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Iles britanniques

La dernière conquête du Major Pettigrew, Helen Simonson

Ecrit par Alhama Garcia , le Mardi, 11 Juin 2013. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, 10/18

La dernière conquête du major Pettigrew, trad. de l’anglais Johan-Frédérik Hel-Guedj, mai 2013, 539 p. . Ecrivain(s): Helen Simonson Edition: 10/18

Pour son premier roman, La dernière conquête du major Pettigrew, Helen Simonson, femme d’esprit et de bon goût, armée d’une bonne dose d’humour british, a pris son temps ; certes, les bons conseils et les ficelles d’éditeur, dans le bon sens du terme, ne lui ont pas été mesurés. Ce dont elle n’aurait rien fait sans talent, si elle n’avait su mener sa barque avec autant de finesse et de maîtrise à travers les écueils du premier livre. Je précise que, si le décor et les personnages rappellent de loin la série Midsomer ou Le crime sur la falaise d’Elizabeth George, on échappe par bonheur à toute ambiance policière au profit d’une comédie réaliste contemporaine – où la partie comédie domine.

Nous voici dans un petit village du Sussex, Edgecombe St Mary, une synthèse de plusieurs sites, avec son côté campagne-avec-cottages-et-manoir, son club de golf, un centre-ville peu remarquable et son bord de mer avec promenade, jetée, jardin public et falaises. L’intrigue se devine dans les premières pages : le major retraité Pettigrew et la délicieuse Mrs Ali réussiront-ils à se trouver, au bout d’une suite de péripéties parfois graves, souvent drôles. Les personnages correspondent avec une grande justesse à l’idée plus ou moins stéréotypée que nous, continentaux, nous faisons de nos voisins d’outre-Manche, à ceci près que Helen Simonson a réussi, précisément, à transformer les stéréotypes en personnages vrais.

La meilleure des vies, Adam Phillips

, le Mardi, 28 Mai 2013. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, L'Olivier (Seuil)

La meilleure des vies, traduction (GB) Michel Gribinski, 2012, 224 pages, 21 € . Ecrivain(s): Adam Phillips Edition: L'Olivier (Seuil)

 

 

Dans un précédent article consacré au Laboratoire central de Jean-Bertrand Pontalis, l’on s’interrogeait afin de savoir si « la pratique psychanalytique et l’écriture littéraire s’érodent mutuellement au point d’être incompatibles ? » La meilleure des vies : Eloge de la vie non vécue (2012) d’Adam Phillips nous inviterait à répondre par la négative tant il y a un mélange harmonieux de culture psychanalytique et de littérature (1) chez ce psychothérapeute britannique pour qui ces deux champs se recoupent dans une forme de langage poétique. De l’exploration du désir sous ses multiples facettes, il en était déjà question au cœur de ses précédentes réflexions, notamment dans Baisers, chatouilles et autres petits riens : psychologie de la vie ordinaire (1998) ainsi que dans Du flirt (1999) (2).

Le voilà qui récidive avec La meilleure des vies dont le sous-titre me fait penser au poème métaphysique de l’écrivain américain Robert Frost (1874-1973), La route que je n’ai pas prise.

Planète Larklight, Philip Reeve

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 24 Mai 2013. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Folio (Gallimard), Jeunesse

Planète Larklight, illustré par David Wyatt, traduit de l’anglais par Jean Esch, janvier 2013, 415 pages, 18,30 € . Ecrivain(s): Philip Reeve Edition: Folio (Gallimard)

 

 

Nous sommes en plein cœur du XIXème siècle, la construction du Crystal Palace est en cours pour accueillir la première grande exposition universelle à Londres. Arthur Mumby et sa sœur, qui ont perdu leur mère, vivent seuls avec leur père, un scientifique spécialiste en xénologie, sur une lointaine orbite. Et ceci, littéralement, car Arthur et Myrtle habitent Larklight, une étrange maison-vaisseau un peu délabrée, qui appartenait à la famille de leur mère, avec pour s’occuper d’eux et de la maison quelques domestiques mécaniques d’un modèle un peu ancien, dont un automajordome en forme de chaudière nommé Raleigh, et des Porcs Voltigeurs, parfaits pour le ménage. Tout cela n’a rien d’exceptionnel à une époque où, grâce à Isaac Newton, les voyages dans l’espace sont des plus communs et les planètes et l’éther fort habités par toutes sortes de créatures. Les vaisseaux se déplacent tout naturellement grâce à l’alchimie et il y a des comptoirs de commerce un peu partout.

La Sauvage, Jenni Fagan

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 14 Mai 2013. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Métailié

La Sauvage (The Panopticon). Trad. de l'anglais par Céline Schwaller. Mars 2013. 312 p. 19 € . Ecrivain(s): Jenni Fagan Edition: Métailié

 

The Panopticon. C’est le titre original de ce livre. Les lecteurs français seront nombreux à se demander pourquoi l’éditeur a choisi de glisser l’axe central du livre de la machine infernale qui le structure à la jeune fille qui en est l’héroïne. Pour peu qu’on ait lu le formidable « Surveiller et punir » de Michel Foucault, on ne peut pas ne pas savoir ce qu’est le Panopticon : un aménagement d’espace carcéral (et/ou hospitalier) idéal, inventé par l’anglais Jeremy Bentham en 1791, et qui permet, à partir d’un seul lieu central, de voir l’absolue totalité de l’ensemble d’un lieu d’enfermement. Une sorte d’omnivision radicale, métaphore souvent utilisée pour évoquer les univers totalitaires.

 

" En plein milieu du grand C, aussi haute que le dernier étage, il y a la tour de surveillance. Je lève les yeux. Il y a une fenêtre panoramique qui fait tout le tour au sommet et si on voit rien à travers la vitre, celui - ou ce qui - se trouve là-haut, lui, peut voir à l'extérieur. Depuis la tour, on peut voir l'intérieur de chaque chambre, chaque étage, chaque salle de bains. Partout."

Une terre si froide, Adrian McKinty

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 27 Avril 2013. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Roman, Stock

Une terre si froide, traduit de l’anglais (Irlande) par Florence Vuarnesson, 391 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Adrian McKinty Edition: Stock

 

 

Absent depuis quelques années en France, son dernier roman traduit en français, Retour de flammes, qui clôturait la trilogie consacrée à Michael Forsythe, ayant paru en 2009, Adrian McKinty revient à la fois dans notre paysage éditorial et chez lui, à Belfast. Car ce qui jusqu’alors était la marque de fabrique de McKinty, en ce qui concerne les romans parus ici en tout cas (une trilogie – The Lighthouse trilogy – et plusieurs « one shots » n’ayant pas eu les honneurs de la traduction française), consistait à exiler ses personnages hors d’Irlande. Michael Forsythe partait pour New York puis Boston, le Mexique et le Pérou tandis que dans Le fleuve caché Alex Lawson émigrait dans le Colorado. Des personnages qui, en fin de compte, suivaient plus ou moins l’itinéraire de l’auteur, natif de Belfast, étudiant à Oxford, émigré à New York, puis enseignant à Denver avant de s’installer à Melbourne.