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Iles britanniques

On the brinks, Sam Millar

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 03 Avril 2013. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Roman, Seuil

On the Brinks, traduit de l’anglais (Irlande) Patrick Raynal, mars 2013, 360 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Sam Millar Edition: Seuil

 

« On était vendredi soir. J’aurais dû être au Star à boire une bonne pinte au son d’un orchestre épouvantable massacrant d’épouvantables imitations de Fleetwood Mac. Au lieu de ça, j’avais les couilles à l’air, le cul serti de chevrotines de goudron, et les balloches d’une méchante couleur magenta.

Et j’avais même pas encore atteint le Bloc. Putain, ça allait être un très long voyage dans la nuit ».

Récit autobiographique, On the Brinks, tient aussi, par les incroyables rebondissements de la vie de Sam Millar, du roman noir et du roman d’aventures. Membre de l’IRA participant durant ses années de détention à Long Kesh à la Blanket puis à la Dirty Protests, Millar rejoint les États-Unis après sa libération et sera à l’origine de l’un des plus gros braquages de l’histoire du pays : sept millions de dollars dérobés dans un dépôt de la Brinks à Rochester.

Tout cela, Millar le raconte avec détachement, humour et une bonne dose d’autodérision. Passant rapidement sur son enfance à Belfast, il divise son livre en deux grandes parties correspondant aux deux grandes aventures de sa vie.

Peste soit de l'horoscope et autres poèmes, Samuel Beckett

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 30 Mars 2013. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie, Les éditions de Minuit

Peste soit de l’horoscope et autres poèmes, traduit de l’anglais et présenté par Édith Fournier, novembre 2012, 44 p. 7,50 € . Ecrivain(s): Samuel Beckett Edition: Les éditions de Minuit

 

 

Cette mince plaquette donne à lire des poèmes de Beckett écrits entre 1930 et 1976 et restés inédits en français.

L’intérêt de cet ensemble, outre le caractère inédit des textes, tient à l’aperçu (saisissant) qu’il donne de l’évolution stylistique considérable qu’a suivie (ou subie) Beckett entre ces deux pôles temporels.

En effet, le Beckett des années trente s’illustre dans un style baroque, quelque peu excentrique, qui donne à voir et à penser une culture protéiforme dont le sérieux est constamment contrebalancé par un sentiment d’exubérance vrillé au corps du poète. Il n’est pas avéré que le baroque de cette écriture soit la résultante de la fréquentation que fait Beckett, à cette époque, des dadaïstes et des surréalistes.

L'intensité secrète de la vie quotidienne, William Nicholson

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 21 Mars 2013. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Editions de Fallois

L'intensité secrète de la vie quotidienne, Trad. anglais Anne Hervouët, Février 2013, 410 p. 22 . Ecrivain(s): William Nicholson Edition: Editions de Fallois

 

Avis aux futurs lecteurs de ce roman : risque fort d’addiction ! Certes il s’agit bien de vie quotidienne et donc, globalement, d’événements qui ne dépassent que rarement le possible, voire le probable de tout un chacun. Et pourtant, le talent de William Nicholson, qui manie la narration écrite comme il a su le faire en tant que scénariste dans des films qu’on a adorés (Gladiator par exemple), fait ici encore merveille. Jamais la polyphonie n’a eu tant de réalité que dans ce récit. Plus de dix personnages, tour à tour, au cœur d’une Angleterre rurale, racontent, se racontent, dans une tranche de vie.

Au centre de ce microcosme, Laura. Elle a une quarantaine d’années, un mari, deux enfants, des parents riches, tout va bien. Sauf que. Sauf que 20 ans après une rupture brutale et douloureuse, Nick ressurgit du passé et ébranle la vie de Laura.

L’art de Nicholson n’est pas dans l’écriture elle-même. Il écrit, on lit, on n’en demande ici guère plus. Les petites et grandes misères de tous les jours des personnages, leurs joies aussi, se croisent et se décroisent avec une énergie de chaque instant, un rythme soutenu, une sorte d’évidence. Pas un chapitre qui ne nous captive pas, on veut la suite, comme les soirs de diffusion de nos séries télévisées favorites. Et pourtant, aucun doute, il s’agit bien de faits de la vie quotidienne.

A l'encre russe, Tatiana de Rosnay

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 21 Mars 2013. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Héloïse D'Ormesson

A l’encre russe, traduit de l’anglais Raymond Clarinard, 21 mars 2013, 349 p. 22 € . Ecrivain(s): Tatiana de Rosnay Edition: Héloïse D'Ormesson

 

« Par cinq brasses sous les eaux

Ton père englouti sommeille ;

De ses os naît le corail,

De ses yeux naissent les perles.

Rien chez lui de corruptible ».

La Tempête de W. Shakespeare, traduit par Pierre Leyris

 

Hôtel Gallo Nero, magnifique résidence sise en Toscane. Mois de juillet, de nos jours.

Cuba Libre, Nick Stone

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 15 Mars 2013. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Roman, Série Noire (Gallimard)

Cuba Libre (Voodoo Eyes, 2011), traduit de l’anglais (GB) par Samuel Todd, Février 2013, 504 p. 22,90 € . Ecrivain(s): Nick Stone Edition: Série Noire (Gallimard)

 

 

Après Haïti au début des années 2000 dans Tonton Clarinette, puis le Miami du début des années 80 dans Voodoo Land, Nick Stone nous invite à suivre de nouveau son privé torturé, Max Mingus. Cette fois, ce sera à Cuba en 2008, à la veille de l’élection de Barack Obama.

Alors qu’il a fini par se résoudre, pour survivre, à traiter des affaires sur lesquelles son amour propre lui interdisait jusqu’alors de se pencher – divorces et adultères – Max Mingus apprend que son ancien mentor, le flic pourri Eldon Burns, s’est fait abattre. Son meilleur ami, Joe Liston, suit peu de temps après. Tout indique que Vanetta Brown, activiste noire des années 1960, recherchée pour meurtre et réfugiée à Cuba, serait derrière ces deux meurtres. Contraint par un agent fédéral avide de vengeance, Mingus se retrouve bien vite à la Havane, sur les traces de l’invisible Vanetta Brown.