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Biographie

AutoGRObiaphie, Pierre Dupuis

Ecrit par Patryck Froissart , le Samedi, 12 Octobre 2013. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres

AutoGRObiaphie, Editions Racine et Icare, juillet 2013, 130 pages, 9,90 € . Ecrivain(s): Pierre Dupuis

 

 

L’auteur est-il obèse ? Il l’écrit, tout en déclarant immédiatement qu’il n’en fait jamais mention dans ses écrits…

Je ne parle jamais de mon obésité dans mes nouvelles, pourtant elle est là, partout, larvée, prête à jaillir.

En souffre-t-il ? Il le dit aussi, une fois pour toutes, en avant-propos. Point final ?

C’est ma blessure.

Et voici qu’elle s’expose, cette obésité, qu’elle s’impose, qu’elle explose dans le titre, en gros et en gras.

« autoGRObiaphie »

Le dernier été d’un jeune homme, Salim Bachi

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 01 Octobre 2013. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Maghreb, Flammarion

Le dernier été d’un jeune homme, 25 septembre 2013, 270 pages, 18 € . Ecrivain(s): Salim Bachi Edition: Flammarion

 

 

En cette année du centenaire de la naissance de l’illustre écrivain, Salim Bachi offre un deuxième regard algérien sur Camus avec Le dernier été d’un jeune homme. Un hommage moins critique que celui rendu par Salah Guemriche dans Aujourd’hui Meursault est mort, mais qui n’a rien des célébrations monolithiques habituelles. C’est en outre un roman à part entière même s’il s’appuie sur l’œuvre de Camus publiée dans la Pléiade*, sur ses correspondances et ses notes prises au cours de son voyage vers l’Amérique du Sud, et sur les biographies d’Olivier Todd et de Michel Onfray. Pour tenter de comprendre le « personnage énigmatique » de l’écrivain et son œuvre, Salim Bachi s’intéresse surtout à la psychologie de l’homme marqué par son enfance algérienne, à son environnement familial, aux événements qui ont forgé son âme adolescente, aux livres qui ont enflammé son imaginaire… Et, très habilement, il lui confie le « je » de la narration, procédé romanesque idéal pour donner à ses propos des accents de sincérité convaincants.

Limonov, Emmanuel Carrère

Ecrit par Grégoire Meschia , le Mercredi, 25 Septembre 2013. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Folio (Gallimard)

. Ecrivain(s): Emmanuel Carrère Edition: Folio (Gallimard)

Prix Renaudot en 2011, le livre est sorti en poche en 2013. Jusqu’ici connu pour ses romans (où il se met souvent en scène) parmi lesquels Un roman russe et D’autres vies que la mienne, Emmanuel Carrère se fait le biographe d’un personnage extraordinaire : Edouard Limonov. Imbriquant la fiction dans la réalité (il a l’habitude de partir d’expériences vécues pour nourrir ses intrigues romanesques), il fait de Limonov un être de fiction, à la vie si romanesque qu’on imagine mal qu’il l’ait vraiment vécue, qu’il ait pu faire tant de choses, qu’il ait pu changer autant de fois de visages. Limonov a traversé des continents (chaque partie suit chronologiquement l’itinéraire du protagoniste) et a cumulé les métiers. Il a repoussé toujours plus loin ses limites, ne reculant devant rien.

On ne pouvait pas rêver d’un héros plus romanesque. Une destinée à l’échelle de son pays qu’il a aimé, quitté et défendu. Une destinée qui dépasse celui de ses compatriotes, celle d’un homme qui ne pouvait pas se réduire à rester dans le bled paumé d’Ukraine où il est né. Il y a quelque chose en lui d’insondable. Un certain mystère plane autour de sa personne : on ne connaît jamais les raisons de ses choix, on a du mal à le situer autant sur le plan moral que politique. Il est à la fois capable de gestes de bravoure et d’être un véritable salaud – son implication lors des guerres balkaniques assombrit nettement le tableau.

Métamorphoses de Matisse, Karin Müller

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 21 Septembre 2013. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Métamorphoses de Matisse, Editions Guéna-Barley, mai 2013, 189 pages, 10 € . Ecrivain(s): Karin Müller

 

« Trouver la joie dans le ciel, dans les arbres, dans les fleurs. Il y a des fleurs partout pour qui veut les voir ».

Henri Matisse

 

La vie de Matisse est aussi colorée que ses tableaux, riche et diverse que sa fameuse collection d’étoffes. Son existence fut une lutte de chaque instant, rien ne lui fut épargné : problèmes de santé, difficultés financières, virulence des critiques. Parcours âpre, reconnaissance tardive, Henri Matisse commencera enfin à vivre aisément de son art à l’aube de ses soixante ans.

Passionné par la poésie, l’écriture, la sculpture, il s’ouvre très tôt les portes de la peinture et, parallèlement à son entrée dans le monde de l’art pictural, il voue un intérêt tout particulier pour le théâtre avec, à ses côtés, celui qui, sa vie durant, restera un ami fidèle, Léon Vassaux.

Journal. Vol. II 1964-1980, Susan Sontag

Ecrit par Frédéric Aribit , le Mardi, 27 Août 2013. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Christian Bourgois

Journal. Volume II 1964-1980, préface de David Rieff, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anne Rabinovitch, mai 2013, 574 pages, 24 € . Ecrivain(s): Susan Sontag Edition: Christian Bourgois

 

« Je veux que la rencontre avec une personne ou une œuvre d’art change tout », disait-elle.

Sous-titré Renaître, le volume I de l’immense Journal de Susan Sontag, publié en 2010 par Christian Bourgois, couvrait les années 1947-1963. Désormais disponible chez le même éditeur, le deuxième volet du triptyque attendu, La Conscience attelée à la chair (1964-1980), entre de plain-pied dans la période de maturité intellectuelle, qui voit écrire celle qui se définit elle-même comme une « cagienne-franco-juive » parmi ses essais majeurs (Sur la photographie, 1977).

On y suit donc, sur un mode intime, le filigrane d’une œuvre et d’une pensée inquiète et en questionnement permanent à la fois sur les déchirements du monde comme sur la difficulté d’être, d’aimer, d’écrire, de vivre, c’est-à-dire de penser. Les notes sont très hétérogènes, parfois d’une brièveté laconique, parfois se développant au contraire sur des pages et des pages, parfois quotidiennes, parfois espacées de plusieurs semaines, plusieurs mois. Mais c’est, à travers cet « esprit d’escalier chronique » qu’elle avoue au hasard d’une brève, toujours une même exigence d’honnêteté qui s’y lit, un même désir de lucidité auquel l’exercice du journal offre le recours d’une écriture confidente.