Identification

Articles taggés avec: Leuckx Philippe

Saint-Germain-des-Prés, Jean-Paul Caracalla

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mardi, 06 Février 2018. , dans La Une Livres, La Table Ronde - La Petite Vermillon, Critiques, Les Livres, Voyages

Saint-Germain-des-Prés, mai 2017, Préface de Michel Déon, 176 pages, 7,30 € . Ecrivain(s): Jean-Paul Caracalla Edition: La Table Ronde - La Petite Vermillon

 

Cafés littéraires, ferment intellectuel et éditorial, vivier de jurys littéraires, foyer des étrangers dans un Paris existentialiste, site de nombre de théâtres célèbres, Saint-Germain-des-Prés aura eu de nombreuses fonctions, depuis toujours pourrait-on dire, tant le quartier a essaimé ses atouts tout autour, sur les boulevards, dans les rues environnantes (Saint-Benoît, Rennes, Visconti, Buci, de Seine…).

Il est tellement  de figures aussi qui incarnent Saint-Germain-des-Prés : de Léo Larguier, le poète arpenteur, à Gréco, sa muse dès 1947, Vian, Luter, Sartre, de Beauvoir, en passant par les comédiens Dufilho, Raimbourg, les peintres Picasso, Dali, Masson…

On vient à Saint-Germain. On fréquente les cafés : Le Procope, Le Voltaire, Les Deux Magots, Le Flore. On y boit, on y discute, on y refait le monde, on parle politique, on décerne des prix. Une effervescence de toujours aussi remue le quartier, un véritable appel d’air et d’art dans tout le quartier.

Je voulais leur dire mon amour, Jean-Noël Pancrazi

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mardi, 30 Janvier 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Gallimard

Je voulais leur dire mon amour, janvier 2018, 130 pages, 12,50 € . Ecrivain(s): Jean-Noël Pancrazi Edition: Gallimard

 

 

Né à Sétif en 1949, Jean-Noël Pancrazi a vécu à Batna avant de s’exiler avec sa famille, juste après les accords d’Evian. Crève-cœur, déracinement, vie à Perpignan. On est en 1962.

Cinquante-trois plus tard, le romancier revient à Bône, devenu Annaba (ancienne Hippone de Saint Augustin) pour être juré dans le nouveau festival cinématographique qui décerne les « Anab d’or » parmi une sélection de films des bords de la Méditerranée.

Le récit Je voulais leur dire mon amour retrace avec acuité, mémoire et nostalgie un voyage aller/retour amer ; l’écrivain se faisait une joie de revoir la terre natale, de retourner, comme on lui avait promis, une fois le festival clôturé, dans la ville de sa dernière résidence algérienne de 1962, Batna.

Le Grand Chosier, Laurent Albarracin

Ecrit par Philippe Leuckx , le Lundi, 22 Janvier 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie

Le Grand Chosier, Le Corridor bleu, 2015, 184 pages, 18 € . Ecrivain(s): Laurent Albarracin

 

Ce quatorzième livre de poèmes du poète né en 1970 répond sans doute au vœu de faire de la poésie le nœud de recherches formelles, dans le grand souci d’une langue inventive, ici, prise littéralement de folie lexicale, tant la langue d’Albarracin se donne toujours prête à se mordre la queue, à se dérouler en matrice permanente, jouant le jeu de s’autoproduire à satiété :

Un caillou est chauve de tout. Comme peaufiné par rien. Il fait un trou dans l’eau de l’air.

Un caillou est comme un trou mais un trou fait de matière, une légère béance comblée de pierre… (p.31).

L’humour, normal pour ce continuateur de l’Oulipo, dont les exercices de style fusent ici à tout vent, produit un exemple notoire avec Le Poirier (p.13) :

L’enfant du bonheur et autres proses pour Berlin, Robert Walser

Ecrit par Philippe Leuckx , le Lundi, 15 Janvier 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais, Zoe

L’enfant du bonheur et autres proses pour Berlin, trad. allemand Marion Graf, 304 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Robert Walser Edition: Zoe

 

L’écrivain suisse, de langue allemande, né en 1878, est décédé à 78 ans en 1956. De 1907 à 1933, l’auteur a publié de très brèves chroniques (de deux à quelques pages) dans le Berliner Tageblatt.

D’une thématique très variée, ces chroniques couvrent des sujets qui vont du fait divers (une soirée d’incendie) à des réflexions sur l’art d’écrire, en passant par de courts récits (rêves ou choses vues).

La plume, alerte, élégante, fluide, révèle un art très sûr de l’air du temps et des atmosphères d’une époque riche, à l’heure du charleston et autres bas-bleus de ce temps.

La brève note, la chronique du jour, la notation sur le vif (à la Léautaud mais en moins acide, certes) servent bien le propos d’un auteur saisi de l’art d’écrire vite et bien.

Le statut même de l’écrivain y trouve sa place, dès l’entame du livre (pp.8-10) :

Nos débuts dans la vie, Patrick Modiano

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mardi, 09 Janvier 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Théâtre, Gallimard

Nos débuts dans la vie, octobre 2017, 96 pages, 12 € . Ecrivain(s): Patrick Modiano Edition: Gallimard

 

Première pièce du romancier français, nobélisé, Nos débuts dans la vie, qu’une date traverse – 19 septembre 1966 –, propose une théâtralisation d’éléments biographiques exposés dans Un pedigree (Gallimard, 2005). La pièce raconte les démêlés de Jean avec sa mère Elvire, comédienne de boulevard, et le compagnon de celle-ci, Caveux. Le quatrième personnage, Dominique, est une jeune comédienne qui répète du Tchékhov. Il ne faut pas être grand clerc pour lire les clés que fournit le livre autobiographique de 2005 : Elvire est la transposition de la mère du romancier, Louisa Colpeyn (née Colpijn), actrice de seconde zone, qui a surtout fait des tournées de théâtre dans les casinos des villes où l’on expédiait en pension forcée le futur écrivain, fugueur impénitent. Caveux, écrivain qui bride Jean, se moque de son travail d’écriture et ne fait pas une phrase sans citer les mérites de Sartre, c’est le bouillant Jean Cau, compagnon de la comédienne.