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Biographie

Tom Waits, une biographie, Barney Hoskyns

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 25 Septembre 2011. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, La rentrée littéraire, Payot Rivages

Tom Waits, une biographie. Traduit de l'anglais (USA) par Corinne Julve.Septembre 2011. 450p. 23€ . Ecrivain(s): Barney Hoskyns Edition: Payot Rivages


Small Change got rained on with his own thirty-eight,

And nobody flinched down by the arcade

And the marquees weren't weeping, they went stark-raving mad,

And the cabbies were the only ones that really had it made

And his cold trousers were twisted,

And the sirens high and shrill,

And crumpled in his fist was a five-dollar bill


(…)


Pierre Drieu la Rochelle, Jacques Cantier

Ecrit par Christopher Gérard , le Mercredi, 21 Septembre 2011. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, Perrin

Pierre Drieu la Rochelle, 316 pages, 22€ . Ecrivain(s): Jacques Cantier Edition: Perrin


Historien de l’empire colonial sous Vichy et biographe de Jules Roy, J. Cantier nous propose une nouvelle vie de Drieu, à la suite des précieux ouvrages de M. Serra (Les frères séparés) et de J. Lecarme (Drieu la Rochelle ou le bal des maudits). Disons tout de suite que son livre ne dépasse pas le niveau d’une honnête compilation, scolaire à souhait. Ni biographie littéraire stricto sensu, ni synthèse innovante, l’essai manque d’envergure et se lit sans passion. Peu de sources inédites, peu d’archives, aucun témoignage neuf (ainsi la bouleversante correspondance entre Drieu et son amie de cœur Victoria Ocampo – quel gisement ! – semble n’avoir été que survolée ; idem pour le riche Textes politiques). Cantier repère chez Drieu, qu’il ne comprend pas en profondeur pour ne pas l’avoir assez relu, un désir ancien de distinction, une volonté de mener les hommes au combat. Il repère bien le nietzschéisme foncier de Drieu, préparé par la lecture d’éveilleurs anglo-saxons (Carlyle, Kipling, Whitman) et affermi par la fréquentation de Sorel comme de Proudhon, mais pour l’opposer, de manière manichéenne, à la posture de Mauriac. Un a priori moralisateur traverse le livre, où il joue son rôle d’obstacle épistémologique. Ainsi, l’évolution spirituelle de Drieu, marqué par la lecture de Guénon, n’est pas comprise. De même, ses théories politiques sont à peine ébauchées.

La Perruque de Newton, Jean-Pierre Luminet

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 27 Juillet 2011. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Editions, Jean-Claude Lattès

La Perruque de Newton, 2010, 354 p, 20 €. . Ecrivain(s): Jean-Pierre Luminet Edition: Jean-Claude Lattès

Pourquoi Newton devrait-il clore la magistrale série : « Les Bâtisseurs du Ciel » ? La vie des grands astronomes se poursuit bien : Messier, Herschel, Laplace, Einstein, Hubble...Oui, mais « Newton savait bien, au fond de lui-même, que la recherche de la vérité ne serait plus l'affaire de quelques initiés, mais de l'humanité toute entière. » Affaire de travail d'équipes oui. Incidences sur l'humanité aussi. Avec Copernic, les visions du monde vont basculer. Aujourd'hui, un enfant sait bien qu'il est perdu, particule, dans l'univers.

De Newton, on connaissait la pomme. Voici donc la perruque. De Newton, on savait la loi de l'attraction universelle (ou loi du carré inverse). Mais savait-on qu'Isaac, qui vécut 85 ans, « perdit » ou « gagna » beaucoup de temps à l'alchimie et aux pratiques ésotériques ?

JP Luminet montre les liens vitaux tissés entre activité rationnelle et souci soi-disant irrationnel. Une vie. Les vies, et non les biographies, recèlent des trésors de lumière et des ressorts très sombres, cocasses, comiques ou pathétiques. A fortiori les grands découvreurs. Chez eux, les contraires exultent. Les génies ont souvent des vies hors du commun (ce qui n'est pas du tout le critère du génie qui, justement, n'a pas de critères).

Théâtre, Roman, Mémoires, Tennessee Williams

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 03 Juillet 2011. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Bouquins (Robert Laffont)

Tennessee Williams, Théâtre, Roman, Mémoires, Robert Laffont, « Bouquins », 2011, 960 pages, 30€. . Ecrivain(s): Tennessee Williams Edition: Bouquins (Robert Laffont)

Edition établie par Catherine Fruchon-Toussaint. Nouvelles versions théâtrales de Pierre Laville.

 

Dans toutes les mémoires, résonnent le cri de Marlon Brando alias Stanley Kowalski réclamant Stella et les plaintes de Vivien Leigh, l’incomprise Blanche Du Bois qui aura toujours dû compter sur la bonté des inconnus ; mais aussi l’humour désespéré de Maggie la Chatte ou la douce folie de Laura Wingfield. Comment oublier la rage du révérend Lawrence Shannon ligoté dans son hamac et la danse sensuelle en diable de Maxine-Greta Garbo enlacée par ses amants mexicains sur la plage ?

Autant de scènes d’anthologie nées du théâtre génialissime de Tennessee Williams et qu’il faut absolument relire ou découvrir dans ce volume présenté par Catherine Fruchon-Toussaint à l’occasion du centenaire de la naissance de l’écrivain, dans une traduction inédite de Pierre Laville. Williams nous plonge dans une humanité animale et sensuelle où l’on se consume, où l’on se griffe, où l’on s’écorche à la lueur d’un désir qui se fait palpable, d’une folie qui touche chacun des personnages, « enfermés dans la même cage », mais une humanité en quête de pureté qui parvient « à capter la qualité constamment évanescente de l’existence ».

Un secret de rue, Fariba Vafi

Ecrit par Laetitia Nanquette , le Dimanche, 24 Avril 2011. , dans Biographie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Zulma

Un secret de rue, traduit du persan par Christophe Balaÿ, 2011, 218 p. 18 € . Ecrivain(s): Fariba Vafi Edition: Zulma

 

Homeyra assiste indifférente à l’agonie de son père à l’hôpital. A ses côtés, elle se remémore son enfance à Téhéran et dresse le portrait d’un quartier populaire où des familles se détruisent lentement. Tandis qu’Homeyra est effacée et recherche l’amour de sa mère, son amie Azar se joue des recommandations des adultes et refuse de se soumettre à la loi masculine. « Elle riait aux éclats, avec moins de cervelle qu’une linotte. Elle aimait écouter les élucubrations de son père, ne se préoccupant pas du fait qu’il fût opiomane. De sa mère, elle ne voulait qu’un peu d’argent pour s’acheter des pâtes de fruit qu’elle dévorait sans même les mâcher. Elle ne semblait pas se soucier du fait que sa mère vieillissait à la peine devant le four du boulanger. Elle se souciait du monde comme d’une guigne ». A trop peu s’en soucier, elle en périra.
Fariba Vafi nous dépeint avec pudeur la loi patriarcale et la tristesse voilée des femmes dans cette rue où rien n’est un secret et où l’on vit avec les voisins comme au sein d’une famille élargie. De ces histoires imbriquées, émerge une touchante poésie de la douleur.