Identification

Biographie

Semmelweis, Louis-Ferdinand Céline

Ecrit par Didier Bazy , le Samedi, 20 Avril 2013. , dans Biographie, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, Récits, Gallimard

Semmelweis, préface de Philippe Sollers, Gallimard collection Imaginaire, 128 p. . Ecrivain(s): Louis-Ferdinand Céline Edition: Gallimard

 

Saint Semmelweis au Panthéon

 

Il est des héros. Certains touchent la célébrité, parfois la gloire. Tout le monde connaît Pasteur. Il est des géants anonymes – ou quasi tels – qui, par leurs actions, et une idée est une action, sauvèrent des millions de vie. Les injustices sont de ce monde. Au nom de l’eugénisme (et pas seulement), un système a liquidé des millions de vies. Avec une idée, une réforme pratique : se laver les mains à l’hôpital, Semmelweis invente le principe de précaution pratique. Etrange actualité à l’heure de la médiatisation de masse des maladies nosocomiales.

La Sainte-Famille a été brossée par saint Marx. Engageons-nous. Pour être clair : sa lecture, ou sa relecture, est un nectar des dieux lucides de la matière vivante. Les saints prénoms rythment le calendrier chrétien de nos existences occidentales. Mon propos n’est pas ici une nostalgie frustrée du calendrier révolutionnaire – quoique !

Foch, Jean-Christophe Notin

Ecrit par Vincent Robin , le Mercredi, 27 Mars 2013. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Foch, Jean-Christophe Notin, Editions Perrin, 2008, 649 pages . Ecrivain(s): Jean-Christophe Notin

 

Déjà copieusement décortiqués depuis un siècle, mais cette fois soumis aux révélations d’assembleurs et scanners ultra sophistiqués, les évènements rattachés à la guerre de 14-18 délivrent aujourd’hui de tout nouveaux spectres de vérités. Y compris sur des consensus que l’on admettait définitifs. Fleurons d’une entreprise d’investigation nouvelle et percutante, ces outils performants manifestement placés au service d’un esprit alerte et avisé auront alors sûrement rapporté à Jean-Christophe Notin la distinction de son Foch, dont la parution fut glorieusement saluée dès sa sortie en 2008.

Le Prix « Louis Marin », décerné à l’auteur lors de cette publication, nous dit combien cet ouvrage se vit rapidement honoré pour sa qualité. Mais l’attention accordée ici à ce livre retiendra moins les critères de son accueil en librairie que ses caractéristiques de biographie rectificative. Celle-ci vient en effet aujourd’hui balayer de sérieux préjugés, à la peau dure, ayant malencontreusement déformé l’image du réputé « Vainqueur de 1918 » depuis cette époque. Soudain démaquillé des grimages qui ont longtemps résolu son fard glorificateur, le pieux maréchal se révèle alors, sous son aspect redevenu naturel et authentique, la personnalité autrefois décrite par des auteurs happés par la symbolique, souvent plutôt appréciés maintenant comme hagiographes que comme historiens (Pierre Dumas à ce titre).

L'interrogatoire, Jacques Chessex (2ème recension)

Ecrit par Arnaud Genon , le Mercredi, 06 Février 2013. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Le Livre de Poche

L’Interrogatoire, 144 pages, 5,60 € février 2013 (Poche) . Ecrivain(s): Jacques Chessex Edition: Le Livre de Poche

Chessex vu par lui-même

 

Jacques Chessex pressentait peut-être la mort à venir en se livrant à cet examen de conscience qu’est L’Interrogatoire, texte posthume publié deux ans après la disparition de l’écrivain suisse, suite à un malaise cardiaque, et que Le Livre de Poche réédite aujourd’hui.

Chessex y entame un dialogue avec lui-même ou plutôt, avec l’Autre qui parle en lui et qui l’amène à se dire, à tout dire dans une sorte de maïeutique autobiographique dénuée de toute complaisance et de tout narcissisme.

L’auteur, à travers la trentaine d’entrées de cet interrogatoire, dresse un autoportrait où le plus intime – la sexualité, tradition toute rousseauiste – côtoie les réflexions sur l’écriture, sur la relation à Dieu, à la religion, à la mort. Ici la parole semble libérée et l’interrogateur « inquisiteur », cette voix intérieure qui le « traque », n’a pas vraiment à lever le ton pour que la plume glisse sur le papier. Les aveux faits ne sont pas arrachés, ils sont donnés, comme offerts au lecteur, avant qu’il ne soit trop tard… D’ailleurs, Chessex le note lui-même : « je me suis mis à aimer cette épreuve sans trêve. Le questionnement qui fouille mon âme, mon esprit, mon corps bientôt réduit en cendres »…

Lumières de Pointe-Noire, Alain Mabanckou

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 14 Janvier 2013. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Afrique, Récits, Seuil, La rentrée littéraire

Lumières de Pointe-Noire, janvier 2013, 286 p. 19,50 € . Ecrivain(s): Alain Mabanckou Edition: Seuil

 

C’est du côté de l’enfance et de l’adolescence que nous emmène Alain Mabanckou dans ce très beau récit autobiographique qui dévoile aussi bien les souvenirs de l’écrivain que les étapes de ce voyage de retour sur les terres natales après vingt-trois d’absence. Rien de moins facile que de revenir et d’affronter les morts comme les vivants, les inévitables chamboulements du réel balayant les traces de la mémoire, le sentiment de l’altérité, d’être devenu un étranger dans son propre pays.

« J’erre dans le quartier Voungou en cette fin d’après-midi. Peut-être pour rechercher des indices qui me rappelleraient les vadrouilles de mon enfance dans les parages. Je reste parfois immobile pendant quelques secondes, persuadé que ceux-ci ne pourraient me dévoiler le vrai visage de choses qui se bousculent dans ma mémoire et dont les contours sont devenus imprécis avec le temps. Ceux qui me croisent pressentent que je ne suis pas d’ici – ou plutôt ne suis plus d’ici – car qui, en dehors des fous de la ville, oserait par exemple s’attarder sur un tas d’immondices, sur une carcasse d’animal ou s’émouvoir devant le caquètement d’une poule dont on ignore ce qu’elle fait sur un des étals d’un marché désert ».

Une autobiographie, Neil Young

Ecrit par Guy Donikian , le Lundi, 10 Décembre 2012. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Robert Laffont, Canada anglophone

Une autobiographie, octobre 2012, 546 pages, 23 € . Ecrivain(s): Neil Young Edition: Robert Laffont

 

Le mot digression est celui qui vient à l’esprit quand on referme cette autobiographie. Neil Young a en effet opté pour une construction thématique plus que chronologique pour écrire ses souvenirs d’une vie riche à différents titres. D’un chapitre à l’autre, le chanteur passe de la musique au cinéma, de la pureté oubliée du son actuel produit par les fichiers informatiques aux voitures anciennes qu’il collectionne, de sa famille à son train électrique. Cette autobiographie est un kaléidoscope qui, si elle fait fi de toute chronologie, ne nous perd jamais. Neil Young sait raconter les événements qui ont ponctué sa vie, et sa vie fut riche, assurément. L’ex-membre de Buffalo Springfield maîtrise cet art sans jamais se départir de son sujet : montrer qui il est devenu en donnant les différentes facettes de sa personnalité.

La musique est cependant l’élément fondateur du personnage. Avec Buffalo Springfield tout d’abord, il fit un apprentissage formateur, ou seul, comme lors de certains concerts durant lesquels il s’accompagnait à la guitare acoustique et à l’harmonica. Ce génial Canadien a subi les influences de la country music, du rock, et il admire tout autant Bob Dylan qu’il a côtoyé, qu’Elvis Presley. Il croise un certain John Kay, qui chantera Born to be wild avec Steppenwolf. Sur scène, il jouera avec Joni Mitchell, Linda Ronstadt.