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Biographie

La rage est mon énergie, John Lydon alias Johnny Rotten, Andrew Perry

Ecrit par Guy Donikian , le Samedi, 10 Janvier 2015. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Seuil

La rage est mon énergie, John Lydon alias Johnny Rotten, octobre 2014, traduit de l’anglais Marie-Mathilde Burdeau et Marc Saint-Upéry, 711 pages, 25 € . Ecrivain(s): Andrew Perry Edition: Seuil

 

Voila encore quelqu’un qui aura fait noircir des pages et des pages (ici plus de 700) à des fins pécuniaires ou pour affirmer de façon livresque une notoriété qui serait plutôt mal en point, diront certains. N’en déplaise aux grincheux, cet homme-là, malgré quelques carences qui lui font admirer le foot comme un supporter inconditionnel, a de quoi surprendre quand on le découvre aux antipodes de ce qu’une certaine presse laissait bêtement supposer : qu’on se le dise, le chanteur des Sex Pistols, groupe punk des années 70, ne fut pas cette bête hurlante, ornée d’épingles à nourrice comme seuls attributs distinctifs, outre les fameux tee-shirts à l’effigie de la reine quelque peu « chopperisée ».

Qu’on se souvienne, donc. Musicalement, le rock et la pop s’enlisent, à la fin des seventies, dans des discours qui traînent en longueur, donnant des plages interminables à l’instar de groupes comme Yes, qui ont cependant commis quelques titres emblématiques. Mais la tendance du moment favorisait les démonstrations techniques au détriment d’une efficacité dont se réclamaient les groupes-phare de l’époque.

Hannah Szenes, Martine Gozlan

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Vendredi, 12 Décembre 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Histoire

Hannah Szenes, Ed. de l’Archipel, novembre 2014, 224 pages, 18,95 € . Ecrivain(s): Martine Gozlan

 

Les larmes de Golda Meir

Inconnue en France, Hannah Szenes est une héroïne en Israël. Son histoire est pourtant celle d’un destin brisé : la vie est un bien perdu quand on n’a pas vécu comme on aurait voulu.

Née en Hongrie en 1921, c’est la fille du dramaturge Bela Szenes (dont les comédies ne sont pas parvenues jusqu’à nous) qui est mort lorsqu’elle avait 5 ans.

Dans les années 30, l’antisémitisme se développe en Europe de l’Est, de nombreuses professions sont interdites aux juifs. Certains d’entre eux décident donc de rejoindre la terre de leurs ancêtres, la Palestine, qui était la terre promise de Moïse.

Craignant de n’avoir aucun avenir en Hongrie, Hannah, qui a déjà écrit ses premiers poèmes, apprend l’hébreu. « Le seul espoir d’en finir avec l’antisémitisme, c’est le sionisme… »

L’Âge d’homme précédé de L’Afrique fantôme, Michel Leiris en la Pléiade

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 03 Décembre 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, La Pléiade Gallimard

L’Âge d’homme précédé de L’Afrique fantôme, octobre 2014, 1323 pages, 68 € (jusqu’au 28 février 2015, ensuite 75 €), édition publiée sous le direction de Denis Hollier avec Francis Marmande et Catherine Maubon . Ecrivain(s): Michel Leiris Edition: La Pléiade Gallimard

 

Second tome que consacre la Pléiade à l’œuvre de l’ethnologue du musée de l’homme, après celui donnant La règle du jeu paru en 2003 ; ce volume est partagé entre deux masses de granite : L’âge d’homme, c’est-à-dire l’autobiographie-manière Leiris, et L’Afrique fantôme, l’ethnologie-façon Leiris. Dans les deux cas, ni vraiment l’une, ni tout à fait l’autre…

Continuation ici du travail énorme et parfaitement maîtrisé de l’équipe autour de Denis Hollier qui certes connaît des pans importants de l’homme aux mille facettes – univers à jamais ouvert – qu’est Michel Leiris, mais, continue inlassablement de rassembler, en parfait chercheur, de peaufiner, d’archives en bibliothèques tout ce qui documente sur l’homme Leiris et la mission Dakar Djibouti, grande aventure géographique, ethnologique, et plus largement intellectuelle de l’Avant-guerre.

Journal et autres carnets inédits, Georges Brassens

Ecrit par Frédéric Aribit , le Mardi, 02 Décembre 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Le Cherche-Midi

Journal et autres carnets inédits, octobre 2014, préface de Francis Cabrel, avant-propos de Jean-Michel Boris, octobre 2014, 335 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Georges Brassens Edition: Le Cherche-Midi

 

 

Ce journal, ces carnets, on pouvait les voir en 2011, lors de la grande expo Brassens organisée à la Cité de la Musique. Émouvante écriture sur de simples cahiers d’écolier, précieux manuscrits façon vide-poche, réunissant pêle-mêle des textes en travail, des bribes de poèmes, des bons mots, des notes personnelles… Georges Brassens en avait longtemps poursuivi la pratique, mais capricieusement, au hasard de ses envies, sans l’assiduité des bons élèves qui s’y seraient astreints. De 1946 à 1953 d’abord, un premier journal des années de jeunesse, intitulé Le vent des marécages. De 1953 à 1955 ensuite, trois agendas griffonnés. De 1963 à 1981 enfin et surtout, ce fameux Journal que la mort interrompt.

Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas, Souvenirs, Paul Veyne

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Mercredi, 12 Novembre 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Albin Michel

Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas, Souvenirs, septembre 2014, 260 p. 19,50 € . Ecrivain(s): Paul Veyne Edition: Albin Michel

 

L’historien Paul Veyne adopte dans son dernier livre le ton des Souvenirs. Moins formel qu’une autobiographie, moins solennel que des mémoires, le récit sous forme chronologique – histoire oblige – ne l’empêche pas de chahuter les temps, anticipant de ci pour se remémorer de là. Les notions de passé, de présent et d’avenir rendent trop mal compte de la réalité intime pour qu’elles fassent loi ; « seul le plaisir du lecteur peut vraiment combler un auteur ».

Le temps de Paul Veyne est d’abord ce fil déroulé depuis la découverte de sa « vocation ludique » avec la lecture de l’Odyssée jusqu’à sa traduction de L’Énéide quatre-vingts ans plus tard. L’enthousiasme est intact. Les années ont simplement donné un sens nouveau à l’effort de bâtir une œuvre, « Parce qu’on n’éprouve plus, tant qu’on travaille, le sentiment, toujours tapi à l’arrière plan de la conscience, qu’on mourra tôt ou tard ; et dans mon cas, qu’on mourra bientôt ».