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Biographie

Maisons perdues, Nathalie Heinich

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 20 Mai 2013. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits, Thierry Marchaisse

Maisons perdues, décembre 2012, 123 pages, 14,90 € . Ecrivain(s): Nathalie Heinich Edition: Thierry Marchaisse

 

La nostalgie… de nos vies, avant « l’âge certain » qui fait qu’on se retourne un brin… même si, « elle n’est plus ce qu’elle était », comme a dit la grande Signoret, ce doit être le sujet-cœur de X livres, grands et moins grands, sur le long chemin de la littérature. C’est aussi le refrain de ce petit livre… Sauf que, là, les souvenirs, les bouffées, les vents de chagrin, viennent de lieux particuliers : les maisons, et le ton, et les mots, et l’écho dans nos vies à nous, en ont, du coup, une étrange et un peu envoûtante musique.

L’auteur nous emmène sur un chemin – carte de France à l’appui – qui va, simple et logique, de sa plus ancienne maison d’enfance à la plus récente, croisée. La propriété n’étant pas, visiblement, pour elle, la valeur phare ; ce ne sont pas des lieux où elle a habité, jour après jour, mais des maisons (pas d’appartement) où elle a séjourné – des vacances, des congés, des « replis ». Ce n’est pas le mot « habiter », et sa connotation possessive, qui compte, c’est le mot « rencontrer », et sans doute « aimer ». On pourrait banalement dire : des lieux bâtis qui l’ont marquée et dont les habitants ont beaucoup compté pour elle et sa construction. « D’aucun visage humain, je n’ai une image aussi nette ; d’aucun visage humain, je n’ai à ce point la nostalgie », dit-elle de cette maison-ci, au Monteillet, en Haute-Loire.

Vice, Hervé Guibert

Ecrit par Arnaud Genon , le Vendredi, 10 Mai 2013. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits, Gallimard

. Ecrivain(s): Hervé Guibert Edition: Gallimard

 

 

Vice occupe une place particulière dans l’économie générale de l’œuvre d’Hervé Guibert. Publié pour la première fois en 1991 aux Editions Jacques Bertoin, il a été écrit à la fin des années 1970, peu de temps après La Mort propagande, son premier livre. Il est aussi contemporain de Suzanne et Louise, le roman-photo que l’écrivain consacra à ses deux grand-tantes.

En ce sens, comme le remarque justement Thomas Simonet dans sa note préliminaire, il témoigne des « préoccupations d’écrivain et de photographe de l’auteur à cette période ».

L’ouvrage est constitué de trois parties.

Je suis ... Léon Blum, Didier Bazy

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 30 Avril 2013. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Je suis ... Léon Blum, Jacques André Editeur 3 mai 2013, 90 p. 10 € . Ecrivain(s): Didier Bazy

Il avait tout pour susciter la haine dans une France rongée par ses démons : Juif, socialiste, pacifiste, intellectuel. Pas seulement la haine de ses ennemis – la droite nationale et antisémite – mais plus encore celle de ses « amis », politiques en tout cas. Et le comble est que cet homme ait brillé de mille feux dans son engagement au service de la France. Il fut d’autant plus objet de haine qu’il devint un grand responsable politique et un grand penseur de la gauche.

 

« j'aurai acquis devant les outrages et les calomnies, une impassibilité professionnelle analogue au sang-froid d'un couvreur sur un toit. »

 

Antoine Malamoud nous le dit dès la préface : Léon Blum ne supportait pas la médiocrité, à commencer par la sienne propre bien sûr. Amour de la vérité, courage, intégrité, vertus cardinales de l’homme politique quand il n’a d’autre dessein que le bien public, le bien commun. Leçon de Blum dont les échos sonnent fort à nos oreilles en ces temps d’ambitions personnelles et étriquées.

Une adolescence américaine (chronique des années 60), Joyce Maynard

, le Vendredi, 26 Avril 2013. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Récits, Philippe Rey

Une adolescence américaine (chronique des années 60), traduit USA par Simone Arous, avril 2013, 192 p. 17 € . Ecrivain(s): Joyce Maynard Edition: Philippe Rey

 

 

Joyce Maynard naît en novembre 1953, elle passe son enfance et son adolescence dans le New Hampshire. Elle y mène une existence somme toute banale, une petite vie américaine loin de New York ou de Hollywood. Mais voilà qu’en 1972, elle a l’idée d’envoyer ses textes au New York Times, qui les publie. Se fait alors entendre une petite voix, à la fois pudique et assurée, qui raconte le quotidien de la jeunesse des Américains moyens. La voix, et le regard. Joyce Maynard, jeune fille de moins de 20 ans, jette sur son itinéraire encore bien court un regard d’essayiste. Elle sait montrer ce qu’il y a à voir, ce qui est en train de changer et ce qui ne change pas, les mutations et les stagnations de cette Amérique des années 60. Cette chronique nous ramène en arrière, dans ce qui est devenu, dans l’inconscient collectif, une espèce d’âge d’or : les Beatles et les Stones, Joan Baez, les feuilletons télévisés, les guitares et les fleurs dans les cheveux, le féminisme… C’est peut-être ce que nous en avons – avions ? – retenu de prime abord.

Cortés et son double, Christian Duverger

Ecrit par Vincent Robin , le Vendredi, 26 Avril 2013. , dans Biographie, Les Livres, Livres décortiqués, Essais, La Une Livres, Seuil

Cortés et son double, janvier 2013, 320 pages, 21 € . Ecrivain(s): Christian Duverger Edition: Seuil

 

 

« Et moi, je m’inscris à la suite de ce petit nombre de soldats dont je fais ici mémoire » (1).

L’Espagnol s’exprimant ainsi se proclamait le rapporteur-témoin de trois années de conquête du Mexique poursuivies aux côtés de Cortés vers 1520. Rédigé environ quarante années après ces événements, sous le titre Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne, cet instructif et emblématique récit des épisodes coloniaux en Amérique centrale s’agrégea sans tarder au nom de celui qui l’avait paraphé : Bernal Diaz del Castillo. D’autres, qui étudièrent ultérieurement (au XIXe siècle) ces relations de guerre avaient confirmé ladite paternité d’écriture. Dans son Cortès et son double, l’historien, méso-américaniste de renom, Christian Duverger, se penche pourtant aujourd’hui avec une suspicion sévère et minutieuse sur la provenance réelle de ces écrits, assurément toujours considérés comme joyaux de la littérature espagnole, mais dont l’auteur n’aurait pas été, selon lui, celui que cette signature désigna trompeusement.