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Biographie

Bram Stoker, Dans l’ombre de Dracula, Alain Pozzuoli

, le Lundi, 27 Octobre 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pascal Galodé éditeurs

Bram Stoker, Dans l’ombre de Dracula, 320 pages, 21,90 € . Ecrivain(s): Alain Pozzuoli Edition: Pascal Galodé éditeurs

Au moment même où le Dracula Untold de Gary Shore tient le haut de l’affiche tant dans les cinémas australiens que métropolitains, je referme avec satisfaction la biographie captivante sur Bram Stoker (1847-1912), le père de Dracula qui, à l’image de Mary Shelley ou de Robert Louis Stevenson, fut condamné à vivre dans l’ombre de sa créature monstrueuse. Selon une réplique désormais célèbre de Luke Evans, alias le prince Vlad III de Valachie dans Dracula Untold, « Parfois le monde n’a que faire d’un héros, parfois, ce qui lui faut est un monstre » (1).

On le sait bien depuis le bon mot d’André Gide, pour qui « on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments », que le moralisme ne paie pas dans l’univers de la fiction. En revanche, les amours interdites… Je vous l’accorde qu’il semble avoir une esthétique de la monstruosité et de la noirceur qui fascine les lecteurs, à telle enseigne que Dracula (1897) serait le deuxième livre le plus lu dans le monde après la Bible. Alors que le mythe littéraire est largement répandu, son créateur, lui, est resté tapi dans l’obscurité depuis trop longtemps – une injustice qu’Alain Pozzuoli entendit réparer il y a deux ans de cela à l’occasion du centenaire de la mort de Bram Stoker. Dans le sillage du naufrage du Titanic, l’auteur de Dracula s’éteignit « dans l’indifférence générale, à son domicile de Pimlico, dans la soirée du 20 avril 1912 » (p.159).

Alger, ombres et lumières, Alain Vircondelet

Ecrit par David Campisi , le Jeudi, 04 Septembre 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Flammarion

Alger, ombres et lumières, avril 2014, 224 pages, 18 € . Ecrivain(s): Alain Vircondelet Edition: Flammarion

 

Il faut imaginer. Imaginer le petit matin et le clapotis humide de l’eau sur le navire tandis qu’apparaissent enfin les côtes et la ville qui surgit de l’horizon, de la ligne bleue, et s’impose dans son immense lumière qui avale le monde. Un surgissement merveilleux de plages, de jasmin et de lauriers roses fleuris qui exhalent leur parfum sucré.

Imaginer, encore, la clarté immaculée et blanche d’énormes villas flanquées sur les hauteurs et qui contemplent la mer sous la lumière qui inonde les squares, les places, le port, les façades.

Alger la flamboyante. Ses maisons cubiques dégringolent jusqu’au front de mer, partent à l’assaut des collines. Alger la mystérieuse, auréolée de secrets et de fantômes. Alger, éclat de lumière surgi de la mer, un écrin blanc lové dans sa baie. Alger et ses maisons qui se calent les unes contre les autres dans un dédale, comme un escalier géant, serpentée de venelles qui laissent présager des intérieurs somptueux, des cours entièrement carrelées de faïence.

Excursions dans la zone intérieure, Paul Auster (2ème article)

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Lundi, 02 Juin 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Récits, Actes Sud

Excursions dans la zone intérieure, traduit (USA) par Pierre Furlan, mai 2014, 368 p. 23 € (ce livre existe en ebook, 400 p. 16,99 €) . Ecrivain(s): Paul Auster Edition: Actes Sud

 

La Littérature comme FRAGMENT introspectif, « Invue » d’une vie : « Au commencement, tout était vivant » !

Excursions dans la zone intérieure de Paul Auster s’inscrit dans le prolongement d’un dialogue entre le « je » et le « tu », entre celui qui écrit et lui-même. Non pas sur la question du corps sensoriel, des mutations liées aux expériences physiques – Chronique d’hiver paru en 2013 – mais sur la reconstruction de son esprit, dans un journal cinématographique elliptique, labyrinthique où s’incarne l’environnement socioculturel d’une Amérique de la seconde moitié du 20e siècle.

« Etre comme tout le monde » permet à Paul Auster de poser l’espace de son interrogation comme le fil entre les deux ouvrages, entre ses deux états. L’auteur dessine le paysage de son enfance, souvenir d’une tasse en porcelaine décorée de deux illustrations tirées des livres de Beatrix Potter ; dont « tu » te sers encore aujourd’hui chaque matin pour prendre le thé. Jusqu’à l’âge de cinq ou six ans, croyant que les mots anglais pour « être humain » (being human) se prononçaient de façon à signifier « haricot humain » (been human), étant le symbole de la « vie même » de part sa petite taille.

Marie-Antoinette, Stefan Zweig

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Mercredi, 28 Mai 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Le Livre de Poche

Marie-Antoinette, Traduit de l’allemand par Alzir Hella, 506 pages, 7,60 € . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: Le Livre de Poche

 

L’inconvénient de n’en faire qu’à sa tête


Les biographies écrites par Stefan Zweig sont un régal. Celle qu’il a consacrée à Marie-Antoinette, reine de France, un pur chef d’œuvre.

Stefan Zweig écrit des livres d’histoire en romancier : sous sa plume légère, profonde et spirituelle tout semble évident et tout paraît clair.

Mariée à 14 ans avec un homme qu’elle n’avait jamais vu et qui était son exact contraire, la princesse autrichienne avait tout pour être heureuse.

Education d’un enfant protégé par la Couronne, Chinua Achebe

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 23 Mai 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Récits, Actes Sud

Education d’un enfant protégé par la Couronne (The Education of a British-Protected Child), traduit de l’anglais nigérian par Pierre Girard, octobre 2013, 200 pages, 21,80 € . Ecrivain(s): Chinua Achebe Edition: Actes Sud

 

Chinua Achebe est un immense romancier. On le sait, bien qu’on ne le sache pas encore assez.

Mais Chinua Achebe est aussi un écrivain engagé, un homme politique, un militant des droits de l’homme en général, un défenseur des droits de l’homme africain en particulier, un défenseur farouche et éclairé de cette histoire de l’Afrique et de ses peuples qu’ont si régulièrement occultée, voire niée, les personnalités politiques et les historiens « occidentaux », jusque dans certaines phrases prononcées encore en 2007 par un président de la République des Droits de l’Homme dans le tristement célèbre discours de Dakar.

Chinua Achebe avait 78 ans lorsqu’il a achevé cet ouvrage au long titre, recueil d’essais, de discours, de réflexions, et de souvenirs personnels, souvent intimistes, marquant des étapes essentielles de sa vie de personnage public et de personne privée, et repérant les événements ayant provoqué ou accompagné l’évolution de sa pensée politique, et en particulier de sa vision personnelle des rapports de l’Afrique au reste du monde.