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Iles britanniques

La cause était belle, Lee Child

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 30 Mai 2014. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Calmann-Lévy

La cause était belle (Worth Dying For) trad. de l’anglais (GB) par William Olivier Desmond, avril 2014, 396 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Lee Child Edition: Calmann-Lévy

 

Tout est dans le titre et dans des citations comme celle-ci :

« Les soins d’urgence codifiés par les médecins de l’armée dans ce cas-là sont la respiration artificielle et des compressions externes de la poitrine, quatre-vingts à la minute et le temps qu’il faut, mais Reacher avait pour règle personnelle de ne jamais chercher à ressusciter un type qui venait de braquer une arme sur lui. C’était là un principe sur lequel il était même plutôt inflexible ».

On est donc là dans de la pure série B d’action, une sorte d’Agence tout risque littéraire dans laquelle Jack Reacher fait office à la fois d’Hannibal Smith, de Barracuda et de Futé (on peut aussi ajouter un zeste de McGyver au passage). Mais s’il aime bien entendu qu’un plan se déroule sans accroc, Jack Reacher, vétéran de la police militaire, a le chic pour s’attirer des ennuis et être là où il ne faut pas être au moment où il ne faut pas y être.

Un ciel rouge, le matin, Paul Lynch

Ecrit par Victoire NGuyen , le Lundi, 19 Mai 2014. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Albin Michel

Un ciel rouge, le matin, mars 2014, traduit de l’Anglais (Irlande) par Marina Boraso, 283 pages, 20 € . Ecrivain(s): Paul Lynch Edition: Albin Michel

 

Course poursuite à travers le vaste monde


Le talent de conteur de Paul Lynch happe le lecteur dès la première page du roman et laisse entrevoir une intrigue sombre et sûrement funeste pour ses personnages. Mais attardons-nous un instant sur sa prose poétique torturée : « D’abord il n’y a que du noir dans le ciel, et ensuite vient le sang, la brèche de lumière matinale à l’extrémité du monde. Cette rougeur qui se répand fait pâlir la clarté des étoiles, les collines émergent de l’ombre et les nuages prennent consistance. La première averse de la journée descend d’un ciel taciturne et tire une mélodie de la terre ». On devine aisément toute la poésie résultant des chuintantes, des sifflantes et des sonorités dures ou gutturales de la langue anglaise dans cette description présageant une matinée hors du commun…

No Sex, Tim Parks

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 08 Mai 2014. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Actes Sud

No Sex, traduit de l’anglais par Isabelle Reinharez, février 2014, 268 pages, 22 € . Ecrivain(s): Tim Parks Edition: Actes Sud

 

 

Il est des livres qui nous attachent par une écriture sans pareille – celle qui ne parle qu’à nous ; d’autres par un format, une syntaxe qui nous agrippent ; d’autres encore, c’est une histoire, un récit comme on dit, « prenant » ; on peut encore succomber à des personnages, des lieux, un autre temps…

No Sex, c’est avant tout l’histoire, un documentaire parfaitement boulonné, animé, serré comme café noir, et – Tim Parks, et son art abouti ! – tout le reste en attelage…

No Sex emballe et tant, qu’on laisse volontiers le monde continuer sans nous ! Livre à part ; histoire à part, et une Beth anglaise (« tu as l’air d’un génie échappé d’une bouteille… les cheveux en bataille, de grandes dents… des nichons fantastiques ») unique dans le paysage romanesque.

Un portrait de Jane Austen, David Cecil

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Lundi, 28 Avril 2014. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Petite bibliothèque Payot

Un portrait de Jane Austen, trad. Anglais Virginie Buhl. octobre 2013, 304 p. 9,15 € . Ecrivain(s): David Cecil Edition: Petite bibliothèque Payot

 

Qui n’a pas eu le plaisir de découvrir dès l’adolescence les deux romans les plus célèbres de Jane Austen, Orgueil et préjugés et Raisons et sentiments, n’a pas été pris dans les filets de son écriture. Mais ceux qui ont eu cette joie ont ensuite poursuivi la lecture de ses récits à l’âge adulte. Nous avons aussi pu avoir la surprise de découvrir son univers dans des films ou des téléfilms qui ont pu servir de fil conducteur vers ses livres. Cet auteur s’adresse-t-elle plus particulièrement à un public féminin comme on le laisse souvent entendre ? Peut-être, mais ce n’est pas certain. Jane Austen est décédée à 42 ans au faîte se son talent. En six romans, elle est devenue l’un des plus célèbres écrivains britanniques.

En 1978, Lord David Cecil publie en Angleterre Un portrait de Jane Austen. Ce livre est traduit en français en 2009 et paraît en poche en octobre 2013 dans la collection de la Petite Bibliothèque Payot. On peut donc le lire à petit prix.

L’auteur s’explique sur sa visée dès l’avant-propos : « Les renseignements dont nous disposons sont fragmentaires et aucun des romans de Jane Austen n’est autobiographique ».

Tony Hogan m’a payé un ice-cream avant de me piquer maman, Kerry Hudson

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 26 Mars 2014. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Philippe Rey

Tony Hogan m’a payé un ice-cream avant de me piquer maman, traduit de l’Anglais par Françoise Lévy-Paoloni, janvier 2014, 298 p. 19 € . Ecrivain(s): Kerry Hudson Edition: Philippe Rey

 

De l’autobiographie au roman social


« Il pleuvait à verse. J’imaginais les gouttes glissant sur les centimètres de peau nue entre le manteau de maman et ses tennis, mouillant ses chevilles osseuses. Arrivée à la cabine téléphonique, maman cala le landau à moitié à l’intérieur et farfouilla jusqu’à ce qu’elle trouve une pièce de dix pence. Elle s’y prit à deux fois avant de composer le bon numéro ».

Ainsi commence la vie de la petite Janie Ryan. Elle n’avait alors que deux semaines et elle était dans ce landau de fortune à moitié à l’abri dans une cabine téléphonique poisseuse. Mais la fillette puis plus tard la jeune fille n’est pas au bout de sa peine. Elevée par une mère enfant, irresponsable et fragile, elle a connu la violence, la misère et le mépris des autres vis à vis de sa condition sociale.