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Biographie

Excursions dans la zone intérieure, Paul Auster

Ecrit par Philippe Derivière , le Vendredi, 09 Mai 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Récits, Actes Sud

Excursions dans la zone intérieure, traduction de l’américain par Pierre Furlan, mai 2014, 363 pages, 23 € . Ecrivain(s): Paul Auster Edition: Actes Sud

 

 

Trente ans après l’Invention de la solitude, son premier livre autobiographique, Paul Auster revient sur les traces de son propre passé, à cette époque lointaine où l’enfant faisait ses premiers pas dans le monde et s’efforçait de comprendre une réalité qui lui échappait en grande partie. « Nous sommes des inconnus pour nous-mêmes », disait déjà Julien Green. A l’instar du romancier français, Paul Auster voit dans l’enfant qu’il était un étranger, un double dont l’existence lui paraît aussi incertaine qu’un personnage de fiction. C’est donc le tu qu’il choisira pour s’adresser à ce fantôme dont il rassemblera les souvenirs, les ferveurs et les troubles, afin qu’apparaisse dans le cristal de la langue cette ébauche de soi-même qui nous tient lieu d’identité : « Exhume les vieilles histoires, fouille autour de toi pour trouver ce que tu peux, puis élèves les tessons vers la lumière pour les examiner. Fais-le. Essaie ».

Dans la vie noire et blanche de Robert Mapplethorpe, Judith Benhamou-Huet

Ecrit par Arnaud Genon , le Mercredi, 07 Mai 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Grasset

Dans la vie noire et blanche de Robert Mapplethorpe, mars 2014, 216 pages, 17 € . Ecrivain(s): Judith Benhamou-Huet Edition: Grasset

 

Sur les traces de Robert Mapplethorpe

Ceux qui le connaissent gardent de Robert Mapplethorpe plusieurs images. Tout d’abord, celle du photographe de génie qui marqua la scène artistique new-yorkaise dans les années 70 et 80. Ensuite celle du provocateur, avec ses photos homo érotique ou même plus crues, « scandaleuses », taxées par beaucoup de pornographiques et révélatrices d’un « art dévergondé » selon l’Amérique puritaine. Enfin, celle d’un homme malade, ravagé par le sida – dont il meurt le 9 mars 1989 – qui figea lui-même son visage de mourant dans une photo devenue célèbre : « Ombre livide dans un halo noir. Au premier plan une main solide tient une canne dont le pommeau est une tête de mort sculptée dans le bois ».

Dans ce récit biographique, Judith Benhamou-Huet souhaite explorer les différentes facettes du photographe et a interrogé, pour y parvenir, une quarantaine de personnes parmi lesquels Pierre Bergé, Bob Calacello, Bettina Rheims ou Michael Stout.

Un portrait de Jane Austen, David Cecil

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Lundi, 28 Avril 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Petite bibliothèque Payot

Un portrait de Jane Austen, trad. Anglais Virginie Buhl. octobre 2013, 304 p. 9,15 € . Ecrivain(s): David Cecil Edition: Petite bibliothèque Payot

 

Qui n’a pas eu le plaisir de découvrir dès l’adolescence les deux romans les plus célèbres de Jane Austen, Orgueil et préjugés et Raisons et sentiments, n’a pas été pris dans les filets de son écriture. Mais ceux qui ont eu cette joie ont ensuite poursuivi la lecture de ses récits à l’âge adulte. Nous avons aussi pu avoir la surprise de découvrir son univers dans des films ou des téléfilms qui ont pu servir de fil conducteur vers ses livres. Cet auteur s’adresse-t-elle plus particulièrement à un public féminin comme on le laisse souvent entendre ? Peut-être, mais ce n’est pas certain. Jane Austen est décédée à 42 ans au faîte se son talent. En six romans, elle est devenue l’un des plus célèbres écrivains britanniques.

En 1978, Lord David Cecil publie en Angleterre Un portrait de Jane Austen. Ce livre est traduit en français en 2009 et paraît en poche en octobre 2013 dans la collection de la Petite Bibliothèque Payot. On peut donc le lire à petit prix.

L’auteur s’explique sur sa visée dès l’avant-propos : « Les renseignements dont nous disposons sont fragmentaires et aucun des romans de Jane Austen n’est autobiographique ».

Le vieil orphelin, Serge Moati

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Jeudi, 17 Avril 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Flammarion

Le vieil orphelin, octobre 2013, 414 pages, 21 € . Ecrivain(s): Serge Moati Edition: Flammarion

 

Le vieil orphelin de Serge Moati paru en octobre 2013 aux éditions Flammarion se présente comme un récit autobiographique. C’est cela et c’est bien plus que cela, car parfois il invente, se scrute, il regarde sa vie en surplomb avec une certaine tendresse et un humour certain. L’auteur nous présente des faits mais il ne cherche pas la neutralité.

L’affect, l’émotion, dominent dans une écriture à fleur de peau, à fleur de sensibilité. Jamais il n’est dupe de ses illusions. L’histrion s’efface ici devant l’homme blessé. Il quitte l’habit du personnage pour nous dévoiler une personne. Il se livre sans concessions, se démasque avec une grande lucidité derrière le rire qui sans cesse atténue son propos. Alors plongeons dans le bain : « J’ai soixante-sept ans. Et j’ai onze ans. On a toujours l’âge de son deuil. L’inconscient ne vieillit pas. C’est déjà ça. Mais c’est angoissant ».

Entrons dans un appartement cossu du sixième arrondissement. Nous sommes dans le salon et nous découvrons deux personnages installés dans un profond et confortable canapé propice à la confidence.

Marguerite Duras, une jouissance à en mourir, Olympia Alberti

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 02 Avril 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Marguerite Duras, une jouissance à en mourir, Le Passeur Editeur, février 2014, 176 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Olympia Alberti

 

« Tout est devenu BLEU. C’est bleu. C’est à crier tellement c’est bleu. C’est du bleu venu des origines de la Terre, d’un cobalt inconnu. On ne peut pas arrêter ce bleu, cette traînée de poussière bleue des cimetières des enfants. On souffre. On pleure. Tout le monde pleure. Mais le bleu reste là. Acharné. Le bleu des enfants comme celui d’un ciel » (Marguerite Duras).

Ecrire. Marguerite Duras savait qu’elle écrirait. A douze ans déjà. Ecrire, c’était tout. Elle écrivait l’amour, l’indicible, car « seul l’amour pouvait combler l’âme », et « seule la souffrance d’aimer pouvait ouvrir l’être ». Elle devait sans doute avoir le regret du paradis qui ne pouvait se faire ici-bas. Elle n’avait de cesse de « creuser pour trouver le mot nu, le mot entier, le souffle de lumière qui enfanterait la vie sublime, et rien d’autre, la création, la joie, et rien d’autre ». Ecrire avec la pluie qui ruisselle sur la vitre. Ecrire avec Chopin. Ecrire dans une « solitude universelle » pour tout donner. Elle qui disait : « Un jour, j’aurai l’écriture. Son infini ». Elle qui faisait corps avec l’écriture.