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Iles britanniques

La mystérieuse histoire de Tom Coeurvaillant, Ian Beck

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 19 Juillet 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Mijade

La mystérieuse histoire de Tom Cœurvaillant, aventurier en herbe, trad. anglais Nathalie Nédélec-Courtès, juin 2012, 279 p. 11 € . Ecrivain(s): Ian Beck Edition: Mijade

 

Une quête, une grenouille et un corbeau qui parlent, une jeune fille à la chevelure interminable, un haricot magique, une oie qui pond des œufs en or, des châteaux, une pantoufle en verre de farfadet, des dangers en pagaille, un sommeil de cent ans… Il s’agit d’un conte, me direz-vous. Presque. Il s’agit du royaume des Contes et de la façon dont ces derniers s’écrivent. Figurez-vous qu’avant de lire vos contes préférés, des personnages se sont vu remettre des missives concernant leurs rôles par le très strict Bureau des Contes. Le conte s’écrit donc à mesure que ses protagonistes le vivent puis le racontent. Parmi ces derniers se distingue la famille Cœurvaillant, une célèbre et digne famille d’aventuriers. Le père, aujourd’hui disparu, ainsi que six de ses fils ont pris part à de nombreuses aventures, devenues des contes illustres. Tom le benjamin de la famille attend avec impatience de fêter ses 12 ans et de pouvoir, à son tour, faire ses preuves. Or, les six frères chargés en même temps d’une quête différente, ne reviennent pas pour cet anniversaire. Il revient à Tom de partir à leur recherche et d’élucider le mystère de leur disparition.

La quatrième partie du monde, Toby Lester

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 20 Juin 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Récits, Jean-Claude Lattès

La quatrième partie du monde, traduction Bernard Sigaud, 2012, 550 p. 25 € . Ecrivain(s): Toby Lester Edition: Jean-Claude Lattès

 

Qui a découvert l’Amérique ? Colomb ou Vespucci ? Qui a découvert le Nouveau Monde ? Cabral ou Erick le Rouge ? Ou encore les navigateurs Maori du Pacifique Sud ? Qui a fait le premier Tour du Monde ? Magellan ou Del Cano, ou tout autant, Enrique, l’esclave de Magellan ?

Ces questions demeureront longtemps ouvertes, et les réponses si incertaines rationnellement que les légendes et les mythes poursuivront leurs courses folles, ferments imaginaires aux frontières floues.

A l’heure de Gogol Earth, de Big B, du règne de la silice et des nanosciences, à l’heure, tôt dépassée, des contrôles ultra précis et des nouvelles transcendances technophiles, l’esprit de l’honnête homme doit faire un choix, stopper son point de vue : c’est le pari, parti pris, de Toby Lester.

Sans carte, le voyage est vagabondage. Alors que nous apprennent les cartes, les portulans, les dessins et les graphes, les schémas et les esquisses, les plans approximatifs et les peintures alambiquées, GPS d’hier et tant de signes palimpsestes ambigus, mystérieux, prophétiques, trompeurs et déterminants ?

Ainsi la fameuse carte de Waldseemüller, ce moine Lorrain, achevée en 1507, achetée, en 2003, 10 millions de $ par la bibliothèque américaine du Congrès… La voici :

Quelques minutes après minuit, Patrick Ness, Siobhan Dowd, Jim Kay

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 07 Juin 2012. , dans Iles britanniques, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Gallimard Jeunesse

Quelques minutes après minuit, illustré par Jim Kay, traduit de l’anglais par Bruno Krebs, mars 2012, 224 p. 18 € . Ecrivain(s): Patrick Ness, Siobhan Dowd Edition: Gallimard Jeunesse

Voici un bel ouvrage : de sa sublime couverture à rabats au grain du papier, du texte haletant et profond de Patrick Ness aux illustrations crépusculaires de Jim Kay, tout est travaillé avec art et talent, préparé avec minutie et mesure. Et il n’en fallait pas moins pour accompagner cette histoire de deuil initiée par la disparue Siobhan Dowd. « Les histoires chassent et griffent et mordent ». « Les histoires sont des créatures sauvages. Quand tu les libères, qui sait ce qu’elles peuvent déclencher ? »

Conor a treize ans, aucun ami, un père parti pour une nouvelle vie aux Etats-Unis, une grand-mère acariâtre, mais surtout une mère qui lutte contre un cancer tenace. Au début du traitement correspond le surgissement d’un cauchemar récurrent qui le hante sans répit. Puis, une nuit, à minuit sept, surgit un monstre qui veut lui parler. L’arbre revient, nuit après nuit, fidèle au rendez-vous. Cet if gigantesque au sourire diabolique laisse des traces de son passage : un tapis de baies ou d’aiguilles, un surgeon en plein milieu d’un parquet… La noirceur et la précision des illustrations, les effets variés obtenus par le lavis, les fourches et les ramifications qui se confondent avec le texte, font de cet ouvrage une variation de roman graphique quasi gothique où cauchemar et réalité s’interpénètrent et échangent leurs attributs.