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Iles britanniques

Revolver, Marcus Sedgwick

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 18 Février 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Thierry Magnier

Revolver, trad. de l'anglais (R.U.) par Valérie Dayre, janvier 2012, 204 p. 11,20 € . Ecrivain(s): Marcus Sedgwick Edition: Thierry Magnier

Ce court roman nous projette au début du XXème siècle aux confins du cercle arctique. Référence à Jack London assumée : en ces terres reculées, on trime, avec juste ce peu d’espoir dans le cœur nécessaire à la survie et une arme à portée de main, au cas où. Dans une cabane perdue, Sig veille le corps de son père, Einar Andersson, mort de froid aux abords du lac gelé. Il attend de l’aide. Sa sœur et sa jeune belle-mère sont parties pour cela à la ville. Les rudes conditions du voyage n’explique pas le décès aux yeux de Sig : « pourquoi Einar était-il revenu par le chemin le plus court et le plus dangereux », lui qui connaissait le terrain par cœur ?


La question restera en suspens en raison d’un événement inattendu. Un inconnu survient, s’installe, « telle une menace, lourde, sinistre et non identifiable ». Cet homme à l’allure d’ours, réclame l’argent que lui devait le père de Sig. Or, cet argent, Sig n’en jamais entendu parler ni vu la couleur. Sa famille survit dans un dénuement extrême. Mais Gunther Wolff ne veut rien savoir : il prétend qu’Einar lui a dérobé sa légitime part d’un magot, de l’or subtilement dérobé. Car Einar était essayeur en Alaska, chargé de tester l’or amené par les prospecteurs.

Un bon musulman, Tahmima Anam

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 11 Février 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Asie, Roman, Actes Sud

Un bon musulman, janvier 2012, traduit de l’anglais par Sophie Bastide Foltz, 280 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Tahmima Anam Edition: Actes Sud

 

Dans la cuisine bengalaise, il y a – dit-on – autant de façons d’accommoder le riz qu’il y a de jours dans l’année… C’est tout à fait le cas de ce livre qu’il serait risqué de vouloir ranger dans un registre, tant il est la vie même !

Roman familial aux personnages forts, claquant au fil des pages, comme on aime dans un bon livre : Maya, son frère Sohail, leur infiniment attachante mère, Reha (on la voudrait tous comme anmoo-maman). S’il n’y avait que cela, les suivre dans leur quotidien, de mousson étouffante en clarté de l’hiver parfumé à l’orange, accompagnant chagrins et joies, cela vaudrait le coup de se hisser sur les bancs de bois de ce train suant et cahotant – odeurs et bruits garantis – en Bengale oriental.

Mais, c’est bien autre chose que ce récit là… on entre dans l’Histoire  (celle de ce Bangladesh, chanté en son temps, par le grand George Harrison ; années de son indépendance) par la meilleure des portes, la plus efficace, celle que, seule, la littérature, quand elle atteint ce niveau, porte : les gens.

Les mille automnes de Jacob de Zoet, David Mitchell

Ecrit par Stéphane Vinckel , le Lundi, 06 Février 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, L'Olivier (Seuil)

Les mille automnes de Jacob de Zoet, trad. de l'anglais par Manuel Berri, janvier 2012, 704 p. 24 € . Ecrivain(s): David Mitchell Edition: L'Olivier (Seuil)

Après quatre romans qui lui ont valu l’étiquette irritante d’auteur postmoderne (ou pis, post-postmoderne), David Mitchell se tourne vers une saga plus linéaire, placé à l’aube du dix-huitième siècle, au Japon.

Jacob de Zoet est un jeune clerc qui a rejoint la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales. Ses compétences et son sérieux devraient redresser les comptes de la Compagnie et lui assurer de rentrer au pays plus riche et plus apte à marier sa promise, embrassée une fois avant le départ... Ses compétences et son romantisme seront sa perte. Sur Dejima, près de Nagasaki, il découvre que cette île artificielle à l'autre bout du monde est gangrénée par la corruption, la roublardise et la suspicion.

Il fait la connaissance de deux personnages auxquels son destin va être lié. Orito Aibagawa, jeune sage-femme érudite et Uzaemon, un traducteur – car la langue est un barrage filtrant, une frontière supplémentaire : les étrangers ne sont pas autorisés à apprendre le japonais. On verra que Da-Zû-To (De Zoet) parviendra à franchir cette montagne là aussi.

Jacob de Zoet va tomber amoureux d'Orito mais le poids de la loi et des traditions écrase cet amour dans l’oeuf. Pis, Orito est enlevée et envoyée dans le temple Shiranui, digne de Sade, où les femmes deviennent des esclaves sexuelles.

Zoli, Colum McCann

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 29 Novembre 2011. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, 10/18

Zoli – Irlande 2006 - Belfond 2007. 10/18 en 2011 . Ecrivain(s): Colum McCann Edition: 10/18


1930 - Zoli Novotna avait six ans, mais elle n’était heureusement pas là quand sa famille se retrouve bloquée sur les glaces par la Hlinka, qui allume ensuite des feux sur la berge. Elle n’était heureusement pas là quand sa mère, son frère, ses deux sœurs et toute la famille, roulottes, chevaux, quand tout part englouti sous les eaux.


« Lorsqu'il a commencé à faire moins froid dans l'après-midi, les roulottes, bien obligé, se sont déplacées vers le milieu du lac. Mais la glace a fini par craquer, les roues se sont enfoncées et tout a coulé en même temps, les harpes et les chevaux »


La Hlinka c’est la haine. La milice fasciste de Slovaquie. La petite Zoli et son grand-père fuient sur les routes, fuient la Hlinka, fuient la haine et la mort, avec pour leitmotiv cette phrase qui reviendra tout au long du livre et qui pourrait finalement presque tout résumer :

Le deuxième avion, 11 septembre 2001-2007, Martin Amis

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 27 Novembre 2011. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Gallimard

Le deuxième avion, 11 septembre : 2001-2007 (The second Plane, 2008, 272 p. 21 € Trad. de l’anglais par Bernard Hoepffner . Ecrivain(s): Martin Amis Edition: Gallimard

Martin Amis est une grande gueule qui ose écrire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, avec un certain goût pour la provocation. Mais aussi une profonde lucidité et un sens de la formule qui fait mouche.

En plus d’être l’un des tous meilleurs romanciers contemporains, auteur de quelques œuvres majeures comme London Fields, La Flèche du temps, La maison des rencontres ou L’information, Martin Amis est un essayiste brillant et pertinent. On se souvient de sa biographie de Staline, Koba la terreur, ou de son recueil Guerre au cliché.

Avec Le deuxième avion, il se penche sur les attentats du 11 septembre et ses conséquences. Le livre est composé de douze essais et critiques de livres et de deux nouvelles, rédigés entre 2001 et 2007.

« Il fallait que le 11 septembre advienne, je ne suis absolument pas désolé qu’il soit advenu de mon vivant. Ce jour-là et ce qui en a découlé : un récit de malheur et de souffrance, mais aussi de fascination désespérée. »