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Iles britanniques

Le Complexe d’Eden Bellwether, Benjamin Wood

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 30 Septembre 2014. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Zulma

Le Complexe d’Eden Bellwether, traduit de l’anglais par Renaud Morin, août 2014, 497 p. 23,50 € . Ecrivain(s): Benjamin Wood Edition: Zulma

« La vérité est la torche qui luit dans le brouillard sans le dissiper » (Helvétius)

 

Ici, ce qui capte le lecteur sur presque cinq cents pages, ce n’est pas tant l’histoire elle-même, bien qu’elle soit absolument digne d’intérêt, mais bien l’art de l’auteur de lui donner une tension et un souffle vraiment très particuliers, et quand on sait que c’est un premier roman, on ne peut que saluer la prouesse. La plume de Benjamin Wood nous promène toujours sur le fil du rasoir, dans ce qui pourrait être un thriller cérébral, dans une ambiance qui frôle parfois le gothique, mais sans jamais basculer dedans.

Bien que l’intrigue prenne place à Cambridge en juin 2003, l’ensemble du roman semble légèrement teinté de sépia, sans qu’il ne sente pour autant la poussière. Il y a bien sûr en fond de décor l’illustre université, beaucoup de livres et une maison de retraite et puis, il y a la musique aussi, musique de chambre ou de chapelle, et l’instrument central du roman, presque un personnage à lui tout seul : l’orgue. Un orgue qui va servir à des rituels bien étranges, et peut-être même dangereux…

Ma chère grand-mère exagère, Tracey Corderoy et Joe Berger

Ecrit par Pauline Fouillet , le Mardi, 30 Septembre 2014. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse, Gallimard Jeunesse

Ma chère grand-mère exagère, traduction d’Anne Krief, août 2014, 24 pages, 12,90 € . Ecrivain(s): Tracey Corderoy et Joe Berger Edition: Gallimard Jeunesse

 

Avec beaucoup d’humour, Tracey Corderoy et Joe Berger retracent une nouvelle aventure d’une grand-mère pas comme les autres… En effet, cette dernière est une sorcière ! Sacrée blagueuse qui plus est…

En rangeant ses placards avec sa petite fille, mamie se rend compte que ses multiples animaux de compagnie (chauves-souris, crapauds et autres…) ont chapardé toutes les provisions !

Elle part alors faire les courses au supermarché…

Cette mamie très excentrique va mettre un bazar énorme, effrayant les clients et divertissant les enfants, en multipliant les tours de magie tous plus farfelus les uns que les autres.

Mais au moment de partir, elle prend deux voyous en flagrant délit de vol. Sa magie va alors servir l’intérêt général, pour le plus grand bonheur et soulagement des habitants.

La sauvage, Jenni Fagan

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 03 Septembre 2014. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié

La sauvage, traduit de l’anglais (Ecosse) par Céline Schwaller (The Panopticon), Métaillé, coll. Suites, septembre 2014, 320 p. 12 € . Ecrivain(s): Jenni Fagan Edition: Métailié

 

La sauvage plonge son lecteur en apnée, lui assène une série de coups de poing qu’il encaisse, éreinté et désorienté. Et pourtant, c’est un récit dont on ne décroche pas une seconde et que l’on referme à regret. C’est le récit d’une voix qui touche à l’os, qui parle juste et sans détour, une voix qui choque et qui percute. Celle d’Anaïs, une gamine qui n’en est plus une, errant d’un foyer à l’autre et au bord de finir sa jeunesse dans un centre pour délinquants mineurs.

Il ne s’agit pas là d’un énième témoignage à caractère sociologique, d’un portrait attendu et misérabiliste d’enfant perdue et vouée à la déchéance. Bien au contraire. Jenni Fagan offre à son personnage de prendre la parole et de nous chanter, de nous hurler sa force de vie, sa résistance face à tout ce système qui ne permet pas de sortir des cases, sa liberté absolue et son envie de continuer encore et malgré tout.

L’été des Noyés, John Burnside

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 28 Août 2014. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié, La rentrée littéraire

L’été des Noyés (A summer of drowning). Août 2014. Traduit de l’anglais (Ecosse) par Catherine Richard. 320 p. 20 € . Ecrivain(s): John Burnside Edition: Métailié

 

Un roman de Burnside est toujours un moment d’éternité. Il n’y est pas de frontière spatiale, ni temporelle. Il n’y est pas de frontière non plus entre la réalité et le monde des chimères. Tout est suspendu dans l’air, incertain, improbable, oscillant, inquiétant. « Scintillation », son dernier opus avant celui-ci, nous avait déjà emmenés dans cet univers insécuritaire, menaçant, sans que l’on sache d’où, de qui, vient la menace. On ne sait même pas s’il y a vraiment menace. Un roman de Burnside dérange, questionne, ne répond pas, ne rassure jamais.

« L’été des noyés » emprunte – un peu – au roman noir : des jeunes gens disparaissent. Thème obsessionnel chez Burnside puisque dans « Scintillation » des enfants déjà disparaissaient. Mais il y a aussi du roman d’horreur : démons et forces du Mal sont à l’œuvre. Kyrre Opdahl, le vieux pêcheur en a convaincu la jeune Liv : Trolls, sirènes et par-dessus tout la Huldra – séduisante et terrible maîtresse du monde des Ténèbres – sont plus réels que ce qui semble être le réel. Le cadre de la Norvège septentrionale offre un écrin parfait aux fantasmagories les plus effrayantes : Lumière blanche et crue après l’interminable obscurité hivernale. Et dans l’entre-deux une période terrible d’entre-deux justement, où l’on perd le sens même de l’être.

Rouge ou Mort, David Peace

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 21 Août 2014. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Rivages

Rouge ou mort (Red or Dead), traduit de l’anglais par Jean-Paul Gratias. 22 août 2014. 800 p. 24 € . Ecrivain(s): David Peace Edition: Rivages

 

« And you'll never walk alone...
You'll never walk alone. 
Walk on, walk on, with hope in your heart, 
And you'll never walk alone... 
You'll never walk alone. »*

 

Ce livre n’est pas un roman – bien qu’il soit romancé. Ce n’est pas non plus un récit historique, bien que tout y soit rigoureusement fondé sur la réalité vécue. Ce n’est pas enfin un grand poème, bien que la langue y soit l’objet d’un travail permanent de rythmique et de sonorités. Ce livre – ce grand livre – est une Messe solennelle, une suite de psaumes, un hymne sacré dédié au football. Au Liverpool Football Club. A son entraîneur historique Bill Shankly. A son public de supporters passionnés, les prolétaires de Liverpool. Ce livre est chanté à un million de voix pour la gloire éternelle des « Reds », les « rouges », ceux qui ne « marcheront jamais seuls »*.