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Biographie

L'aiguillon de la mort, Toshio Shimao

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 15 Mai 2012. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Japon, Philippe Picquier

L’aiguillon de la mort, trad. japonais par Elisabeth Suetsugu, 2012, 641 p. . Ecrivain(s): Shimao Toshio Edition: Philippe Picquier

 

Toshio, écrivain, mène une double vie tranquille, organisée, avec d’une part Miho, son épouse depuis dix ans, et ses deux enfants Shinichi et Maya, avec d’autre part sa maîtresse, désignée tout au long du récit par le syntagme « la femme », depuis à peu près autant de temps.

Tout se passe bien jusqu’au jour où Miho lui annonce, brutalement, qu’elle sait tout.

Ce roman autobiographique commence à ce moment précis : Toshio, auteur-narrateur, est mis par Miho en face de soi au cours d’un interminable et virulent interrogatoire sur les détails les plus intimes de son adultère et sur les raisons pour lesquelles il a éprouvé pendant tant d’années le besoin de fréquenter « la femme ».

Pendant trois jours, sans répit, Miho questionne, veut savoir, tout savoir, le contraint à raconter, compter, expliquer, s’expliquer, s’accuser, s’excuser.

Toshio s’étant engagé à rompre et à ne plus jamais rien cacher, la tempête s’apaise et la vie de la famille semble reprendre son cours.

Un homme de tempérament, David Lodge

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 10 Mai 2012. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Payot Rivages

Un homme de tempérament (A Man of Parts). Trad de l’anglais Martine Aubert. 2012. 706 p. 24,50 € . Ecrivain(s): David Lodge Edition: Payot Rivages

 

Les « Lodge’s fans » doivent être avertis : ce livre se situe dans la ligne de « Author ! Author ! » : c’est son second roman/biographie. Le premier s’intéressait à Henry James. A son échec cuisant en tant qu’écrivain pour le théâtre. Et – pour être honnête – nous sommes quelques-uns, parmi les fans de Lodge, à ne pas en avoir gardé un souvenir impérissable (longueurs, linéarité, temps morts …)

 

Dans « Un homme de tempérament » Lodge se penche sur son compatriote, le passionnant et complexe H.G. Wells, l’auteur inoubliable de « la guerre des mondes » et « la machine à explorer le temps ». Et David Lodge nous offre un roman éblouissant qui fait vivre non seulement un personnage fascinant mais aussi un monde qui ne l’est pas moins : celui des rêves scientistes et progressistes, celui des sociétés et cercles d’intellectuels « engagés » qui rêvent d’une modernité faite de justice, de raison et de liberté.

Muss, suivi de Le Grand Imbécile, Curzio Malaparte

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 27 Avril 2012. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits, La Table Ronde, Italie

Muss, suivi de Le Grand imbécile. 02/2012. 224 p. 18 € . Ecrivain(s): Curzio Malaparte Edition: La Table Ronde

 

Le savoir donne d’emblée le genre et la tonalité du contenu : une biographie satirique du dictateur, que l’auteur a commencé à rédiger en 1931, à laquelle il a travaillé de manière intermittente jusque dans les années cinquante, et qui n’a jamais été achevée.

 

Muss mêle tout à la fois l’essai politique, la satire violente, le pamphlet, et des fragments de récits autobiographiques concernant les relations personnelles, conflictuelles, entre le dictateur et l’écrivain engagé, qui fut membre et grand théoricien du Parti Fasciste Italien avant de s’affirmer comme l’un des plus farouches opposants au mussolinisme.

Dans un style flamboyant, Malaparte accumule les attaques virulentes contre le Duce et son régime, et, en parallèle, contre Hitler et le nazisme, en utilisant la dérision et la caricature.

Fraternité secrète, Jacques Chessex et Jérôme Garcin

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 16 Février 2012. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Grasset

Fraternité secrète, Parution février 2012, 672 p. 25 € . Ecrivain(s): Jacques Chessex et Jérôme Garcin Edition: Grasset

Année 1975. Un livre de poèmes caché dans une bibliothèque. Une lettre, une réponse. La rencontre de deux âmes. En jaillit l’étincelle d’une amitié qui jamais ne s’éteindra. Commence une amitié vraie, sincère, authentique, pérenne. Les Parques n’ont pu en couper le fil.

 

« J’aime à écouter les voix poétiques, à m’y reposer et ne les quitter qu’à l’aube froide – quand la musique des mots a fait place au silence de la mémoire. (Privilège peut-être de mes dix-huit ans). […] Sans doute cette lettre vous paraîtra-t-elle vaine sinon futile. Qu’importe ! C’est celle d’une conscience réceptive à vos dits et attentive – silencieusement – à votre voix ». [J. Garcin, 30 avril 1975].

 

« Votre lettre m’a donné de la joie. Ecrire, et recevoir de tels témoignages. Merci. Je vous envoie deux livres anciens que j’aime. L’un, réédité en poche. Qu’en pensez-vous ? » [J. Chessex, 12 mai 1975].


La grandeur Saint-Simon, Jean-Michel Delacomptée

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 05 Février 2012. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Gallimard

La Grandeur, Saint-Simon. Gallimard (L’un et l’autre). Novembre 2011. 222 p. 19 € . Ecrivain(s): Jean-Michel Delacomptée Edition: Gallimard

 

C’est un chemin étroit et rare qui est emprunté par ce livre, et de façon plus générale, par cette collection « L’un et l’autre » de Gallimard. Disons d’abord ce que cela n’est pas : ce n’est pas une biographie. Le titre de ce livre particulier aurait pu le laisser entendre. Une biographie de Saint-Simon. Ce n’est pas non plus une œuvre de fiction. Et n’étant ni l’un ni l’autre, on retrouve le nom de la collection : c’est « l’un et l’autre ».

A la fois mises en situation fictionnelles, dialogues fictionnels, événements mineurs fictionnels et pourtant tout ce récit des années « Mémoires » de Saint-Simon s’appuie sur une solide et rigoureuse connaissance biographique de l’homme Saint-Simon et de l’œuvre saint-simonienne.

On y retrouve avec délectation l’observateur génial des mœurs de la cour et des courtisans du temps de Louis XIV et Louis XV. Le moraliste intransigeant et militant qui, à sa manière, dénonce déjà les travers d’une monarchie qu’il voit avec préscience en train de scier la branche sur laquelle elle est assise.