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Iles britanniques

La quatrième partie du monde, Toby Lester

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 20 Juin 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Récits, Jean-Claude Lattès

La quatrième partie du monde, traduction Bernard Sigaud, 2012, 550 p. 25 € . Ecrivain(s): Toby Lester Edition: Jean-Claude Lattès

 

Qui a découvert l’Amérique ? Colomb ou Vespucci ? Qui a découvert le Nouveau Monde ? Cabral ou Erick le Rouge ? Ou encore les navigateurs Maori du Pacifique Sud ? Qui a fait le premier Tour du Monde ? Magellan ou Del Cano, ou tout autant, Enrique, l’esclave de Magellan ?

Ces questions demeureront longtemps ouvertes, et les réponses si incertaines rationnellement que les légendes et les mythes poursuivront leurs courses folles, ferments imaginaires aux frontières floues.

A l’heure de Gogol Earth, de Big B, du règne de la silice et des nanosciences, à l’heure, tôt dépassée, des contrôles ultra précis et des nouvelles transcendances technophiles, l’esprit de l’honnête homme doit faire un choix, stopper son point de vue : c’est le pari, parti pris, de Toby Lester.

Sans carte, le voyage est vagabondage. Alors que nous apprennent les cartes, les portulans, les dessins et les graphes, les schémas et les esquisses, les plans approximatifs et les peintures alambiquées, GPS d’hier et tant de signes palimpsestes ambigus, mystérieux, prophétiques, trompeurs et déterminants ?

Ainsi la fameuse carte de Waldseemüller, ce moine Lorrain, achevée en 1507, achetée, en 2003, 10 millions de $ par la bibliothèque américaine du Congrès… La voici :

Quelques minutes après minuit, Patrick Ness, Siobhan Dowd, Jim Kay

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 07 Juin 2012. , dans Iles britanniques, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Gallimard Jeunesse

Quelques minutes après minuit, illustré par Jim Kay, traduit de l’anglais par Bruno Krebs, mars 2012, 224 p. 18 € . Ecrivain(s): Patrick Ness, Siobhan Dowd Edition: Gallimard Jeunesse

Voici un bel ouvrage : de sa sublime couverture à rabats au grain du papier, du texte haletant et profond de Patrick Ness aux illustrations crépusculaires de Jim Kay, tout est travaillé avec art et talent, préparé avec minutie et mesure. Et il n’en fallait pas moins pour accompagner cette histoire de deuil initiée par la disparue Siobhan Dowd. « Les histoires chassent et griffent et mordent ». « Les histoires sont des créatures sauvages. Quand tu les libères, qui sait ce qu’elles peuvent déclencher ? »

Conor a treize ans, aucun ami, un père parti pour une nouvelle vie aux Etats-Unis, une grand-mère acariâtre, mais surtout une mère qui lutte contre un cancer tenace. Au début du traitement correspond le surgissement d’un cauchemar récurrent qui le hante sans répit. Puis, une nuit, à minuit sept, surgit un monstre qui veut lui parler. L’arbre revient, nuit après nuit, fidèle au rendez-vous. Cet if gigantesque au sourire diabolique laisse des traces de son passage : un tapis de baies ou d’aiguilles, un surgeon en plein milieu d’un parquet… La noirceur et la précision des illustrations, les effets variés obtenus par le lavis, les fourches et les ramifications qui se confondent avec le texte, font de cet ouvrage une variation de roman graphique quasi gothique où cauchemar et réalité s’interpénètrent et échangent leurs attributs.

Tom Gates, c'est moi !, Liz Pichon

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 28 Mai 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Seuil, Jeunesse

Tom Gates, c’est moi ! 2012, trad. anglais par Natalie Zimmermann, mise en page par Anne-Cécile Ferron, 257 p. 11 € . Ecrivain(s): Liz Pichon Edition: Seuil

 

Entre BD et journal intime, ce « roman animé » a reçu le très mérité Roald Dahl Funny Prize 2011 du meilleur roman humoristique pour la jeunesse.

Tom Gates, doit avoir 11 ou 12 ans et comme tout enfant sensé de son âge, il n’aime pas trop l’école mais il adore les gaufrettes au caramel, lire des bandes-dessinées, faire enrager sa sœur Délia, gribouiller dans ses cahiers et surtout il a des projets : monter un groupe de pop-rock comme les Rodéo 3, son groupe préféré, avec son copain et complice Derek. Le groupe s’appellera Les Clebszombies. Ça en jette, non ? Tom Gates a toujours de bonnes et moins bonnes, voire très, très moins bonnes excuses, pour ne pas faire ses devoirs, mais il tient un journal farci de dessins très, voire très, très réussis, dans lequel il raconte sa vie fort mouvementée. Faut dire qu’il a de la matière, entre des parents sympas mais qui mettent la honte, comme tous les parents, surtout papa qui porte des fringues plus ridicules les unes que les autres et une sœur adolescente qui lui voue une haine passionnée qu’il lui rend bien, « ça m’a fait tellement plaisir que Délia se fasse gronder et priver de sorties que j’en ai oublié mon mal au bras. En fait, ça a sûrement été le MEILLEUR MOMENT de toutes mes vacances ».

Vérités non dites, Angelica Garnett

Ecrit par Guy Donikian , le Mardi, 22 Mai 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles, Christian Bourgois

Vérités non dites, Trad. Anglais Christine Laferrière. avril 2012, 291 p. 22 € . Ecrivain(s): Angelica Garnett Edition: Christian Bourgois

 

Ce sont quatre nouvelles d’inégale longueur qui constituent ce recueil, quatre nouvelles qui se distinguent par leur écriture et les aspects essentiellement autobiographiques qui en font la trame. Angelica Garnett révèle dans Vérités non dites les interrogations qu’une vie plutôt riche et complexe n’a pu que lui imposer.

Souvenons-nous tout d’abord qu’elle fut la nièce de Virginia Woolf, héritage d’une réelle richesse. Ainsi son enfance s’est-elle déroulée au cœur de cercles d’artistes et d’intellectuels qui constituèrent le groupe de Bloomsburry, sa famille y ayant une place prépondérante.

Mais si son enfance fut heureuse, Angelica Garnett, fille de Vanessa Bell (sœur de Virginia Woolf), vécut plus malheureusement la révélation que lui fit sa mère lors de ses dix sept ans : son père était en réalité le peintre Duncan Grant, avec qui elle eut une liaison. La conséquence poursuit encore Angelica Garnett, les interrogations suscitées aujourd’hui alors qu’elle a plus de quatre-vingt dix ans en sont la preuve. Quelques années plus tard, elle découvrira que son mari fut l’amant de son père ! Autant de ruptures qui se dévoilent dans ces nouvelles autobiographiques.

Un homme de tempérament, David Lodge

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 10 Mai 2012. , dans Iles britanniques, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Roman, Payot Rivages

Un homme de tempérament (A Man of Parts). Trad de l’anglais Martine Aubert. 2012. 706 p. 24,50 € . Ecrivain(s): David Lodge Edition: Payot Rivages

 

Les « Lodge’s fans » doivent être avertis : ce livre se situe dans la ligne de « Author ! Author ! » : c’est son second roman/biographie. Le premier s’intéressait à Henry James. A son échec cuisant en tant qu’écrivain pour le théâtre. Et – pour être honnête – nous sommes quelques-uns, parmi les fans de Lodge, à ne pas en avoir gardé un souvenir impérissable (longueurs, linéarité, temps morts …)

 

Dans « Un homme de tempérament » Lodge se penche sur son compatriote, le passionnant et complexe H.G. Wells, l’auteur inoubliable de « la guerre des mondes » et « la machine à explorer le temps ». Et David Lodge nous offre un roman éblouissant qui fait vivre non seulement un personnage fascinant mais aussi un monde qui ne l’est pas moins : celui des rêves scientistes et progressistes, celui des sociétés et cercles d’intellectuels « engagés » qui rêvent d’une modernité faite de justice, de raison et de liberté.