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Les Chroniques

Je vous construis le paradis ! par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 15 Avril 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Aujourd’hui, j’ai décidé de construire le paradis. Et pour construire le paradis, un vrai paradis, il faut avoir les ingrédients adéquats et nécessaires : humains, angéliques, diaboliques, matériels et textuels. Parce que je l’ai toujours imaginé en forme d’une vaste et riche bibliothèque, donc pour ériger le paradis, le vrai paradis, il me faut des livres, beaucoup de livres humains et divins. Les meilleurs livres de tous les siècles et de tous les Cieux. Des livres dans toutes les langues. Même ceux écrits dans les langues des oiseaux. Dans toutes les disciplines et dans toutes les indisciplines ! Et beaucoup de manuscrits ornés et calligraphiés par les plus grands maîtres du calame à l’image d’El Wassiti et Ibn Moqla.

La bibliothèque, même avec ses milliers de livres et manuscrits, sans la présence des poètes, elle n’est qu’espace mort. Mausolée abandonné. Donc j’ai décidé d’inviter les poètes pour occuper mon Éden. J’ai établi une liste des meilleurs faiseurs de mots ou de papillons. Je les ai classés par ordre de mérite c’est-à-dire par ordre de malédiction. La « malédiction poétique » est un critère littéraire déterminant dans mon choix. Et parce que le paradis est un espace de liberté, j’ai laissé la liste ouverte.

Quand la philosophie redevient populaire

Ecrit par Pauline Fouillet , le Mercredi, 15 Avril 2015. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

La playlist des philosophes, Marianne Chaillan, éditions le Passeur, janvier 2015, 302 pages, 19,50€

Collection Philoménale, Frédérique Elbaz, et La Wäwä, éditions du mercredi, 30 pages, 9,80 €

 

Dans une société où l’enseignement de la philosophie n’arrive qu’à notre majorité et où cette dernière n’est considérée que comme l’apanage des riches, deux auteurs s’insurgent contre les idées reçues et créent des ouvrages insolites mais fantastiques proposant la philosophie pour tous. La philosophie est omniprésente dans notre vie quotidienne. C’est elle qui nous explique la société et ses codes et qui nous rend la vie en groupe plus facile. Il y a quelques siècles de cela, en Grèce notamment, cette matière noble était aussi très populaire. Et c’est pour lui rendre ses lettres et sa place que Marianne Chaillan et Frédérique Elbaz ont créé pour la première un ouvrage ludique destiné aux ados et adultes ; pour la seconde une collection à destination des enfants dès 8 ans.

Retour sur "Soumission" de Michel Houellebecq

Ecrit par Isabelle Siryani , le Lundi, 13 Avril 2015. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Houellebecq est vivant, mais Houellebecq vieillit. Dans Soumission, le cholestérol a supplanté les phéromones. Exit LSD et tarpés sous le tipi, le héros combat l’ennui et remplit ses fiches d’impôts en se défonçant doucement au Bourbon acheté chez Casino. D’ailleurs, il n’est jamais ivre, il est pompette. Exit aussi les camps de soixante-nuitards aux mœurs décadentes et libertaires ; les chaires universitaires ont remplacé les tapis hippies, les voiles dissimulent les longueurs blondes ou brunes et les cuisses s’écartent très cupidement. Qui aurait pu penser que le héros cynique et provocateur à la verge incontrôlable de Houellebecq m’aurait un jour manqué ? Dans Soumission il m’a manqué et m’a en effet soumise à la parfois douloureuse lecture d’un roman qui n’a pas rempli ses promesses. Si c’est ça vieillir, je me jette d’office sur le Benjamin Button.

Achtung ! Attention ! Warning ! Attenzione !

Comme pour chacun de ses romans, il est probable que les plus pessimistes d’entre nous s’assomment avec deux, trois cachets, histoire de trouver le sommeil, ou s’enfilent deux trois paquets de chips pour retrouver un plaisir à la vie à défaut de sexe. Je conseille, quant à moi, aux plus sensibles de prévoir de se lover dans des bras fermes et cajoleurs, sans soumission aucune sauf si c’est dans un lit.

Carnets d’un fou : XXVI (mars 2015)

Ecrit par Michel Host , le Samedi, 11 Avril 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

(Pour la nouvelle présentation de ces « Carnets », lire la première page des Carnets d’un fou-XXIV)

 

« La Bibliothèque n’est pas ce qu’un vain peuple pense. Mais un climat, mais un haut lieu. Elle fascine, elle envoûte, elle fait des vocations. Cent vingt kilomètres d’imprimés y plongent trois cents chercheurs dans de chastes ivresses. Quand on les a connues on n’en guérit jamais ».

Alexandre Vialatte, Chroniques de La Montagne, I, p.87

 

# Il y a eu (des paléontologues le prétendent) un homo habilis et un homo faber. Je veux bien. Tranche-biftecks en silex, armes de poing et de main. Puis vint, dit-on, homo sapiens. Là, je l’avoue, c’est se vanter au-delà de toute raison. Pourquoi alors les flèches et les arquebuses ? Quant à prétendre qu’il fut suivi de homo sapiens sapiens, c’est vouloir cacher la laideur de ses pieds sous la roue du dindon.

Ecrits pour l’amitié (*1)

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Samedi, 11 Avril 2015. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

« Chacun a son propre ciel. Il ne faut jamais s’installer dans le ciel d’un autre car on s’y sentira toujours comme un étranger. Par contre les cieux des autres peuvent nous inspirer à créer et élargir notre propre ciel »

(Anna-Eva Bergman, Carnet de 1950)

 

J’avais lu, il y a très longtemps, De sel et de cendres et j’ai renoué depuis peu avec la lecture de Jean Proal en découvrant les nouvelles du recueil Bleu de neige du bulletin n°5 de l’Association des amis de Jean Proal.

J’écrivais dernièrement à Anne-Marie Vidal, dont le travail pour faire vivre l’œuvre de l’auteur est passionné et passionnant, la fascination qu’exerce cet auteur sur nos esprits. Et aussi, combien j’avais été troublée dans ces nouvelles par le lien étroit entre les thématiques de l’amour et de la mort qui parcourt les textes.