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Les Chroniques

Lettres sur la littérature, Walter Benjamin (3ème article), par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 05 Juillet 2016. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Lettres sur la littérature, Walter Benjamin, Zoé, mars 2016, édition établie et préfacée par Muriel Pic, trad. allemand Lukas Bärfuss, maquette de couverture Silvia Francia, 150 pages, 15 €

 

Un chasseur à l’orée du bois

 

« Le processus de décomposition actuel de la littérature française empêche même la germination à long terme des graines qui y semblaient semées »

W. Benjamin, pp.108-109

 

Pour Benjamin, on le comprend, toute littérature n’est lisible qu’en tant que composante du combat philosophique, sociologique et politique qu’il mène, avec ses connaissances et amitiés (parmi elles, celle de Max Horkheimer) nées autour des activités d’un groupe d’intellectuels marxistes et antifascistes regroupés sous la dénomination d’École de Francfort (1).

Les pionniers : le pied déjà dans l’étrier !, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Lundi, 04 Juillet 2016. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

 

Depuis 1949, l’année de la crise berbère, les voix libres n’ont pas cessé de crier haut et fort appelant à « la réhabilitation pure et simple de la langue amazighe dans son sol natal, sur les langues de ses enfants ».

Depuis cette date, des générations ont vu, ont vécu l’amertume politique et identitaire pour assurer l’avenir de cette langue. Au cours de cette période 1949-2016, beaucoup de voix nobles ont marqué l’histoire de la cause berbère.

Si quelques-unes ont été atténuées, d’autres n’ont jamais baissé ni les bras, ni les plumes, ni les cordes ! La langue tamazight a subi tous les malheurs de l’Histoire. La folklorisation. La marginalisation. La banalisation. L’effacement. Le dénigrement. L’accusation de trahison nationale.

Le présent sacré à propos de Tracé du vivant de Marie-Claire Bancquart

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 02 Juillet 2016. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Tracé du vivant de Marie-Claire Bancquart, Arfuyen, 2016, 11€

 

Comme j’essayais d’aborder ce livre reçu il y a peu, j’ai cherché une manière originale de l’atteindre. Pour finir, j’ai agi tout simplement en considérant la couverture. Car ce Tracé du vivant s’ouvre sur un fac-similé d’une partition manuscrite d’Alain Bancquart, l’époux de la poétesse. J’étais ainsi déjà d’emblée en compagnie d’une écriture sobre et élégante. Mais, pas seulement, car cette lecture du recueil que publie Marie-Claire Bancquart dans la collection des Cahiers d’Arfuyen, cette année, recèle de grandes questions métaphysiques, essentiellement sur le temps et la mort. D’ailleurs ce goût de mort pousse à la sagesse ; là, l’écoulement du temps revient à observer le temps qui passe, heures, jours, années, saisons qui se reflètent et s’entremêlent au point de laisser le poème encore assez ouvert à la vie – comme l’y invite Levinas par exemple, au sujet de soi, d’un soi-même étant toujours ouvert, jusqu’à la blessure, jusqu’à autrui.

Pierre Pachet, Tlemcen, par Léon-Marc Levy

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 30 Juin 2016. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Au coeur d’un souvenir lointain de ciel bleu foncé, je retrouve Pierre Pachet avec ses yeux, bleus aussi, comme il y en avait peu autour de nous à Tlemcen. Tlemcen, belle cité de l’ouest algérien, où Pierre venait – il devait avoir 22 ou 23 ans - effectuer son service militaire. Plutôt civil en fait, car comme de nombreux jeunes intellectuels français, il avait fait le choix d’enseigner « aux colonies ». Je fus ainsi l’un des tout premiers élèves de Pierre Pachet, qui comptait alors au nombre des plus jeunes agrégés de France.

Nous, les jeunes gars de 3ème B2 du lycée de la ville (curieusement appelé « lycée franco-musulman » faisait remarquer Pierre dans un entretien récent à la Cause Littéraire), nous n’avions jamais vu de professeur si jeune, si frêle, si posé. Il n’eut jamais à élever la voix pour établir son autorité sur nous ; l’assurance de son savoir, la force de sa culture, sa bienveillance souriante mais exigeante ont amplement suffi à prendre la main sur les 43 (!) élèves de la classe, des garçons pourtant solides et volontiers dissipés. Pierre avait un intérêt spontané pour ses élèves et établissait ainsi avec nous une sorte de complicité, presque de classe d’âge (nous n’avions après tout qu’une dizaine d’années d’écart).

Et si le réel était le masque du songe ?, Gilles Plazy, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Mercredi, 29 Juin 2016. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Et si le réel était le masque du songe ?, Gilles Plazy, éd. La Sirène étoilée, avril 2016, 37 pages, 15 €

L’objectif inobjectif

« Venu tard à la photographie, je fus vite pris pour elle d’une passion compulsive, déclenchant tous azimuts en argentique et m’enfermant avec délices dans la chambre noire du tirage. Puis ce fut le temps digital, en abondance encore et dans l’ouverture de nouveaux possibles, me confirmant dans cette incertitude que l’évidence ne nous livre que la peau des choses » (Gilles Plazy)

Le premier à y penser fut – si j’en crois mon encyclopédie – un allemand nommé Johann Wilhelm Ritter, physicien de son état. Sa quête : comment tirer une image de la chambre noire ? Rendez-vous compte, c’était en 1801. Waterloo n’avait pas eu lieu. Baudelaire ne naîtrait que dans vingt ans. On ne parvint à rien, et à presque rien avec les suivants, les anglais Wedgwood et Humphry Davy. Puis, unissant leurs efforts, Louis Daguerre et Nicéphore Niepce firent la découverte décisive (1829), l’ionisation de la plaque de cuivre argenté (selon un procédé très complexe) et sa fixation, offrant une image parfaitement visible et proche de « la perfection picturale ».