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Les Chroniques

L’amie prodigieuse, Elena Ferrante, par Sana Guessous

Ecrit par Sana Guessous , le Jeudi, 13 Avril 2017. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

 

Deux gamines en haillons. Un quartier patibulaire de Naples. Des gens affreux, sales et méchants, qui se menacent en dialecte rocailleux. L’horizon plus gris que la tôle ondulant au-dessus des têtes. La violence qui explose à chaque pas de travers et ravage les gueules éperdues.

Dans ce champ de mines gambadent Lina et Lenu. L’une est intrépide, l’autre timorée. Lina est un astre, un monstre, Lenu est l’ombre qui la suit partout.

Je les regarde pousser dans les pavés d’Elena Ferrante. Herbes folles dressées à la face d’un monde lugubre, herbes folles éreintées par la vie. Elles se dressent, s’écroulent et se redressent. Sorcières échevelées, cornues, puissantes, sorcières crépitantes qui se rient du brasier.

Hommage à Julien Schuh, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 10 Avril 2017. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Si Julien Schuh est un universitaire reconnu, s’affirmant comme le plus grand spécialiste que je connaisse de Jarry et de la fin de siècle, il est également un styliste de premier plan, et c’est en cela que lire ses ouvrages érudits s’avère, continûment, être un plaisir non dissimulable.

En témoigne son utilisation du point-virgule (et l’on sait combien le point-virgule a mauvaise presse aujourd’hui !), lequel point-virgule « atteste un plaisir », subtil, « de penser », ainsi que l’a noté Jacques Drillon dans son Traité de la ponctuation française (Tel, 1991).

Il n’est que de se reporter à L’illustration en débat : techniques et valeurs, 1861-1931 (Éditions et presses universitaires de Reims, collection Héritages critiques, 2015) :

« Paradoxalement, l’industrialisation ne provoque pas d’emblée une uniformisation des pratiques ; la fin du XIXe siècle peut au contraire être considérée comme un vaste laboratoire où l’on expérimente des formes originales de relation entre les images et les textes, par la création d’objets imprimés d’un genre nouveau ».

Hommage à Hubert Lucot, par Pierrette Epsztein

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Samedi, 08 Avril 2017. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Il a fallu que le temps fasse son ouvrage pour que je puisse rendre hommage à Hubert Lucot. En effet, comment rendre compte, avec une certaine distance, de cette rencontre qui a été marquée du sceau de la connivence mais m’a aussi poussée à me poser des questions sur ce que fut cette relation si étonnante que je me garderai bien de qualifier ?

J’ai entendu Hubert Lucot pour la première fois à Cerisy lors du colloque sur l’autofiction où, le vendredi 29 juillet 2008, il fit une communication intitulée Je est un ogre. Sur l’estrade, un homme très grand, une carrure de rugbyman. Il était très impressionnant. Il a parlé de son écriture. Dans ses récits, il souhaitait mettre en valeur des « éclats mosaïques de la mémoire », « des surgissements fugaces », avec une obsession réaliste. Il n’est pas indifférent à la marche du monde. Il parle de sa « colère politique ». Il précise bien que ses textes n’ont rien de spontané. C’est un maniaque du mot juste. Il retravaille chaque phrase au niveau des couleurs, des silences, de la musique. Tout son travail de réécriture consiste « à retirer ». En fait, il est « un dévorateur de vie ». Il aime la flânerie, la bonne nourriture et tous les plaisirs de l’existence.

Mondes parallèles, Imbert, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Mercredi, 05 Avril 2017. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Mondes parallèles, Imbert (Nouvelles), 7 écrit, Éditions Paris, 2017, 284 pages, 24 €

(www.imprimerieclip.fr / contact@imprimerieclip.fr)

 

L’Œil de la mouche

 

« Chez nous, ce conflit s’était soldé par la défaite totale de la tradition et la généralisation planétaire de l’homme minimum. Un homme réduit à ses capacités de consommation. Un homme ayant la capacité de tout faire et aucune vraie raison de faire quoi que ce soit », Imbert (Raskar)

Quand le paradis est plus vaste que prévu, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 04 Avril 2017. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Souffles

 

Ce temps de peste que nous traversons…

Daech est une création de la charia. Daech est une organisation fasciste, mais une pensée d’abord, qui puise sa vitalité dans des lectures faussées faites sur des textes religieux, par des faqihs connus. Une organisation-pensée qui vit dans et par la charia, dans et par la jurisprudence musulmane. Elle est née, et elle a grandi dans et par les interprétations politico-intégristes des textes fondateurs de l’islam.

Daech, confortablement installé dans la rhétorique religieuse, dans un vide culturel et spirituel, a su construire un autre paradis dans l’imaginaire du musulman embrigadé et désisté de la vie.