Identification

Iles britanniques

Œuvres Romanesques complètes. Volume II, Jane Austen en la Pléiade

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 04 Décembre 2013. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La Pléiade Gallimard

Œuvres Romanesques complètes. Volume II, publiée sous la direction Pierre Goubert avec la collaboration Guy Laprevotte et Jean-Paul Pichardie annotation, présentation, trad. de l’Anglais, octobre 2013, lancement 49 € jusqu’au 31 janvier 2014, puis 56 € . Ecrivain(s): Jane Austen Edition: La Pléiade Gallimard

 

Jane Austen consacrée par la Pléiade


Treize ans après la publication du Tome I des œuvres romanesques complètes de Jane Austen, dans laquelle le lecteur a pu savourer la très grande qualité de traduction de Orgueil et Préjugés, la collection de la Pléiade récidive en nous offrant le deuxième tome avant les festivités de fin d’année.

Dans ce tome II, sont mis à l’honneur trois récits de la romancière. Il s’agit du très célèbre Mansfield Park, puis vient ensuite Emma, et enfin Persuasion, dernier roman de Jane Austen, publié en 1818 peu après sa mort.

Une illusion passagère, Dermot Bolger

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 22 Octobre 2013. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Joelle Losfeld

Une illusion passagère (The Fall of Ireland), traduit de l’anglais (Irlande) par Marie-Hélène Dumas, août 2013, 133 pages, 15,90 € . Ecrivain(s): Dermot Bolger Edition: Joelle Losfeld

Quand Martin, haut fonctionnaire irlandais, accompagnant en Chine pour la célébration de la fête de Saint-Patrick le sous-secrétaire d’état au cabinet de qui il est attaché, se retrouve seul dans son hôtel, à Pékin, où l’a laissé son patron pour un jour ou deux, il loue, après avoir longuement tergiversé, les services d’une masseuse.

L’aventure est banalement triviale.

Les hôtels chinois, constate le narrateur, intègrent très naturellement ces prestations, dûment tarifées, dans l’éventail des offices disponibles.

Tout naturellement, Martin s’attend, avec une sourde excitation, à ce que l’officiante lui propose le massage spécial. Et en effet la jeune femme qui le rejoint dans sa chambre lui soumet, après une onctueuse friction qui lui procure un délicieux moment de plaisir, l’offre espérée.

Le récit aurait pu consister en une suite de tableaux érotiques, voire pornographiques, de ce qui se passe ordinairement en ces moments-là.

Comédies I, Shakespeare en la Pléiade

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Vendredi, 18 Octobre 2013. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre, La Pléiade Gallimard

Comédies, I (Œuvres complètes, t. V), La Pléiade, édition bilingue, direction de Jean-Michel Déprats et Gisèle Venet, septembre 2013, traduit par H. Suhamy, J-M Déprats et J-P Richard, 1.450 p., 67,50 € (60 € jusqu'au 31/1/14) . Ecrivain(s): William Shakespeare Edition: La Pléiade Gallimard

 

 

Le volume 1 des Comédies de Shakespeare – cinquième tome des œuvres complètes bilingues initiées en 2002 par Gallimard dans sa prestigieuse collection La Pléiade – réunit les six premières pièces appartenant à la période « maniériste ». Et cette édition intégrale des dix-huit comédies de l’illustre dramaturge anglais se poursuivra avec un deuxième volume concernant la période « baroque », et un troisième les dernières comédies « romanesques ». Outre de réunir tout le théâtre comique en trois tomes qui lui seront spécifiquement consacrés et de proposer de nouvelles traductions, l’atout majeur de cette nouvelle édition réside sans conteste dans la présence du texte anglais original sur la page de gauche, auquel nous pouvons commodément nous reporter depuis sa traduction en vis à vis (à moins que fin angliciste, on opère à  l’inverse…).

Fragiles serments, Molly Keane

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 09 Octobre 2013. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La Table Ronde

Fragiles serments (Full house), Juin 2013, traduit de l’irlandais par Cécile Arnaud (première édition : 1935), 375 pages, 8,70 € . Ecrivain(s): Molly Keane Edition: La Table Ronde

 

Le roman a pour décor la vaste maison campagnarde de Silverue où vit une famille de grands bourgeois ruraux anglo-irlandais, en vase quasiment clos hormis les rares journées où se reçoivent tour à tour, à l’occasion de sortes de kermesses bucoliques se déroulant dans les jardins qui font leur fierté jalouse, les propriétaires de la région.

La narration est un délice.

L’art de la délicatesse dont fait preuve Molly Keane dans la dénonciation, par petites touches, des tares, du snobisme, des hypocrisies de ce petit monde, place l’auteure un peu dans le même registre que son contemporain Proust. La narration, apparemment innocente, extrêmement pointilleuse des faits et gestes quotidiens de cette société conservatrice, bornée, figée dans le passé, est ponctuée d’épines, de fines flèches acérées, dont les pointes distillent un poison doucement mais efficacement destructeur.

La bâtisse est du style de celles qu’on retrouve chez Poe, chez les sœurs Bronté. Il en émane un relent de décadence, de folie, de décalage par rapport à la réalité.

VIII, Harriet Castor

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mardi, 08 Octobre 2013. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Histoire

VIII, traduit de l’anglais par Victoria Duhamel, Pôle ED MA / Diffusion : Gilles Paris, mai 2013, 405 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Harriet Castor

 

Il en est des romans historiques, comme des livres de cuisine. Sur un même sujet, des bons, qui vous mettent d’entrée l’eau à la bouche, et d’autres, insipides et prétentieux qui vous tombent des mains, avant même d’avoir sorti votre cocotte. Ce VIII là est incontestablement à garder dans le camp des très bons, et à recommander.

Voilà un roman – historique, mais l’auteur saurait à n’en pas douter assaisonner sa remarquable écriture nerveuse à l’actualité la plus immédiate – qu’on ouvre, et dès l’entame, on est capté par l’histoire, celle de ces Tudors qu’on pensait bien connaître, les personnages, Henri le sinistre VIIIème, le Barbe Bleue de l’Angleterre, la suite étonnamment dynamique des dialogues travaillés comme peu. On entre comme dans une eau particulière, à la fois sombre et d’un vert étrange Shakespearien, dans l’univers mental vraiment dérangé, d’un jeune homme attachant et fragile qui devint, aidé par pas mal d’hallucinations, le roi sanguinaire qu’on connaît…