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Iles britanniques

New York, petit pop-up panoramique (illustrations Sarah McMenemy)

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Jeudi, 29 Mars 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Revues, Casterman

New-York, Petit Pop-up Panoramique, Mars 2012, 6,95 € . Ecrivain(s): Sarah McMenemy Edition: Casterman


Et voilà un cadeau rigolo à glisser au fond de sa poche, dans un coin de son sac ou à poser sur sa table de chevet : un petit coffret cartonné aux couleurs pastel, qui vous propulse directement au cœur de la Grosse Pomme. Sortez le livre de son étui et visitez les douze plus grands sites new-yorkais. En un rien de temps, vous vous dirigerez du Flat Iron Building à la Statue de la Liberté sans vous perdre grâce au petit plan qui semble croqué à la hâte par un voyageur émerveillé. Envie de culture ? Pas de souci, le Musée Guggenheim vous ouvre ses portes. Un peu d’air marin ? Le Brooklyn Bridge et ses haubans vertigineux vous proposent une traversée de l’Hudson. Vous pourrez ensuite faire quelques emplettes chez Macy’s : les images de papier se déploient sous vos yeux grands ouverts.

Casterman, maison phare de l’édition graphique, nous propose ici un produit dépaysant et amusant : deux méthodes de lecture, soit à feuilleter comme un pop-up traditionnel, soit à déplier comme le soufflet d’un accordéon. Le livre se pose et se transforme en véritable décor de théâtre. Les textes informatifs synthétisent remarquablement l’essentiel à savoir sur chacun des monuments présentés.

Arrêtez-moi là ! Iain Levison

Ecrit par Alexandre Muller , le Dimanche, 25 Mars 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Editions Liana Levi

Arrêtez-moi là ! Ed. Liana Levi, collection Piccolo, 246 p. trad. Fanchita Gonzales Batlle, 9,30 € . Ecrivain(s): Iain Levison Edition: Editions Liana Levi

Avez-vous déjà été victime d’une erreur judiciaire ? Avez-vous déjà été la proie d’une investigation bâclée par la police ? Avez-vous déjà été humilié dans un commissariat ? Avez-vous déjà été en prison ?

Un chauffeur de taxi charge un passager à l’aéroport. La cliente n’a pas assez d’argent sur elle et demande au chauffeur de l’accompagner chez elle pour récupérer son dû. Elle, monte dans sa chambre, lui, emprunte les toilettes et retourne dans le vestibule. La dame n’est toujours pas revenue. Le chauffeur observe l’intérieur, pénètre dans une salle de jeux et s’approche de la fenêtre. Une ligne bleue en haut des vitres attire son regard. Une ligne bleue caractéristique des fenêtres de chez Pierson Home Improvements. Douze ans auparavant le chauffeur travaillait dans cette entreprise.

 

« Je me souviens que, chaque fois qu’il terminait un travail, le propriétaire, Paul Pierson, imprimait un petit “PP” en bas à l’intérieur du cadre, et comme le châssis est déjà verrouillé, je le relève un peu pour vérifier la présence des initiales. Elles n’y sont pas et je redescends le châssis ».

Les Anges de New York, Roger Jon Ellory

Ecrit par Stéphane Vinckel , le Vendredi, 23 Mars 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Sonatine

Les Anges de New York (The Saints of New York), traduit de l’américain par Fabrice Pointeau, 22,30 € . Ecrivain(s): Roger Jon Ellory Edition: Sonatine

Frank Parrish écoute Tom Waits, Gil Scott Heron, et cite volontiers Jackson Browne. Il aime aussi Bukowski et « connait son Cormac McCarthy ». Des artistes qui composent assez bien le personnage.

« La picole ne nous définit pas, ma petite dame, elle ne fait qu’accroître la richesse déjà considérable de nos vies ».

Frank Parrish est immédiatement attachant par son arrogance et sa fragilité. Il aime boire, ce qui a provoqué pas mal de déboires dans son couple et dans sa vie. Mais il aime son boulot et ses enfants, même s’il merde pas mal dans les deux cas. Malgré tout, ça compense pas mal.

Autoportrait du flic en pochtron finissant :


« Eh bien, c’est très simple. J’ai l’air d’un loser agressif, déglingué, alcoolique, avec une vingtaine d’années de carrière au compteur… et vous pouvez ajouter à ce mélange explosif mon dangereux manque d’estime de soi et mon goût pour les femmes faciles et le whiskey hors de prix, et vous vous retrouvez avec quelqu’un à qui vous ne voulez pas vous frotter. Et comme j’ai dit, même si ce n’est qu’une apparence, je crois que vous allez découvrir que c’est exactement qui je suis ».

Jésus le bon et Christ le vaurien, Philip Pullman

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 18 Mars 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Roman, Gallimard

Jésus le bon et Christ le vaurien, trad. de l’anglais par Jean Esch, (The Good Man Jesus and the Scoundrel Christ), février 2012, 172 p. 16,90 € . Ecrivain(s): Philip Pullman Edition: Gallimard

Philip Pullman nous conte l’histoire de Jésus… et de son frère Christ. La mort de l’un aura donné naissance à une Eglise, la « mort de l’autre ne fait pas partie de l’histoire ». L’histoire justement aurait fondu les deux personnages en un et l’auteur nous dévoile les coulisses de ce tour de force ou de passe-passe, de ce récit fondateur et faussaire. A partir de ce singulier postulat, le romancier virtuose d’A la croisée des mondes, revisite pas à pas les récits bibliques et délivre une vision inédite de l’un des plus grands mythes de notre civilisation.

L’Evangile selon Pullman procède d’un style simple, accessible, qui rappelle quelque peu celui de Au nom de la Mère d’Erri De Luca. Une poésie lumineuse et humble. Une vraie parole apostolique. Mais l’heure n’est pas au pastiche ou à la satire. Tout le détournement repose sur la mise en parallèle des deux figures formant un couple antithétique et électrique. L’enfant Jésus manifeste un appétit de vivre en accord avec sa belle constitution et multiplie les bêtises, couvert par le chétif Christ voué aux études et à l’humilité. Les différences s’accentuent et leurs parcours s’éloignent peu à peu. Le premier-né se fait charpentier et le second étudie à la synagogue. Jésus erre et s’adresse aux gens, bientôt suivi par une cohorte de disciples, accueilli par une foule désireuse de ses messages. On connaît la suite.

Désaccords imparfaits, Jonathan Coe

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 16 Mars 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles, Gallimard

Désaccords imparfaits, traduit de l’anglais par Josée Kamoun, février 2012, 99 p. 8,90 € . Ecrivain(s): Jonathan Coe Edition: Gallimard

Couverture : dans une tasse à thé, très Miss Marple, un poisson rouge, parti pour mourir ; le titre Désaccords parfaits sonne – excellemment – du côté des amours compliquées des gens, et aussi, si ce n’est surtout, de la musique… j’ajouterais, grammaire et accords des temps grinçants, pas tout à fait dans l’axe. Bref, du Jonathan Coe… ce sympathique futé, qui n’a pas son pareil, depuis – souvenez-vous Testament à l’anglaise prix Fémina étranger – pour observer, puis fusiller la verte Angleterre !

N’est-ce pas Coe qui écrivit en son temps cet essai : Un véritable naturalisme littéraire est-il possible, ou même souhaitable ? cela pourrait être le sous-titre de ce tout petit livret, riche de 4 nouvelles – sauce Coe.

On est en Angleterre ; Shropshire, ou, sur la côte de Cornouailles, et, il fait le temps qu’il faut par là : « à l’avant-veille du vendredi saint, le matin était gris et aéré »… on est au temps de l’enfance, exactement coloré comme ça : « photo… Tante Ivy et Oncle Owen sont assis sur leurs serviettes de plage, et sourient du sourire confiant et plein d’assurance de ceux qui ont survécu à une guerre, prospéré dans l’après-guerre, et ne sont pas encore touchés par les nouvelles incertitudes des années soixante ». Enfance frémissante de peurs accumulées – que de fantômes ! Enfin, on n’est pas toujours sûr…