur le neuvième art. Des scénarios impeccables, une composition sublime, des illustrations d’une élégance et d’une maestria inégalées. Et pas une ride en près de quinze ans. Amarillo en témoigne de façon magistrale.

Nous retrouvons notre privé félin décidé à se mettre au vert après des aventures mouvementées en Louisiane. Alors qu’il quitte Weekly à l’aéroport, il croise la route d’un riche bovidé qui lui confie la conduite de sa voiture direction Tulsa. Mais les habitudes reviennent au galop et Blacksad ne peut s’empêcher d’intervenir dans une rixe inégale : résultat, les victimes lui volent son véhicule. Il s’agit d’un duo d’écrivains beatniks rongés par l’incertitude et l’alcool, rivalisant de talent et de rage (on avait déjà croisé Greenberg le bison furieux dans le tome 3 Âme rouge). Lors d’une soirée trop arrosée, la querelle dégénère et Chad Lowell dézingue Abraham Greenberg avant de décamper au volant de la voiture dérobée, le privant à la fois de sa « poésie » et de ses « couilles ».

Camus contre Kamis, contre Larbi

Ecrit par Kamel Daoud , le Mercredi, 05 Mars 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Mille vies pour l’écrivain qui est né dans une terre, mort dans une autre, qui n’a pas fait la guerre mais à qui on fait encore la guerre, qui a créé le meurtre absurde, mort absurdement dans un accident, qu’on accuse de ne pas avoir pris les armes mais la route, d’aimer sa mère, d’être un génie, un pied-noir, une main seule (qui n’applaudit pas) et un visage obscur.

Albert contre Larbi : le premier sans-papiers de l’histoire qui a mal fini et qui attend encore le regroupement familial entre ses deux familles. Il est Algérien par le droit du sol et français par l’histoire de la fin. On l’accuse de ne pas être FLN mais on veut le ramener vers le FN. On se l’arrache mais on se le déchire, on l’enterre mais il flotte sur les consciences. On le soupçonne d’avoir choisi de ne pas choisir et cela est mal vu de part et d’autre. Cinquante ans après, ou plus, on continue. Le Camus algéro-français continue à faire le gras de l’actualité à chaque fois que l’actualité s’emballe en France ou en Algérie. Camus dans ce cas est le premier produit de consommation interne de la France-Algérie. Citoyen dernier d’un pays qui n’existe plus alors que lui existe encore, seul, debout dans une gare maritime abandonnée. On le célèbre et il est convenu de dire qu’on le comprend mal, que c’est un malentendu, un procès, un étranger, un pestiféré, un exil, un envers du décor.

A propos de Du côté de chez Drouant, Pierre Assouline

Ecrit par Michel Host , le Samedi, 15 Février 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Une lecture est une aventure personnelle, sinon « à quoi bon ? »

Michel Host

 

Au sujet d’un almanach mondain


Qu’on me pardonne de me mettre en avant à propos d’une publication, mais je suis dans le texte : laisser sans réplique la sottise, le mensonge et la calomnie n’étant pas mon genre, une fois encore je dois parler du Prix Goncourt après avoir publiquement juré de ne plus jamais le faire (Sud-Ouest dimanche, le 27/X/2000).

Monsieur Assouline m’en fournit le prétexte qui, dans son récent non-livre Du côté de chez Drouant, se fait ses dents gâtées sur ma personne (et sur quelques autres) – cinquante l’avaient déjà fait avant lui – dans les termes suivants :