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Iles britanniques

Munitions, Ken Bruen

Ecrit par Yan Lespoux , le Dimanche, 21 Octobre 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Série Noire (Gallimard)

Munitions, Ken Bruen, (Ammunition, 2007), Strad. de l’anglais (Irlande) par Daniel Lemoine, 13 octobre 2012, 240 p. 20 € . Ecrivain(s): Ken Bruen Edition: Série Noire (Gallimard)

 

Septième volume de la série de romans consacrés aux flics londoniens Roberts et Brant, Munitions met Brant, le membre du duo répondant le mieux à la définition du psychopathe, aux prises avec un esprit criminel qui a décidé de l’éliminer. Et ce n’est pas une balle dans le buffet qui va rendre Brant de meilleure humeur.

Ken Bruen continue donc de s’en donner à cœur joie avec ses antihéros aussi patibulaires qu’hilarants et, surtout, ne cesse d’étoffer la galerie de portraits qui évoluent autour d’eux ; certains de ses personnages annexes prenant même peu à peu le relais d’un duo qui, sans cela, tournerait franchement en rond. Ce sont ici Nash, le flic homo et intègre lié par une incompréhensible amitié à Brant, et Falls, disciple féminin du même Brant qui se trouvent aux avant-postes. Le premier, assisté d’un flic américain modèle Dirty Harry venu traquer les terroristes en Grande-Bretagne, court après le commanditaire du meurtre raté de Brant dont peu de monde semble se soucier.

Collusion, Stuart Neville

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 09 Octobre 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Rivages/Thriller

Collusion, Trad. anglais par Fabienne Duvigneau, septembre 2012, 375 p. 22 € . Ecrivain(s): Stuart Neville Edition: Rivages/Thriller

 

Avec les fantômes de Belfast, Stuart Neville nous avait plongés au cœur des ténèbres. Des ténèbres de la haine, de la violence, de la rancune, de la guerre civile irlandaise. Collusion mettant de nouveau en scène le fascinant personnage de Gerry Fegan, on pouvait s’attendre à un deuxième voyage plus sombre que la nuit. Or, par-delà la noirceur, ou plus exactement transcendant la noirceur, ce deuxième roman, cette « suite », frappe surtout par sa tonalité et son style baroques. Baroque, au sens où on peut employer ce qualificatif pour les westerns italiens, ceux de Sergio Leone par exemple.

Le Bon, la Brute, le Truand. Trois termes qui s’appliquent presque parfaitement aux trois personnages – tous masculins – qui émergent de cette nouvelle excursion dans l’Irlande des haines récentes.

Jack Lennon, le père éperdu et paumé qui n’a d’autre obsession que de retrouver sa petite fille Ellen dont il est privé et qui court les pires dangers. Gerry Fegan bien sûr – en personnage secondaire ce qui constitue une surprise – enfoncé jusqu‘à la folie dans la culpabilité et la quête de rédemption. Et « le Voyageur », tueur fou, grand nettoyeur presque robotisé, chargé de liquider, entre autres, les deux êtres que justement les deux précédents veulent à tout prix protéger.

L'Ile des oubliés, Victoria Hislop

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 06 Septembre 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Les Escales

L’Ile des oubliés, trad. anglais par Alice Delarbre (The Island), mai 2012, 432 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Victoria Hislop Edition: Les Escales

 

Spinalonga, une île oubliée au large de Plaka, en Crète. Spinalonga, l’île des lépreux, emportant dans ses ruines les mystères du passé. Là où l’on pourrait attendre un récit historique sur ce lieu maudit où l’on parqua les lépreux à partir du début du XXe siècle, on rencontre une saga, certes sur une trame de fond véridique, mais une saga à la saveur très vite fade, malgré les nombreux atouts de l’intrigue.

Le récit s’amorce avec le retour d’Alexis sur la terre natale de sa mère Sophia, partie vivre en Angleterre. Fotini, l’amie d’enfance de cette dernière, révélera à Alexis les ombres et les secrets de son passé familial. Notons que ce personnage, témoin privilégié certes, a tout d’un narrateur omniscient, ce qui contrevient quelque peu au choix initial. Bref, on remonte dans le passé, à l’époque d’un bonheur sans faille. Eleni, l’arrière-grand-mère d’Alexis, contracte la lèpre et se voit contrainte d’abandonner son mari Giorgis et ses deux filles, Maria et Anna. A Spinalonga, les visions d’un infernal Purgatoire s’évanouissent face à un microcosme organisé et plein d’espoir. Le village ressemble à tous les villages grecs traditionnels et, parmi les victimes de la maladie, beaucoup n’en ont aucune manifestation physique visible. Eleni s’adapte à cette nouvelle vie, ponctuée par les visites de son mari qui conduit les visiteurs sur l’île, à bord de sa barque et par les amitiés qui se lient.